« Sans faille » de Valentin Musso, paru chez Points en janvier 2015

Synospsis

 

Ils sont cinq. Cinq amis, la trentaine, qui se retrouvent après plusieurs années pour une randonnée dans les Pyrénées, le temps d’un week-end. Romuald, le gamin des cités à qui tout a réussi, a invité Théo, Dorothée, David et Juliette dans son luxueux chalet. Mais la montagne lui est-elle aussi familière qu’il l’a laissé croire? Le groupe s’égare, d’anciennes inimitiés ressurgissent, les secrets de chacun se font jour. Jusqu’au drame. Impensable. Imprévisible ? C’est du moins ce qu’il croient, au début…

 

Ce n’est que très récemment que j’ai découvert Valentin Musso, petit frère de Guillaume ; s’ils ont en commun d’appliquer un suspense implacable dans leurs romans, Valentin préfère les thrillers où les morts s’entassent. de lui, j’avais aimé « Le murmure de l’ogre » mais moyennement apprécié « Une vraie famille« . Cependant, la quatrième de couverture de « Sans faille » m’a conquise, et je n’ai pas été déçue.

 
Théo et Romuald étaient inséparable en prépa : Théo, le fils à papa, riche à outrance, et Romuald, le prodige des cités qui réussi à se hisser dans un lycée élitiste. Ils se perdent de vue, et dix ans après se croisent dans un café. Romuald a réussi dans les affaire et invite son vieil ami ainsi que ses proches dans une randonnée en montagne.
Ceci dit, les non dits, les secrets, vont rendre cette excursion étouffante et flippante. Romuald est-il celui qu’il prétend être ? Pourquoi celui qui se proclamait comme un guide expérimenté des montagnes se perd t-il, et le groupe avec ?

 
J’ai beaucoup aimé ce huis clos, angoissant à souhait. On découvre les secrets au fur et à mesure, et la peur nous étreint inexorablement. La prose est parfaite, entre les flash backs et le présent ; mon seul regret, celui qui m’a stoppée dans le fait de mettre cinq étoiles, est la fin, un peu trop vague à mon goût. J’aime quand les choses sont claires, mais ce choix peut très certainement plaire à d’autres.

 

16/20

« L’autre » d’Olivier Descosse paru chez J’ai Lu en octobre 2015

Synopsis

« « Si vous pouviez vous projeter au plus profond de votre esprit, le feriez vous ? »À vingt-cinq ans, Julien Ducat mène une vie passionnante. Il est pilote de jet privé, fréquente des célébrités et enchaîne les conquêtes féminines.Son seul problème : une anesthésie affective qui l’empêche de tomber amoureux.Pourtant, une mystérieuse jeune femme va bouleverser la donne. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Pourquoi tient-elle tant à l’aider ? A-t-elle un lien avec ces hallucinations dont souffre Julien depuis qu’il a involontairement absorbé du LSD ?Pour comprendre, il n’aura d’autre choix que de plonger dans les zones sombres de sa mémoire. Celles dont il a gommé l’existence quand il était enfant. »

 

Je ne connaissais pas Olivier Descosse, mais je me suis fiée à la quatrième de couverture lorsque j’ai acheté ce roman ; l’intrigue semblait intéressante. Désireuse de découvrir d’autres auteurs, j’ai donc pris au hasard ce livre, le hasard faisant parfois bien les choses. Hélas, ce ne fut pas le cas lors de la lecture de ce roman…

 
Julien Ducat est donc, à vingt-cinq ans, au top du top : pilote, il voyage partout fréquente des célébrités et évidemment, toutes les femmes tombent à ses pieds, ne pouvant résister à son regard ténébreux et à son statut de pilote. (edit : dans la vraie vie, toutes les femmes ne tombent pas en pâmoison car un homme sait manipuler un gros engin, M. Descosse). Mais son passé d’orphelin l’empêche de s’attacher à quelque femme que ce soit – sortez vos mouchoirs, ses parents sont morts dans un accident d’avion quand il avait sept ans (edit 2 : plus cliché, tu meurs).

 
Une femme délaissée décide de se venger de n’avoir pas été rappelée après avoir passé une nuit avec l’homme torturé (edit 3 : les femmes, toutes des ****** qui ne cherchent qu’à ruiner la vie des hommes) et glisse du LSD dans son verre. Ce qui mènera à la première expérience de décorporation de Ducat, au cours duquel il croise Rose, une femme éblouissante et énigmatique. Dès lors, il va rencontrer des personnes qui vont l’aider dans sa quête initiatique/surnaturelle et forcément il va devoir replonger dans son passé et notamment l’accident de ses parents.

 
Mais quel ennui ! Julien Ducat, sa vie, son passé, son lui, bref à la fin du bouquin, si ce bonhomme avait réellement existé, je lui aurais collé une claque en lui disant d’arrêter de se regarder le nombril. le côté surnaturel est assez risible, et la quête initiatique, inintéressante au possible.
Fuyez-le tant qu’il est encore temps, justement, de ne pas perdre le vôtre !

 

6/20

« Deux gouttes d’eau » de Jacques Expert, paru chez Le livre de poche en juin 2016

Synopsis

« Une jeune femme est retrouvée morte dans son appartement de Boulogne-Billancourt, massacrée à coups de hache. Elle s’appelle Élodie et son ami, Antoine Deloye, est identifié sur l’enregistrement d’une caméra de vidéosurveillance de la ville, sortant de chez elle, l’arme du crime à la main. Immédiatement placé en garde à vue, Antoine s’obstine à nier malgré les évidences. Il accuse son frère jumeau, Franck, d’avoir profité de leur ressemblance pour mettre au point une machination destinée à le perdre. Quand Franck Deloye arrive au commissariat central pour être entendu, le trouble est immense : il est impossible de différencier les deux hommes, qui se ressemblent, littéralement, comme deux gouttes d’eau… Le divisionnaire de la PJ en charge de l’enquête, Robert Laforge, un homme réputé pour sa compétence mais aussi son intransigeance et ses éclats incontrôlés, va devoir tirer au clair avec son équipe ce véritable casse-tête. Lequel des deux jumeaux ment, lequel est le bourreau, lequel la victime ? « 

 

N’ayant jamais lu de romans de Jacques Expert, c’est sans à priori que je lis ce roman à la quatrième de couverture alléchante, couronné par un prix des lecteurs.
Point de multiples suspects ou de chasse à l’homme, dès le début les policiers découvrent une vidéo compromettant le petit ami de la morte, Antoine Deloye. S’il ne s’agissait que de cela, ce roman fera quelques pages ; mais le fait est que le présumé meurtrier a un jumeau monozygote et qu’ils ont tous deux une maladie rare : ils n’ont aucune empreintes, qu’elles soient manuelles ou pédestrielles. Ayant le même ADN, et un passif compliqué – les jumeaux prenant un main plaisir à se faire passer l’un pour l’autre, que ce soit pour s’accuser mutuellement, ou se protéger. En bref, un vrai sac de noeuds qui met les nerfs du divisionnaire Laforgue à rude épreuve.
Le choix de narration est intéressant : nous alternons chapitres présents avec ceux de l’enfance des jumeaux. Ceci dit, je n’ai pas apprécié l’écriture, trop cavalière à mon sens. La fin m’a également laissé un goût amer…
Un roman sympathique, qui passe le temps, mais certes pas le polar de l’année.

13/20