« L’idéaliste » de John Grisham, paru chez Pocket en mars 1998

Synopsis

Aux Etats-Unis, les facultés de droit ont en leur sein de sacrées personnalités: Rudy Baylor est l’un d’eux. Etudiant brillant et travailleur, son origine modeste en fait un paria courant les petits boulots pour payer ses études, survivant sur le fil du rasoir.
C’est pourtant lui qui, sitôt son diplôme en poche, sera à l’origine d’un procès retentissant, dont le scandale éclaboussera l’une des plus grosses compagnies d’assurances.
A travers une description sans concession de l’Amérique contemporaine, de paumés de toutes sortes, de femmes battues, de vieillards désemparés, John Grisham nous entraîne une nouvelle fois dans une aventure haletante au cœur de laquelle Rudy se débat face au cynisme sans limite du système.

 

Ce livre est le tout premier thriller juridique que je lis ; une sorte de baptême du feu si l’on veut. Le fait est que si j’engloutis énormément de thrillers, notamment psychologiques ou à thème scientifique, j’ai toujours eu d’énormes préjugés envers ce genre. Le plus prégnant étant celui qu’un roman se déroulant dans un tribunal, sans meurtres sanglants et/ou tensions stressantes, ne pouvait que s’avérer lent et rébarbatif. Avant de prendre un train, je décide donc de donner une chance à ce type d’ouvrage en emportant pour le voyage un roman du célèbre John Grisham. Et c’est là que je me dois de reconnaître que j’avais tort sur toute la ligne.

 
Rudy Baylor est un avocat fraîchement émoulu de la faculté de Memphis. Malheureusement, contrairement à ses camarade de promotion, il ne trouve aucun cabinet pour l’engager ; le voilà donc contraint de faire un partenariat avec un homme d’une quarantaine d’année qui a raté l’examen du barreau six fois, et qui n’a donc pas le titre officiel d’avocat. De plus, il trempe dans des affaires louches avec deux hommes d’affaires véreux. Mais Rudy n’a seulement pas vraiment le choix, mais il est en plus tombé par hasard sur un cas qui pourrait s’avérer mirifique pour sa carrière : une compagnie d’assurance escroquant sans vergogne ses clients. La famille Black en a fait les frais ; leur fils de 17 ans, Donny Ray, est mort de leucémie faute d’avoir eu le financement nécessaire pour une greffe de moelle osseuse.

 

En parallèle, nous suivons l’histoire de Kelly, une jeune femme de 19 ans victime de violences conjugales, esseulée et effrayée. Rudy va faire tout pour la sauver des griffes de son bourreau.

 
S’il m’a fallu une petite centaine de pages pour rentrer dans l’histoire, je n’ai ensuite plus pu lâcher ce bouquin. Point de lenteurs, au contraire, des rebondissements, une plongée passionnante dans la monde cruel et cynique d’une Amérique qui n’hésite pas à laisser mourir les pauvres, et en prime, de francs éclats de rire devant la déconfiture de tous ces cols blancs pourris jusqu’à la moelle. Captivant, ce roman est très bien écrit et les personnages, bons ou gentils, ont une réelle consistance. Je me suis particulièrement attachée à Dot, la pauvre mère victime d’un système corrompu, et au héros, à ses déboires tout autant qu’à son acharnement à vouloir faire tomber la compagnie véreuse.
Pour faire court, j’ai adoré, et je pense que c’est le premier thriller juridique mais très certainement pas le dernier…

 

17/20

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