« Le club de la dernière chance » de Marian Keyes, paru chez Pocket en juin 2003

Synopsis

 

« À Londres de nos jours. Tara, Katherine et Fintan sont inséparables depuis l’adolescence, quand ils écoutaient Duran Duran, portaient des jeans en strech et vivaient dans une petite ville irlandaise. À peine trentenaire et aujourd’hui installés à Londres, ils sont restés très proches, quoique leur vie ait pris des chemins différents. Tara n’est pas heureuse avec Thomas – un goujat égoïste et vain – mais comme elle cherche désespérément à se marier et redoute plus que tout d’être seule, elle n’ose pas le quitter. Katherine est une beauté froide qui revendique haut et fort son célibat et se garde de tout contact avec les hommes. Seul Fintan, styliste de mode et excentrique, file le parfait amour avec un architecte italien. Leur vie bascule le jour où Fintan apprend qu’il est atteint d’un cancer. Sa famille, ses amis, se mobilisent autour de lui. S’il doit mourir, il voudrait partir en sachant ceux qu’il aime, heureux. Il fait donc promettre à Tara de quitter Thomas et à Katherine de se trouver un homme. »

 

Je lisais énormément de « chik lit » – je n’aime pas ce terme, je le trouve péjoratif envers les femmes qui ont envie de lire des romans légers – quand j’avais la vingtaine, et puis je me suis lassée. En tout cas, après en avoir englouti un sacré paquet, je peux vous dire que les meilleures sont Isabel Wolf, Marian Keyes, Zoe Barnes et Jennifer Weiner, selon mes goûts bien sûr. Quant à Sophie Kinsella, je suis plus mitigée, certains de ses romans me font hurler de rire tandis que d’autres m’ennuient tant que je ne les lis pas jusqu’au bout. Les deux premiers opus de Bridget Jones étaient de petits bijoux, mais le dernier m’a laissé un goût amer ; c’était celui de trop à mon sens.

 
Revenons à nos moutons et donc à ce roman. Deux femmes, un homme, qui se connaissent depuis tout gosses. Si Fintan file le parfait amour avec Sandro, Tara et Katherine n’ont pas cette chance. Tara, terrorisée à l’idée d’être célibataire, s’accroche à un homme égocentrique qui prend plaisir à lui saper toute confiance en elle. Katherine, surnommée « la reine des glaces » à son travail, évite toute promiscuité avec les hommes suite à une succession d’expériences malheureuses. Mais Fintan tombe très malade, et veut que ses amies aient une belle vie : il va alors les pousser à changer de comportement.

 
Même si nous n’évitons pas clichés et évidences, ce roman se lit facilement et agréablement ; les personnages sont attachants, même si agaçants parfois, et la plume légère de l’autrice fait en sorte que nous finissions ce livre en un clin d’oeil.
Un bon petit roman qui remonte le moral.

14.5/20

Publicités

« Trembler te va si bien » de Risa Wataya, paru aux éditions Philippe Picquier en septembre 2013

Synopsis

« Etô Yoshika, vingt-six ans. Nationalité japonaise, groupe sanguin B, employée à K.K. Maruei, facilement acnéique. Copain zéro, économies zéro. Loyer mensuel : 75 000 yens. Ce que je déteste : les glandeurs. Ce que j’aime : le ragoût de bœuf. Ma passion du moment : chercher sur Wikipédia les espèces animales éteintes. »

Je lis très peu de romans asiatiques, mais celui, posé en évidence sur une table dans une bibliothèque, m’a intriguée. J’ai eu envie de lire l’histoire d’Etô, une jeune japonaise de 26 ans, perdue dans ses errances amoureuses, entre l’homme qu’elle convoite depuis le collège, Ichi, et celui qui lui fait la cour, son collègue Ni.

Etô nous raconte sa vie et ses pensées, et nous découvrons d’autres moeurs, très éloignées des nôtres, même si, au fond, cette jeune fille pourrait être n’importe quelle française. Mais Etô se heurte au pragmatisme de sa mère et de la société, elle qui voudrait écrire sa vie comme un roman.

Dans un style limpide, nous plongeons dans le monde d’Etô, entre fantasmes et réalité. Un roman court, qui m’a un peu laissé sur ma faim, mais doux, rêveur, tout comme son héroïne.

Un livre excellent pour se lancer dans la littérature japonaise, qui m’a d’ailleurs donné envie d’en lire d’autres.

15/20

« Dans la peau de Coventry » de Sue Towsend, paru chez Charleston en janvier 2016

Synopsis

« Coventry Dakin, femme au foyer sans histoires, décide de s’enfuir à Londres après avoir tué son voisin par accident. Là-bas, elle rencontre une galerie de personnages excentriques : le professeur Willoughby d’Eresby et sa femme Letita, Dodo, une bourgeoise relogée chez les sans-abris, etc. Toutes ces rencontres vont permettre à Coventry de changer, comme elle n’aurait jamais pu l’imaginer… « 

De cette autrice, je m’étais récemment régalée avec « La femme qui décida de rester une année au lit », où son humour typiquement british m’a conquise. Ainsi, je n’ai pu résister à l’appel de ce roman, où l’héroïne commence par nous informer de deux choses importantes sur elle : 1/Elle est belle ; 2/Elle a tué un homme. Les deux étant mis sur la même échelle, comme si aucun n’était de son propre fait.

Coventry, voyant à travers ses rideaux que sa voisine était en train de se faire étrangler par son mari, accoure et écrase une figurine d’action man sur la nuque de l’agresseur ; celui-ci s’effondre, du sang lui coulant par les oreilles. Paniquée, elle se lance dans une fuite vers Londres pour échapper à la police et à la prison ; elle survivra tant bien que mal grâce à la charité de personnages haut en couleurs.

Où l’on retrouve l’humour absurde de Sur Towsend, et son oeil critique des travers de la société. Ceci dit, je l’ai trouvé moins abouti que celui dont je parlais au début. Un livre sympathique, mais je suis restée sur ma faim en finissant de lire les aventures de Coventry, que j’aurais bien imaginé se prolonger encore davantage…

14/20

 

 

« Zaï zaï zaï zaï » de Fabcaro, paru aux éditions 6 pieds sous terre en mai 20154

Synopsis

« Pour n’avoir pu présenter sa carte de fidélité au supermarché, un auteur de bandes dessinées est confronté à un vigile avec qui il a une altercation. Il parvient à s’enfuir et sa traque par la police provoque une réaction en chaîne: les médias s’emballent, la société se divise. »

– Sélection Prix SNCF du Polar –

Je lis assez peu de bandes dessinées, car préférant les gros pavés sans dessin afin que je puisse utiliser mon imagination pour visualiser les personnages et les situations. Mais là, je suis absolument conquise : cette BD est un petit bijou d’humour absurde et totalement burlesque. J’ai ris à chaque page tant l’histoire est à la fois capillotractée et ancrée dans la réalité dans laquelle nous vivons.

Le héros, Fabrice, illustrateur de BD, se présente donc au supermarché mais, ayant changé de pantalon, sa carte de fidélité est restée dans un autre. Il a beau se défendre, dire qu’il l’a juste oublié, son pantalon était sale, il fallait qu’il en change, un peu de compréhension ! Rien n’y fait ; le responsable du magasin reste intraitable et menace d’appeler la police pour ce crime. Fabrice décide de s’enfuir à toutes jambes, et cette affaire prend une ampleur considérable et alimente les conversations, ceux qui soutiennent Fabrice, et ceux qui veulent le clouer au piloris.

Toutes les situations, de base concrètes, virent à l’absurde le plus jubilatoire. Il y a également une critique de la société, des médias et des politiciens, que l’auteur croque et se moque avec un cynisme jouissif. Il se paie même le luxe de se payer la tête des auteurs de BD ; le final est à la hauteur du reste de la BD, une loufoquerie hilarante.

17/20

« La septième fonction du langage » de Laurent Binet, paru chez Grasset en août 2015

Synopsis

« Le 25 février 1980, Roland Barthes est assassiné alors qu’il transportait un document sur la septième fonction du langage, une fonction qui permet de convaincre n’importe qui de n’importe quoi. Le commissaire Jacques Bayard et le sémiologue Simon Herzog enquêtent parmi la crème du milieu intellectuel français et découvrent l’existence d’une société secrète, le Logos Club. »

Premier roman de cet auteur que je lis, je me suis régalée. Ce professeur de français manie les mots à merveille, jongle avec l’ironie et le sarcasme pour le plus grand bonheur du lecteur.

Roland Barthes, le célèbre sémiologue, a découvert la septième fonction du langage, un document d’une importance capitale. Malheureusement, il se fait faucher par une camionnette au sortir d’un déjeuner avec Mitterand ; celui-ci s’apprête à mener campagne contre Giscard. Le commissaire Bayard est mis sur l’affaire, cependant il ne comprend que pouic à la langue des linguistes, tels que Foucault, Soller, BHL, Derrida, Umberto Eco… Un étudiant en sémiologie, Simon, va l’aider à les comprendre. Des Etats-Unis jusqu’en Italie, un périple fait de sociétés secrètes et d’assassins à leurs trousses, Bayard et Simon vont devoir élucider cette énigme et éviter que cette fonction ne tombe entre de mauvaises mains…

Où l’on plonge dans l’élite intellectuelle bobo, qui se gargarise de son intelligence, où tous font semblant de s’apprécier mais c’est à qui aura le dernier mot… Celle-ci est étroitement liée au milieu politique, et voilà Giscard et Mitterand qui se disputent le titre de président ; chacun a ses alliés, mais n’oublions pas les traîtres ! Simon se demande quelques fois s’il lui-même est un être de fiction, tant il échappe souvent, et de très peu à la mort ; mais quel est cet auteur qui lui fait subir autant d’épreuves ? Les joutes oratoires de ces maîtres de la langue française sont habilement menées et des fois, assez décousues. La perplexité de Bayard face à ces intellectuels qui coupent un cheveu en quatre pour pas grand chose est hilarante, et les portraits de ces derniers sont magnifiquement dressés.

Un excellent roman, tant sur le fond que dans les formes !

18/20

« Nous » de David Nicholls, publié chez Belfond en avril 2015

Synopsis

« Paris, Amsterdam, Munich, Vérone, Venise, Florence, Rome, Naples. Le Louvre, le musée Van-Gogh, la place Saint-Marc. Terrasses ensoleillées, trattorias bondées : l’été s’annonce chargé pour les Petersen.
Douglas, le père, est extatique.
Connie, la mère, est plus mesurée.
Pour Albie, leur fils de dix-sept ans, c’est carrément l’enfer.
Et pour tous, c’est peut-être l’occasion d’un nouveau départ.
Douglas le sait, c’est sa dernière chance de prouver que derrière le biochimiste coincé se cache un mari attentionné et un père superfun.
Connie, elle, va devoir affronter le souvenir de celle qu’elle était, cette étudiante en art qui sillonnait l’Europe en quête de folles expériences. Et celle qu’elle est devenue, une épouse rangée qui voudrait bien passer à autre chose.
Quant à Albie, grand photographe en herbe, entre fugues et passion amoureuse, arrivera-t-il à renouer avec son père et à voler enfin de ses propres ailes ?
Crise de la cinquantaine, crise de couple, crise d’adolescence…. »

C’est en 2013 que je tombe par hasard sur le roman « Un jour » de David Nicholls ; ce fut un vrai coup de coeur, que j’ai lu d’une traite, tant les émotions, le suspense, la réalité en somme, sont extrêmement bien dépeints. Dans, la foulée j’ai vu l’adaptation cinématographique, très agréable, et lu ses deux autres romans, qui m’ont tout autant plu. Fan de Douglas Kennedy, je trouve qu’il y a une certaine ressemblance entre les ouvrages de ces auteurs : basés sur la psychologie des personnages, sur la vie telle que nous la connaissons toutes et tous – quoique Kennedy rajoute de sacrés, et pas banals, obstacles sur le chemin de ses personnages !

C’est donc avec grand plaisir que je commençais ce livre d’un auteur que j’apprécie beaucoup. Cette fois, les héros sont toute une famille : un père et une mère dans les tourments de la cinquantaine, et leur fils dans ceux de l’adolescence. C’est Douglas, le père, qui relate l’histoire de sa famille. Sa femme, Connie, désire le quitter ; les liens avec son fils Albie sont presque rompus. Il décide d’organiser un voyage en famille afin de sauver son couple et de renouer avec son fils. Mais les choses ne tournent pas du tout telles qu’il les avait prévues, ce qui ne manque pas de grandement déstabiliser Douglas, un scientifique pragmatique, très organisé, et paniqué par le changement… Mais; par amour des siens, il se lancera dans une épopée qui le surprendra lui-même.

Encore une fois, Nicholls crée des personnages profonds et attachants, alterne petits drames de la vie et bonheurs, le tout avec un style impeccable. Comme il aime à le faire, des flash backs réguliers nous permettent de mieux comprendre les personnages, alternant passé et présent avec virtuosité. Si vous aimez les romans relatant la vie de tous les jours, drôles, émouvants, ce livre est fait pour vous !

15/20

« Le fabuleux destin d’une vache qui ne voulait pas finir en steack haché » de David Safier, aux éditions Presses de la Cité, paru en mai 2014

Synopsis « Mis à part l’infidélité de son taureau, Champion, Lolle, une vache laitière, mène une vie tranquille dans un pré du nord de l’Allemagne. Jusqu’au jour où elle apprend que le fermier a décidé de vendre le troupeau de bovins pour régler ses dettes. Afin d’éviter de finir entre deux tranches de pain, Lolle, décide de s’enfuir avec ses amis pour rejoindre le pays où les vaches sont sacrées, l’Inde ! Débute alors pour Lolle et ses amis un périlleux voyage qui les conduit de l’autre côté de l’Atlantique, de New York à l’Ouest américain, territoire des bisons, jusqu’aux contreforts de l’Himalaya, dans l’antre du yéti… »

Quatrième livre de David Safier que je lis, et encore une fois, ce fut jubilatoire et drôlissime. Cette fois-ci, nous nous mettons dans la peau d’une vache et voyons la vie à travers ses yeux bovins. N’ayant connu que sa ferme et son pré, c’est non sans angoisse qu’elle s’aventure hors de son habitat – d’autant que d’après sa déesse, Naïa, il n’y a rien d’autre aux confins de l’horizon qu’un lac de lait. Mais, apprenant de la gueule d’un chat italien particulièrement malin qu’elle a sauvé d’un chien sacrément féroce, Old Dog (qui voudra sa revenge…) que tout le troupeau allait être vendu et tué pour servir de repas aux humains, elle décide, avec ses amies, de fuir malgré sa peur. Son objectif : l’Inde, le pays où les vaches sont vénérées.

David Safier réussit à nous mettre totalement dans la peau de Lolle, avec elle nous avons peur, nous rions, nous souffrons, parfois… Et nous nous posons des questions sur nous-mêmes, êtres humains, dont Lolle et ses amis ont une piètre opinion. Avec une originalité et un humour qui sont désormais la marque de fabrique de cet auteur, nous suivons le périple le plus ubuesque, drôle et palpitant de quatre vaches, un taureau et un chat. Une équipe de choc qui va souvent se perdre, ne pas forcément avoir de chance, mais qui est très attachante. Un livre parfait pour rire, se détendre, et voir le monde d’un autre oeil !

16/20

« Folle de lui » d’Helen Fielding, aux éditions Albin Michel – Paru en octobre 2014

Synopsis

« Que faire lorsque votre toy boy fête ses 30 ans le soir où votre meilleure amie célèbre ses 60 ans ? Est-il moralement condamnable d’aller chez le coiffeur quand vos enfants ont attrapé des poux ? Est-ce mal de tricher sur son âge sur les sites de rencontres ? Confrontée à ces graves problèmes, et à quelques autres non moins angoissants, Bridget relève courageusement le défi d’élever seule deux jeunes enfants, d’apprendre à maîtriser tweets et textos et, surtout, redécouvre la sexualité à l’heure de – aïe ! le mot qui fâche – l’âge mûr »

Ayant lu les deux précédents opus de « Bridget Jones » à l’aube de la vingtaine, m’étant amusée à suivre les pérégrinations de cette « célibattante » de 30 ans, charmante gaffeuse, j’étais assez pressée de découvrir l’héroïne 20 ans après. Il s’avère que Mark Darcy, le père de ses deux jeunes enfants, est mort, et nous suivons donc Bridget dans son quotidien de mère célibataire, jonglant entre enfants, écriture d’un script et, bien évidemment, ses nouvelles aventures amoureuses.

Malheureusement, en vieillissant, Bridget a perdu de son peps et de son humour légendaires. Le ton y est, mais le coeur n’y est plus. A part deux ou trois gags, qui sont d’ailleurs exploités jusqu’à la corde du début jusqu’à la fin du livre, on s’ennuie fermement, et l’on se demande désespérément où est passé la Bridget d’autrefois qui nous avait fait tant rire. De plus, si Bridget entretient une relation avec un homme de 20 ans son cadet, elle revient finalement dans le « droit chemin » en se casant avec un homme de son âge. Le plus décevant étant qu’on le voit venir dès le début : cet homme qu’elle déteste tout le long du livre s’avère être son « prince charmant » tout comme Darcy 20 ans auparavant.

Un troisième opus qui aurait franchement pu, et dû, être évité. Gags éventés, redondants, fin plus que prévisible, j’ai été terriblement déçue. Il y avait pourtant de la matière ; Bridget changeant totalement de statut et de génération…

8/20