« Le club de la dernière chance » de Marian Keyes, paru chez Pocket en juin 2003

Synopsis

 

« À Londres de nos jours. Tara, Katherine et Fintan sont inséparables depuis l’adolescence, quand ils écoutaient Duran Duran, portaient des jeans en strech et vivaient dans une petite ville irlandaise. À peine trentenaire et aujourd’hui installés à Londres, ils sont restés très proches, quoique leur vie ait pris des chemins différents. Tara n’est pas heureuse avec Thomas – un goujat égoïste et vain – mais comme elle cherche désespérément à se marier et redoute plus que tout d’être seule, elle n’ose pas le quitter. Katherine est une beauté froide qui revendique haut et fort son célibat et se garde de tout contact avec les hommes. Seul Fintan, styliste de mode et excentrique, file le parfait amour avec un architecte italien. Leur vie bascule le jour où Fintan apprend qu’il est atteint d’un cancer. Sa famille, ses amis, se mobilisent autour de lui. S’il doit mourir, il voudrait partir en sachant ceux qu’il aime, heureux. Il fait donc promettre à Tara de quitter Thomas et à Katherine de se trouver un homme. »

 

Je lisais énormément de « chik lit » – je n’aime pas ce terme, je le trouve péjoratif envers les femmes qui ont envie de lire des romans légers – quand j’avais la vingtaine, et puis je me suis lassée. En tout cas, après en avoir englouti un sacré paquet, je peux vous dire que les meilleures sont Isabel Wolf, Marian Keyes, Zoe Barnes et Jennifer Weiner, selon mes goûts bien sûr. Quant à Sophie Kinsella, je suis plus mitigée, certains de ses romans me font hurler de rire tandis que d’autres m’ennuient tant que je ne les lis pas jusqu’au bout. Les deux premiers opus de Bridget Jones étaient de petits bijoux, mais le dernier m’a laissé un goût amer ; c’était celui de trop à mon sens.

 
Revenons à nos moutons et donc à ce roman. Deux femmes, un homme, qui se connaissent depuis tout gosses. Si Fintan file le parfait amour avec Sandro, Tara et Katherine n’ont pas cette chance. Tara, terrorisée à l’idée d’être célibataire, s’accroche à un homme égocentrique qui prend plaisir à lui saper toute confiance en elle. Katherine, surnommée « la reine des glaces » à son travail, évite toute promiscuité avec les hommes suite à une succession d’expériences malheureuses. Mais Fintan tombe très malade, et veut que ses amies aient une belle vie : il va alors les pousser à changer de comportement.

 
Même si nous n’évitons pas clichés et évidences, ce roman se lit facilement et agréablement ; les personnages sont attachants, même si agaçants parfois, et la plume légère de l’autrice fait en sorte que nous finissions ce livre en un clin d’oeil.
Un bon petit roman qui remonte le moral.

14.5/20

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« L’idéaliste » de John Grisham, paru chez Pocket en mars 1998

Synopsis

Aux Etats-Unis, les facultés de droit ont en leur sein de sacrées personnalités: Rudy Baylor est l’un d’eux. Etudiant brillant et travailleur, son origine modeste en fait un paria courant les petits boulots pour payer ses études, survivant sur le fil du rasoir.
C’est pourtant lui qui, sitôt son diplôme en poche, sera à l’origine d’un procès retentissant, dont le scandale éclaboussera l’une des plus grosses compagnies d’assurances.
A travers une description sans concession de l’Amérique contemporaine, de paumés de toutes sortes, de femmes battues, de vieillards désemparés, John Grisham nous entraîne une nouvelle fois dans une aventure haletante au cœur de laquelle Rudy se débat face au cynisme sans limite du système.

 

Ce livre est le tout premier thriller juridique que je lis ; une sorte de baptême du feu si l’on veut. Le fait est que si j’engloutis énormément de thrillers, notamment psychologiques ou à thème scientifique, j’ai toujours eu d’énormes préjugés envers ce genre. Le plus prégnant étant celui qu’un roman se déroulant dans un tribunal, sans meurtres sanglants et/ou tensions stressantes, ne pouvait que s’avérer lent et rébarbatif. Avant de prendre un train, je décide donc de donner une chance à ce type d’ouvrage en emportant pour le voyage un roman du célèbre John Grisham. Et c’est là que je me dois de reconnaître que j’avais tort sur toute la ligne.

 
Rudy Baylor est un avocat fraîchement émoulu de la faculté de Memphis. Malheureusement, contrairement à ses camarade de promotion, il ne trouve aucun cabinet pour l’engager ; le voilà donc contraint de faire un partenariat avec un homme d’une quarantaine d’année qui a raté l’examen du barreau six fois, et qui n’a donc pas le titre officiel d’avocat. De plus, il trempe dans des affaires louches avec deux hommes d’affaires véreux. Mais Rudy n’a seulement pas vraiment le choix, mais il est en plus tombé par hasard sur un cas qui pourrait s’avérer mirifique pour sa carrière : une compagnie d’assurance escroquant sans vergogne ses clients. La famille Black en a fait les frais ; leur fils de 17 ans, Donny Ray, est mort de leucémie faute d’avoir eu le financement nécessaire pour une greffe de moelle osseuse.

 

En parallèle, nous suivons l’histoire de Kelly, une jeune femme de 19 ans victime de violences conjugales, esseulée et effrayée. Rudy va faire tout pour la sauver des griffes de son bourreau.

 
S’il m’a fallu une petite centaine de pages pour rentrer dans l’histoire, je n’ai ensuite plus pu lâcher ce bouquin. Point de lenteurs, au contraire, des rebondissements, une plongée passionnante dans la monde cruel et cynique d’une Amérique qui n’hésite pas à laisser mourir les pauvres, et en prime, de francs éclats de rire devant la déconfiture de tous ces cols blancs pourris jusqu’à la moelle. Captivant, ce roman est très bien écrit et les personnages, bons ou gentils, ont une réelle consistance. Je me suis particulièrement attachée à Dot, la pauvre mère victime d’un système corrompu, et au héros, à ses déboires tout autant qu’à son acharnement à vouloir faire tomber la compagnie véreuse.
Pour faire court, j’ai adoré, et je pense que c’est le premier thriller juridique mais très certainement pas le dernier…

 

17/20

« Après la nuit » de Chevy Stevens, paru chez Pocket en avril 2016

Synopsis

« Adolescente, Tonie Murphy avait des problèmes de son âge : une petite soeur avec laquelle elle ne s’entendait pas, une relation compliquée avec ses parents, des camarades parfois cruels. Mais lorsque sa soeur se fait sauvagement assassiner, sa vie et celle de son petit ami Ryan basculent. Le couple est accusé de meurtre. Ils passeront à l’âge adulte derrière des barreaux.
Aujourd’hui Tonie a 34 ans et rentre chez elle en liberté conditionnelle avec une seule idée en tête : ne pas s’attirer d’ennui. Mais, harcelée par celles-là même qui lui menaient la vie dure au lycée, soupçonnée par sa propre mère, elle doit d’abord rétablir la vérité sur cette terrible nuit, celle où elle a perdu sa soeur et sa jeunesse… »

Adepte des romans de Chevy Stevens, je n’ai, encore une fois, pas été déçue. Je dirais même que c’est son meilleur livre. Elle avait déjà prouvé son talent pour narrer la psychologie des personnages, mais avec le personnage de Tonie, attachante, rebelle, complexe, l’autrice atteint une espèce d’apothéose. Car rien ne sera épargné à son héroïne, que ce soient des violences physiques ou psychologique ; on se glisse dans sa peau lors de ses moments d’abattements comme durant ceux où elle relève la tête pour affronter les épreuves qui jalonnent son existence.

La trame narrative s’articule autour de trois périodes clé de la vie de Tonie. Le début se situe dans les années 90, elle a 17 ans, est au lycée et aime à la folie son petit ami Ryan. Mais Shauna et sa bande de filles, l’archétype des pestes jolies et populaires qui peuplent toute série américaine sur l’adolescence, font tout pour lui rendre la vie impossible. Lorsque sa jeune soeur Nicole rejoint la bande, Tonie s’inquiète de son comportement ; autrefois douce et bonne élève, elle se met à boire et à faire le mur. Si ses parents s’inquiètent et s’énervent du comportement impulsif et colérique de Tonie, ils ne remarquent pas le manège de sa petite soeur.

Mais lors d’une balade près du lac, où Tonie et son copain Ryan emmènent Nicole qui semble apeurée à l’idée de rester seule, cette dernière se fait assassiner tandis que les deux amoureux s’étaient réfugiés quelques heures dans les bois. A cause des témoignages accablants de Shauna et de ses amies, le couple se retrouve en prison pour meurtre. Une fois sortie, Tonie tente de retrouver une vie normale, mais Shauna ne l’entend pas de cette oreille et n’a de cesse de lui pourrir la vie ; Tonie, avec l’aide de Ryan, va mener l’enquête afin de découvrir le véritable meurtrier de sa soeur et enfin blanchir leurs noms. L’on va également suivre le dur parcours de Tonie en prison où elle va devoir apprendre à se faire respecter.

On vit littéralement avec Tonie, on partage sa colère, ses craintes, son indignation devant tant d’injustices. On veut qu’elle s’en sorte, que le meurtrier de sa soeur paie le prix fort pour toutes les vies qu’il a brisé. Je n’ai pas seulement lu ce roman, je l’ai vécu, les pages se tournent seules, je suis fébrile de savoir ce qu’il va se passer, de comment tout ça va terminer. Une fois le livre fini, je continue à penser à Tonie et à la suite de sa vie. Un thriller qui va me hanter longtemps.

18/20

 

 

 

« Dans la peau de Coventry » de Sue Towsend, paru chez Charleston en janvier 2016

Synopsis

« Coventry Dakin, femme au foyer sans histoires, décide de s’enfuir à Londres après avoir tué son voisin par accident. Là-bas, elle rencontre une galerie de personnages excentriques : le professeur Willoughby d’Eresby et sa femme Letita, Dodo, une bourgeoise relogée chez les sans-abris, etc. Toutes ces rencontres vont permettre à Coventry de changer, comme elle n’aurait jamais pu l’imaginer… « 

De cette autrice, je m’étais récemment régalée avec « La femme qui décida de rester une année au lit », où son humour typiquement british m’a conquise. Ainsi, je n’ai pu résister à l’appel de ce roman, où l’héroïne commence par nous informer de deux choses importantes sur elle : 1/Elle est belle ; 2/Elle a tué un homme. Les deux étant mis sur la même échelle, comme si aucun n’était de son propre fait.

Coventry, voyant à travers ses rideaux que sa voisine était en train de se faire étrangler par son mari, accoure et écrase une figurine d’action man sur la nuque de l’agresseur ; celui-ci s’effondre, du sang lui coulant par les oreilles. Paniquée, elle se lance dans une fuite vers Londres pour échapper à la police et à la prison ; elle survivra tant bien que mal grâce à la charité de personnages haut en couleurs.

Où l’on retrouve l’humour absurde de Sur Towsend, et son oeil critique des travers de la société. Ceci dit, je l’ai trouvé moins abouti que celui dont je parlais au début. Un livre sympathique, mais je suis restée sur ma faim en finissant de lire les aventures de Coventry, que j’aurais bien imaginé se prolonger encore davantage…

14/20

 

 

« Pretty girls » de Karin Slaughter, paru chez Mosaïc en février 2016

Synopsis

« Deux soeurs. Deux étrangères. Plus de vingt ans auparavant, Julia a disparu à seize ans sans laisser de trace. Depuis, Claire et Lydia, ses soeurs, ne se sont plus parlé. Seule la haine farouche qu’elles nourrissent l’une pour l’autre les rapproche encore. La haine, et le désespoir : jamais elles ne se sont remises de la tragédie qui a fracassé leur famille. Deux événements violents vont venir cruellement raviver leurs blessures mais aussi les obliger à se confronter : l’assassinat du mari de Claire, et la disparition d’une adolescente.  A tant d’années de distance, ces événements ont-ils un lien quelconque avec Julia ? Lasses de se faire la guerre, Claire et Lydia plongent dans la noirceur du passé familial. Une spirale sanglante… « 

Adepte des romans de Karin Slaughter, une autrice à succès qui doit sa renommée à ses séries d’enquêtes policières, que j’ai lu et bien apprécié. Elle change de registre dans cet opus en s’essayant au thriller psychologique, où l’on constate qu’elle maîtrise tout aussi bien les deux genres. Un livre de quelques 500 pages que l’on lit d’une traite tant le suspense est soutenu.

Cela fait une vingtaine d’années que deux soeurs, Claire et Lydia, ont coupé les ponts ; la disparition de aînée, Julia, le suicide de leur père, les accusations de Lydia contre le mari de Claire, ont eu raison du lien familial. Mais le mari de Claire, Paul, est assassiné sous les yeux de sa femme, et une adolescente a disparu dans de mystérieuses conditions semblables à celles de Julia ; les deux soeurs vont reprendre contact, déterrer de sombres secrets, et subir le pire : la vérité. Sans oublier les tortures, décrite avec un froid détachement qui en amplifie l’horreur, qui font de ce livre un ouvrage à ne pas laisser entre les mains des âmes sensibles.

Le style d’écriture distancié nous plonge dans une lente descentes aux enfers, où l’on ne peut faire confiance à personne. Slaughter fait monter l’angoisse crescendo, pour finir dans une sorte d’apothéose de violences. De fait, je ne peux que saluer l’autrice pour ce tour de main. Un roman noir, très noir, mené d’une main de maître.

17/20

 

 

 

« Le Golem d’Hollywood » de Jonathan et Jesse Kellerman, publié chez Seuil en octobre 2015

« J’ai passé trois jours totalement immergé dans le monde créé par Jonathan et Jesse Kellerman. Voici un roman brillant, dont on tourne fiévreusement les pages, et auquel des fondations mythiques donnent une résonance particulière. Il est le fruit d’une collaboration unique qui fait mentir l’arithmétique : ici, un plus un égale beaucoup plus que deux. Ce livre m’a coupé le souffle. » Stephen King

Synopsis

« Jacob Lev, inspecteur du LAPD et fils de rabbin, est chargé par une mystérieuse section de « Projets spéciaux » d’enquêter sur la présence d’une tête, sans corps, dans une maison abandonnée de la colline d’Hollywood. Sur le plan de travail de la cuisine, le mot JUSTICE a été gravé en hébreu.Tandis qu’à Prague le Golem, créature mythique qui aurait été créée au XVIe siècle par le Maharal, semble s’être réveillé de son long sommeil…
Jacob Lev s’embarque dans un voyage bien éloigné des investigations policières habituelles, qui va le mener à Oxford et à Prague, mais aussi dans les zones obscures de son histoire familiale. »

Lectrice assidue des romans de Jesse Kellerman, je n’ai pourtant jamais accroché à ceux de son paternel – il faudra un jour que j’essaie ceux de Faye ! D’une pierre, deux coup, je m’attaque donc au roman écrit à quatre mains, en famille. Sans quatrième de couverture pour m’allécher (le fait que Stephen King l’ai aimé ne signifie pas grand chose pour moi…) j’ai attendu un peu avant de l’acheter et de le lire. Un ami bibliophage comme moi, et juif de surcroît, me l’a fortement conseillé, je me suis donc décidé.
L’histoire commence fort : une femme se fait agresser, l’homme veut la violer puis l’exécuter, comme il l’a déjà souvent fait, sauf que celle-ci est coriace, et parvient à le semer. Ce qui arrive ensuite au criminel est totalement incompréhensible et, surtout, pas le fait d’un humain…
Jacob Lev, récemment rétrogradé à la circulation car son chef n’est très certainement pas son premier fan, doit pourtant le laisser s’occuper d’un cas très particulier, dans une équipe fort spéciale. Une tête tranchée nette a été retrouvée près d’un tas de vomi, avec un mot écrit en hébreu signifiant : « Justice ». Jacob va donc aller jusqu’à Pague, entres autres, pour savoir à qui appartient cette tête, et aussi pour résoudre la vague de viols/crimes qui frappe un peu partout…
Un roman décidément inclassable ; l’on passe de l’enquête de Jacob Lev aux origines de la bible et du judaïsme – ces chapitres sont grisées – pour finalement aboutir à un lien, fantastique, tenu, mais néanmoins bien ficelé. J’ai apprécié ce roman vraiment étrange, qui m’a ouverte à la bible et au judaïsme, en alliant le plaisir d’un thriller certes un peu tarabiscoté.

14.5/20

« Six ans déjà », paru chez Pocket en mars 2015

Synopsis

« Impuissant, Jake assiste au mariage de Nathalie, la femme qu’il aime. Leur histoire est bien finie, et elle lui fait promettre de ne plus jamais le contacter. Ni d’essayer de le revoir.
Jake tiendra parole, pendant six ans. Jusqu’à ce qu’il tombe sur la notice nécrologique de Tood Sanderson, le mari de Nathalie. »

J’étais fâchée avec Harlan Coben depuis environ 8 ans. En effet, quand il a commencé à avoir du succès, j’ai lu deux de ses bouquins, dont je ne me rappelle absolument pas les titres mais me souviens très bien de l’agent sportif Myron Bolitar, que j’avais trouvé proprement insupportable. De plus, je n’avais pas du tout accroché à son best seller « Ne le dis à personne » ; en bref, j’avais définitivement fais une croix sur cet auteur que j’avais classé parmi les « auteurs médiocres ».

L’autre jour, un DRAME (oui, oui, pour moi, c’en est un) s’abat sur moi : je suis à la gare, ai oublié mon livre, et suis sur le point d’embarquer dans un trajet en train de deux heures. Je n’ai d’autres choix que d’aller au Relais, et, entre les livres déjà lus, ceux qui ne me disent absolument rien, je décide de redonner une chance à Mr Coben en choissisant ce bouquin, la quatrième de couverture étant bien alléchante.

Bien m’en a pris : l’intrigue est prenante, le principal protagoniste est tout autant paumé que nous le sommes, et nous allons de rebondissements en rebondissements. Pas de temps mort, ce roman se lit d’une traite et facilement. Parfait pour faire passer le temps dans le train. Ceci ci, je sens que je vais également oublier rapidement cet ouvrage ; un petit plaisir fugace, mais très certainement pas une oeuvre majeure, ni même juste un roman marquant.

14/20

« Je sais où tu es » de Claire Kendal, paru chez Albin Michel en février 2016

Synopsis

« Rafe poursuit de manière obsessionnelle Clarissa. Seule chance de sortir de son emprise : participer à un procès au tribunal de Bristol en tant que jurée. Elle y fait la rencontre d’un autre juré, ce qui rend Rafe fou de jalousie. En voulant le piéger, elle se met en danger. Premier roman. »

Cette autrice, inconnue jusqu’alors, signe un premier roman qui augure un futur littéraire prometteur.

Le personnage principal, une femme travaillant dans une université, est harcelée par l’un des professeurs de l’établissement depuis que son ex compagnon est parti. Rafe, un homme instable et dangereux, est persuadé que depuis la nuit qu’il a passé avec Clarissa, ils sont engagés dans une relation amoureuse. De fait, il la suit, l’épie, fouille sa maison, sa vie, et se comporte avec elle comme si ils étaient en couple. Mais pendant sept semaines, Clarissa sera jurée dans une affaire pour viol ; c’est là qu’elle rencontrera Robert, ce qui attirera les foudres de Rafe, et qu’elle puisera le courage nécessaire afin de mettre fin aux agissements de ce dernier, qui se révèle de plus en plus menaçant.

Le récit alterne entre le point de vue de Clarissa, dont l’angoisse est palpable, et celui de l’autrice. On notera déjà la justesse psychologique des différents personnages, notamment celui de Clarissa, à la fois apeurée et bien décidée à mettre Rafe hors d’état de nuire. La folie de ce dernier, imperceptible aux yeux de tous les autres grâce à son art de la manipulation, effrayante car crédible. On suit les errements de Clarissa, qui font écho à ceux de la victime du procès ; en effet, c’est une prostituée accro aux drogues, faits que les avocats vont utiliser afin de discréditer ses accusations. Clarissa, s’identifiant à la jeune femme, a à la fois peur de subir les mêmes accusations qu’elle, mais cela va également la décider à agir pour de bon, avec l’appui de Robert.

Un roman oppressant qui ravira tous les amateurs du genre.

16/20

 

« Black-out » de John Lawton, paru chez 10-18 en avril 2015

Synopsis

« Londres, 1944. La Luftwaffe donne son assaut final sur la capitale déjà exsangue et les Londoniens se précipitent dans les abris souterrains.
Au milieu du chaos, un bras coupé est exhumé par un groupe d’enfants jouant sur un site bombardé de l’East End.
Le sergent détective Frederick Troy, de Scotland Yard, parvient à relier cette découverte à la disparition d’un scientifique de l’Allemagne nazie.
Il met au jour une chaîne de secrets menant tout droit au haut commandement des Alliés, et pénètre les mystères d’un monde corrompu, peuplé de réfugiés apatrides et d’agents secrets. »

– Prix SNCF du polar –
En 1944, Londres est ravagée par la seconde guerre mondiale, et les enfants jouent dans des gravas. L’un d’eux trouve un bras arraché ; le lieutenant Troy va se retrouver en charge de l’affaire. Il s’avère que ce n’est pas un soldat tué au combat, mais celui d’un savant allemand qui participait à une découverte majeure…
Je n’ai personnellement pas accroché à ce roman brouillon, confus, avec de nombreux personnages si insipides que l’on ne les distingue même plus les uns des autres. Des longueurs interminables, peu d’action, bref j’ai eu du mal à aller jusqu’au rebondissement final…
Point positif : la reconstitution historique est fidèle, ceci dit, autant (re)lire « Au revoir là haut » ou « Les bienveillantes »…

7/20

« Les vies multiples d’Amory Clay » de William Boyd, paru aux éditions du Seuil en octobre 2015

Synopsis

« Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la très jeune Amory Clay se voit offrir par son oncle Greville un appareil photo et quelques conseils rudimentaires pour s’en servir. Elle ignore alors que c’est le déclencheur d’une passion qui façonnera irrévocablement sa vie future.
Un bref apprentissage dans un studio et des portraits de la bonne société laissent Amory sur sa faim. Sa quête de vie, d’amour et d’expression artistique l’emporte bientôt dans un parcours audacieux et trépidant, du Berlin interlope des années vingt au New York des années trente, de Londres secoué par les émeutes des Chemises noires à la France occupée et au théâtre des opérations militaires, où elle devient l’une des premières femmes photoreporters de guerre.
Sa soif d’expériences entraîne Amory vers d’autres conflits, des amants, un mari, des enfants, tandis qu’elle continue à poursuivre ses rêves, à combattre ses démons. »

J’ai lu, il y a longtemps, le roman « La vie aux aguets » de Boyd ; je me souviens qu’il m’a plu, mais je serais tout à fait incapable de vous dire quelle en était la trame principale. Je me souviens surtout de la justesse psychologique des personnages, notamment les caractères féminins ; et pour un auteur, se mettre dans la peau d’une femme en évitant l’écueil des caricatures et clichés, c’est une chose souvent malaisée. Boyd donc, un auteur anglais renommé, n’a plus à prouver ses facilités à se glisser dans la peau d’une femme, et il est aussi fameux lorsqu’il s’agit de relater un destin. Son style d’écriture, à la fois limpide et soutenu, se lit avec grand plaisir. Ce nouveau roman, à la quatrième de couverture alléchante, racontant la vie d’une femme farouchement libre et indépendante, ne pouvait que me ravir !

C’est donc Gréville, l’oncle d’Amory, qui lui offre l’appareil photo qui scellera le destin de la jeune fille : elle sera photographe. A cet époque, aux alentours des années 20, une femme photographe, cela faisait jaser. Mais Amory est têtue, talentueuse, et son oncle l’aide à réaliser son rêve. Si elle commence par des portraits et des photographies de mariage; elle a envie de plus : elle commencera par partir à Berlin afin d’en saisir les bas fonds, puis, lors de la seconde guerre mondiale, elle deviendra photographe de guerre. A la fin de sa carrière, c’est la guerre du Vietnam qui l’inspirera. Libre, sans attache, elle se mariera sur le tard et aura deux filles, mais elle ne cessera jamais de faire ce qui lui plaît.

Amory, au delà de sa farouche indépendance, est une femme compliquée, intelligente, passionnée. Elle a eu quelques amants, qu’elle a toujours profondément aimé, mais s’il lui fallait partir, elle n’hésitait pas. Impulsive, libre, féministe sans le savoir, ses nombreux traits de caractères sont dévoilés ici et là par des détails ; une façon de faire que l’auteur applique aussi aux autres personnages, qui sont tous complexes, et donc profondéments humains. Amory Clay est une femme normale au destin exceptionnel, un destin qu’elle a plus ou moins choisi en fonction des obstacles et des facilités. Et si Amory Clay, photographe, n’a jamais existé, l’auteur a emprunté certaines choses à de vraies femmes photographes d’époque.

Un roman foisonnant, le magnifique destin d’une femme libre, du genre qui vous reste longtemps en tête !

18.5/20