« La ville des morts » de Sara Gran, paru chez Points en janvier 2016

Synopsis

« Il est des livres qui vous hantent et vous accompagnent, et des héros si attachants que vous auriez envie de les rencontrer. C’est le cas de Claire DeWitt, une privée comme on n’en trouve pas. Elle a trente-cinq ans mais dit toujours qu’elle en a quarante-deux parce que personne ne prend une femme de mois de quarante ans au sérieux. Claire DeWitt s’autoproclame avec dérision la plus grande détective du monde, enquêtrice amateur à Brooklyn dès l’adolescence et adepte du mystérieux détective français Jacques Silette dont l’étrange ouvrage, Détection, l’a conduite à recourir au yi-king, aux augures, aux rêves prophétiques et aux drogues hallucinogènes.
Claire entretient également une relation intime avec La Nouvelle-Orléans où elle a été l’élève de la brillante Constance Darling jusqu’à l’assassinat de cette dernière. Lorsqu’un honorable procureur néo-orléanais disparaît dans la débâcle de l’ouragan Katrina, elle retourne à son ancienne ville, complètement sinistrée, afin de résoudre le mystère. Les indices la mènent à Andray Fairview, un jeune homme qui n’avait rien à perdre avant l’ouragan et encore moins depuis. Entre anciens amis et nouveaux ennemis, Claire élucide l’affaire, mais d’autres disparus viennent la hanter : sa meilleure amie et co-détective d’enfance, évaporée du métro de New York en 1987, et la propre fille de Silette, Belle, kidnappée dans une chambre d’hôtel et que personne n’a jamais revue. »

 

En commençant ce livre, j’étais très emballée à l’idée de découvrir une nouvelle héroïne, qui plus est originale. Car Claire DeWitt n’est rien de moins que la meilleure détective du monde ! Enfant, avec ses amies Tracy et Kelly, elle a trouvé le livre du mystérieux Silette, un détective français qui a délivré ses secrets dans un livre. Dès lors, elle a su que le métier de détective s’était imposé à elle. Formée par l’une des meilleures, Constance, elle doit dans cet opus résoudre la disparition d’un procureur estimé dans la région de la Nouvelle-Orléans, qui vient d’être sinistrée par l’ouragan Katrina.

 

L’autrice s’efforce de créer plusieurs personnages tout en leur donnant personnalité et consistance ; Mike, son ancien acolyte, devenu assistant social pour jeunes en difficulté ; Andray, le loubard au grand coeur, Jake, un privé aussi qui ne vit que pour le livre de Silette et a fini par tant le prendre au pied de la lettre qu’il vit comme un clochard, persuadé d’avoir résolu tous les mystères… Malheureusement, je n’ai réussi à m’attacher à aucun. L’héroïne aurait pu être drôle, elle m’est agaçante ; d’autant que même avec ses trips magie/drogues, elle ne trouve au final quasiment rien !

 

Le roman s’étire en longueur, on n’apprend pas grand chose sur le disparu, ça part dans tous les sens, ça en devient franchement ennuyeux.
Je mets la moyenne pour saluer l’inventivité de l’autrice, mais je reste déçue et sur ma faim.

 

10/20

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« Amélia » de Kimberly McCreight, paru chez le Livre de Poche en août 2016

Synopsis

« À New York, Kate élève seule sa fille de 15 ans, Amelia. En dépit d’un rythme professionnel soutenu, elle parvient à être à l’écoute de cette adolescente intelligente et responsable, ouverte et bien dans sa peau. Très proches, elles n’ont pas de secrets l’une pour l’autre. C’est en tout cas ce que croit Kate, jusqu’à ce matin d’octobre où elle reçoit un appel de l’école. On lui demande de venir de toute urgence. Lorsqu’elle arrive, Kate se retrouve face à une cohorte d’ambulances et de voitures de police. Elle ne reverra plus jamais sa fille. Amelia a sauté du toit de l’établissement. Désespoir et incompréhension. Pourquoi une jeune fille en apparence si épanouie a-t-elle décidé de mettre fin à ses jours ? Rongée par le chagrin et la culpabilité, Kate tente d’accepter l’inacceptable… Mais un jour, elle reçoit un SMS anonyme qui remet tout en question :  » Amelia n’a pas sauté.  » Obsédée par cette révélation, Kate s’immisce alors dans la vie privée de sa fille et réalise bientôt qu’elle ne la connaissait pas si bien qu’elle le pensait. »

C’est suite aux critiques dithyrambiques lues sur Babelio que je me suis laissée tenter par ce roman. Si je l’ai trouvé sympathique, je ne le trouve pas exceptionnel non plus. du reste, j’ai passé un bon moment, sans plus.

 
Déjà, je ne qualifierais pas ce roman de thriller, ou même de roman policier, quand bien même il y ait une morte et que l’on cherche à comprendre comment une jeune fille qui semblait heureuse de vivre ait pu, apparemment, se suicider. La narration alterne passé et présent, points de vue d’Amélia et de Kate, sa mère, et l’on a même droit à des sms et des posts Facebook – ce dont j’ai horreur dans un roman.

 
Nous allons donc remonter le fil de ce qui a mené au drame, découvrir les secrets qu’Amélia et Kate se cachaient l’une à l’autre. Nous allons découvrir que sous ses apparences de jeune fille sage, Amélia expérimentait de nouvelles expériences, pas forcément bonnes pour elle.
J’ai mis un peu de temps à le lire, une semaine, je n’ai pas vraiment éprouvé d’empathie pour Kate. Les passages que j’ai trouvé les plus intéressants et les plus touchants étaient ceux d’Amélia, l’adolescente face à des choix qui la dépassent.

 

Ce livre n’est définitivement pas un page turner, mais plutôt un roman sur l’adolescence, teinté de drame et d’apprentissage de la vie. Un dernier petit bémol : j’ai trouvé la fin bâclée. Dommage, quand on a mis autant de temps à nous dévoiler la vie d’Amélia, que de réduire sa fin de vie à deux pages.

« Tout plutôt qu’être moi » de Ned Vizzini, paru aux éditions « La belle Colère » en janvier 2016

Synopsis

« Comme beaucoup d’adolescents, Craig est bien décidé à réussir sa vie. Il intègre l’une des plus prestigieuses prépas de New York, de celles qui font de vous un homme et assurent votre avenir. Seulement, au bout d’un an, il ne mange plus, ne dort plus, n’arrive plus à se lever, pense sans arrêt à ses devoirs, ses exams et à la jolie copine de son meilleur ami. Pour faire front à tout ça, il ne trouve d’autre solution que de fumer de l’herbe en glandant pendant des heures. Craig est pris dans une spirale d’anxiété, d’inquiétudes, de peurs qui l’acculent et le paralysent. Comment en est-il arrivé là ? Comment est on poussé au point où la pression se fait tellement forte et nous, si faibles que la seule solution qui s’offre à nous, c’est d’en finir ? « 

Il y a des éditions, comme La Belle Colère, dont on sait que les romans ne nous décevrons pas. Ainsi, quand j’ai vu ce livre trôner sur la table des nouveautés de ma bibliothèque, ni une, ni deux, je l’ai pris rapidement avant qu’une autre personne ne me devance ! Il faut savoir que cette maison d’édition est spécialisée dans les romans d’initiation consacrés aux adolescents. Point de mièvrerie, mais la réalité, dans tout ce qu’elle a de belle comme de cruelle.
Craig a quinze ans et des rêves plein la tête : faire des études prestigieuses, obtenir un bon travail, sortir avec la fille de ses rêves. Mais une fois accepté dans une école très sélective, il commence à se noyer devant les exigences demandées. Sans compter qu’il désire la petite amie de son meilleur ami. Petit à petit, il sombre dans la dépression ; il se fera interner dans un hôpital psychiatrique une fois le fond touché.
L’auteur, précoce vu qu’il a commencé à écrire dans la presse dès l’âge de 15 ans, était lui aussi dépressif, mais n’a pas pu la surmonter ; il s’est suicidé à l’âge de 32 ans. Ce qui explique très certainement sa capacité à retranscrire les émotions de Craig avec tant de justesse. Evitant l’écueil du pathos, Ned Vizzini nous livre ici un roman touchant, juste, qui prend aux tripes.

16/20