« Deux femmes » de Martina Cole, paru au Livre de Poche en 1999

Synopsis

 

« Dans l’East End, banlieue déprimée du sud-est de Londres, le danger et la violence sont des ingrédients de base. Susan y joue des seules armes dont elle dispose : l’humour et l’amour infini qu’elle porte à Barry, son mari, le caïd à la gueule d’ange. Mais Barry ne sait pas l’aimer, et la frappe à la moindre contrariété. Un soir, dans un acte désespéré, Susan lui fait éclater le crâne à coups de marteau. Sa seule certitude, c’est d’avoir protégé ses quatre enfants d’un monstre. Eux, au moins, lui auront échappé. On la transfère dans la cellule de Matilda Enderby, meurtrière elle aussi. Les destins de ces deux femmes vont se nouer à jamais. Personne, Sue mise à part, n’aurait pu prédire quelles conséquences aurait leur rencontre… »

 

Autrice qui m’était inconnue, j’ai trouvé son livre par hasard sur une table de bibliothèque. Tentons ! Bien m’en a pris.

 

Plus que l’histoire des « deux femmes » du titre, c’est l’histoire de Susan Dalston, née McNamara, que l’on suit. Née dans un quartier pauvre de Londres, où les gangs et la violence font loi, son père est violent tandis que sa mère encaisse les coups, folâtre, et néglige ses deux filles. Debbie, la plus jolie, est égocentrique et mauvaise ; Susan, bonne pâte, passe sa vie le nez dans les bouquins. Mais cette dernière n’en peut plus du climat familial, et se marie avec Barry Dalston, un beau gosse et petite frappe à ses heures, dès ses seize ans pour échapper à ses géniteurs. Malheureusement, son Barry ne vaut pas mieux que son père, et elle finit par lui écraser le crâne à coups de marteau.
En prison, elle fera la connaissance de Matty ; si à priori tout les oppose – cette dernière étant cultivée et aisée – elle vont finir par se soutenir et s’entraider.

 

Ce roman est noir, très noir, mais décrit malgré tout une réalité qui a existé et qui existe toujours un peu partout, surtout dans les endroits où la misère fait rage. Le ton est juste, les dialogues durs, les situations tristes à pleurer, mais, çà et là, les femmes malmenées trouvent le moyen de (sur)vivre tant bien que mal, avec un peu d’humour et beaucoup de lassitude. Pas un roman policier à proprement parler, plutôt un roman de moeurs qui tourne au thriller psychologique. L’écriture est juste, tape fort, l’on ressent ce que Susan et toutes les autres ressentent.

 

En France aujourd’hui, on compte 122 meurtres de femmes par (ex)conjoints, et les plaintes posées pour violences conjugales restent très souvent lettre morte. Un livre à ne pas rater.

 

17/20

« La veuve » de Fiona Barton, édité chez Fleuve noir en janvier 2017

Synopsis

 

Mari idéal ou parfait assassin ? Elle devait savoir… non ?
La vie de Jane Taylor a toujours été ordinaire.
Un travail sans histoire, une jolie maison, un mari attentionné, en somme tout ce dont elle pouvait rêver, ou presque.
Jusqu’au jour où une petite fille disparaît et que les médias désignent Glen, son époux, comme LE suspect principal de ce crime.
Depuis ce jour, plus rien n’a été pareil.
Jane devient la femme d’un monstre aux yeux de tous.
Les quatre années suivantes ressemblent à une descente aux enfers : accusée par la justice, assaillie par les médias, abandonnée par ses amis, elle ne connaît plus le bonheur ni la tranquillité, même après un acquittement.
Mais aujourd’hui, Glen est mort. Fauché par un bus.
Ne reste que Jane, celle qui a tout subi, qui pourtant n’est jamais partie. Traquée par un policier en quête de vérité et une journaliste sans scrupule, la veuve va-t-elle enfin délivrer sa version de l’histoire ?

 

Premier roman de cette autrice, ce fut la quatrième de couverture qui m’a attirée. Je ne savais pas à quoi m’attendre, et j’ai été très agréablement surprise ! Ce thriller psychologique m’a véritablement happée.

 
Glenn et Jane Taylor ont une vie sans histoire, jusqu’à ce que Glenn soit accusé d’avoir enlevé une petite fille car pédophile. Jane est une épouse soumise, femme au foyer n’ayant que très peu de contact avec le monde extérieur ; Glenn est toute sa vie, d’autant qu’elle l’a épousé très jeune. Elle va donc se tenir aux côtés de son époux durant le procès, quand bien même sont révélés ses vilains secrets. Les preuves sont trop minces, donc Glenn est acquitté ; quand bien même, son étiquette d’abuseur d’enfants restera, et Jane l’épouse du pédophile.

 
C’est un roman qui se déroule sur plusieurs années, et à quatre voix : la veuve, la journaliste, l’enquêteur et la mère. Ainsi, l’histoire est vue à travers les points de vue des protagonistes, ce qui confère une réelle épaisseur à ce roman. Bien écrit, il se lit d’une traite : le suspense est à son comble ; Glenn a-t-il, oui ou non, enlevé cette petite fille ?
Le seul petit bémol que j’émettrais sur ce roman est que je m’attendais à une fin un peu plus spectaculaire. Mais, définitivement, Fiona Barton est une écrivaine à suivre.

 

 

 

« Révélée » de Renee Knight paru chez 10/18 en avril 2016

Synopsis

« Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé n’est certainement pas fortuite… Le livre a simplement été déposé dans sa boïte aux lettres. Sans cachet de la poste, sans aucun message. Depuis qu’elle l’a commencé, Catherine ne dort plus. C’est sa vie qu’elle lit, révélée sur le papier par un inconnu. Un certain E. J. Preston qui sait tout d’elle. Même son secret le mieux enfoui… « 

Premier roman de l’autrice, la quatrième de couverture m’a tentée dans ma librairie de quartier. Un thriller psychologique avec un bouquin qui dévoile les plus noirs secrets d’une quidam ? Tout ça me semble fort tentant ! Malheureusement, mes attentes auront été largement déçues…

 
Catherine s’aperçoit un jour qu’un livre qu’elle ne se rappelle pas avoir acheté ou emprunté est posé sur sa table de nuit. Curieuse, elle le lit, et découvre que l’héroïne partage de nombreux points communs avec elle, notamment un lourd secret qu’elle a gardé pour elle durant 20 ans. Son mari et son fils en reçoivent également un exemplaire, et l’étau se resserre autour de Catherine et de ce secret qu’elle ne veut absolument pas révéler… L’alternance du passé et du présent est bien rendu, ainsi que la narration alternée de deux personnages.

 
Mais bon sang, que c’est lent ! Que c’est redondant ! J’ai vraiment hésité à arrêter ma lecture, mais je me disais que, peut-être, le twist final serait l’apothéose de cette lecture poussive. Il y a bien un twist, mais rien de transcendant…

 
Un roman qui semblait prometteur mais qui m’a déçu et ennuyé.

7/20