« Amélia » de Kimberly McCreight, paru chez le Livre de Poche en août 2016

Synopsis

« À New York, Kate élève seule sa fille de 15 ans, Amelia. En dépit d’un rythme professionnel soutenu, elle parvient à être à l’écoute de cette adolescente intelligente et responsable, ouverte et bien dans sa peau. Très proches, elles n’ont pas de secrets l’une pour l’autre. C’est en tout cas ce que croit Kate, jusqu’à ce matin d’octobre où elle reçoit un appel de l’école. On lui demande de venir de toute urgence. Lorsqu’elle arrive, Kate se retrouve face à une cohorte d’ambulances et de voitures de police. Elle ne reverra plus jamais sa fille. Amelia a sauté du toit de l’établissement. Désespoir et incompréhension. Pourquoi une jeune fille en apparence si épanouie a-t-elle décidé de mettre fin à ses jours ? Rongée par le chagrin et la culpabilité, Kate tente d’accepter l’inacceptable… Mais un jour, elle reçoit un SMS anonyme qui remet tout en question :  » Amelia n’a pas sauté.  » Obsédée par cette révélation, Kate s’immisce alors dans la vie privée de sa fille et réalise bientôt qu’elle ne la connaissait pas si bien qu’elle le pensait. »

C’est suite aux critiques dithyrambiques lues sur Babelio que je me suis laissée tenter par ce roman. Si je l’ai trouvé sympathique, je ne le trouve pas exceptionnel non plus. du reste, j’ai passé un bon moment, sans plus.

 
Déjà, je ne qualifierais pas ce roman de thriller, ou même de roman policier, quand bien même il y ait une morte et que l’on cherche à comprendre comment une jeune fille qui semblait heureuse de vivre ait pu, apparemment, se suicider. La narration alterne passé et présent, points de vue d’Amélia et de Kate, sa mère, et l’on a même droit à des sms et des posts Facebook – ce dont j’ai horreur dans un roman.

 
Nous allons donc remonter le fil de ce qui a mené au drame, découvrir les secrets qu’Amélia et Kate se cachaient l’une à l’autre. Nous allons découvrir que sous ses apparences de jeune fille sage, Amélia expérimentait de nouvelles expériences, pas forcément bonnes pour elle.
J’ai mis un peu de temps à le lire, une semaine, je n’ai pas vraiment éprouvé d’empathie pour Kate. Les passages que j’ai trouvé les plus intéressants et les plus touchants étaient ceux d’Amélia, l’adolescente face à des choix qui la dépassent.

 

Ce livre n’est définitivement pas un page turner, mais plutôt un roman sur l’adolescence, teinté de drame et d’apprentissage de la vie. Un dernier petit bémol : j’ai trouvé la fin bâclée. Dommage, quand on a mis autant de temps à nous dévoiler la vie d’Amélia, que de réduire sa fin de vie à deux pages.

« Tout plutôt qu’être moi » de Ned Vizzini, paru aux éditions « La belle Colère » en janvier 2016

Synopsis

« Comme beaucoup d’adolescents, Craig est bien décidé à réussir sa vie. Il intègre l’une des plus prestigieuses prépas de New York, de celles qui font de vous un homme et assurent votre avenir. Seulement, au bout d’un an, il ne mange plus, ne dort plus, n’arrive plus à se lever, pense sans arrêt à ses devoirs, ses exams et à la jolie copine de son meilleur ami. Pour faire front à tout ça, il ne trouve d’autre solution que de fumer de l’herbe en glandant pendant des heures. Craig est pris dans une spirale d’anxiété, d’inquiétudes, de peurs qui l’acculent et le paralysent. Comment en est-il arrivé là ? Comment est on poussé au point où la pression se fait tellement forte et nous, si faibles que la seule solution qui s’offre à nous, c’est d’en finir ? « 

Il y a des éditions, comme La Belle Colère, dont on sait que les romans ne nous décevrons pas. Ainsi, quand j’ai vu ce livre trôner sur la table des nouveautés de ma bibliothèque, ni une, ni deux, je l’ai pris rapidement avant qu’une autre personne ne me devance ! Il faut savoir que cette maison d’édition est spécialisée dans les romans d’initiation consacrés aux adolescents. Point de mièvrerie, mais la réalité, dans tout ce qu’elle a de belle comme de cruelle.
Craig a quinze ans et des rêves plein la tête : faire des études prestigieuses, obtenir un bon travail, sortir avec la fille de ses rêves. Mais une fois accepté dans une école très sélective, il commence à se noyer devant les exigences demandées. Sans compter qu’il désire la petite amie de son meilleur ami. Petit à petit, il sombre dans la dépression ; il se fera interner dans un hôpital psychiatrique une fois le fond touché.
L’auteur, précoce vu qu’il a commencé à écrire dans la presse dès l’âge de 15 ans, était lui aussi dépressif, mais n’a pas pu la surmonter ; il s’est suicidé à l’âge de 32 ans. Ce qui explique très certainement sa capacité à retranscrire les émotions de Craig avec tant de justesse. Evitant l’écueil du pathos, Ned Vizzini nous livre ici un roman touchant, juste, qui prend aux tripes.

16/20

« Ma vie palpitante »de Kim Ae-ran, publié aux éditions Philippe Picquier en avril 2014

Synopsis

« Mes parents avaient seize ans quand ils m’ont eu. J’ai eu seize ans cette année.
Je ne sais pas si je vivrai jusqu’à mes dix-huit ans. Je ne suis sûr que d’une chose : il me reste peu de temps. Pendant que les autres enfants grandissent, moi, je vieillis. Pour moi, chaque heure compte comme un jour. Chaque mois, comme une année. Aujourd’hui, je suis plus vieux que mon père.
Seize ans est-il un bon âge pour avoir un enfant ? Trente-deux ans est-il un bon âge pour le perdre ?
Ceci est l’histoire de très jeunes parents et de leur très vieil enfant. »

Ce livre représente ma première incursion dans la littérature coréenne, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il m’a totalement chamboulée. Empli d’une émotion magnifiquement décrite, sans jamais tomber dans l’écueil du pathos larmoyant, voilà une jolie pépite qui ferait fondre les coeurs les plus aguerris.
Areum est atteint d’une maladie rarissime, la progéria, dont on ne recense qu’une centaine de cas dans le monde. Incurable et dégénérative, les enfants atteints de ce mal vieillissent à toute vitesse et meurent généralement durant l’adolescence. Areum n’a que seize ans, mais le corps d’un homme de quatre-vingts ; il sait qu’il est condamné, et que sa faible constitution l’empêche de faire les mêmes activités qu’un adolescent lambda, mais il engloutit des livres afin d’accumuler le plus de connaissances possibles, voyager et entrevoir la vie de ceux qui ne sont pas malades. Si parfois il se demande ce qu’aurait été sa vie sans cette maladie, il a accepté son sort ; c’est en cela qu’il fait preuve d’une maturité et d’une sagesse étonnantes. Ceci dit, il reste un adolescent avec les envies inhérentes à son âge.
Areum est un personnage très attachant, ce qui rend sa condition d’autant plus triste. Ses parents, au contraire de lui, ont beaucoup plus de mal à se faire à l’issue inéluctable du destin d’Areum.
L’écriture est délicate, limpide, et se lit avec grand plaisir. le thème du roman est triste, mais cependant émaillé de moments de joie, et par moments on en oublie même la maladie d’Areum, grâce aux tranches de vie d’une famille certes différente, mais qui n’en est pas moins une. Un roman bouleversant, magnifique, dont on ne sort pas indemne.

18/20

« Après la nuit » de Chevy Stevens, paru chez Pocket en avril 2016

Synopsis

« Adolescente, Tonie Murphy avait des problèmes de son âge : une petite soeur avec laquelle elle ne s’entendait pas, une relation compliquée avec ses parents, des camarades parfois cruels. Mais lorsque sa soeur se fait sauvagement assassiner, sa vie et celle de son petit ami Ryan basculent. Le couple est accusé de meurtre. Ils passeront à l’âge adulte derrière des barreaux.
Aujourd’hui Tonie a 34 ans et rentre chez elle en liberté conditionnelle avec une seule idée en tête : ne pas s’attirer d’ennui. Mais, harcelée par celles-là même qui lui menaient la vie dure au lycée, soupçonnée par sa propre mère, elle doit d’abord rétablir la vérité sur cette terrible nuit, celle où elle a perdu sa soeur et sa jeunesse… »

Adepte des romans de Chevy Stevens, je n’ai, encore une fois, pas été déçue. Je dirais même que c’est son meilleur livre. Elle avait déjà prouvé son talent pour narrer la psychologie des personnages, mais avec le personnage de Tonie, attachante, rebelle, complexe, l’autrice atteint une espèce d’apothéose. Car rien ne sera épargné à son héroïne, que ce soient des violences physiques ou psychologique ; on se glisse dans sa peau lors de ses moments d’abattements comme durant ceux où elle relève la tête pour affronter les épreuves qui jalonnent son existence.

La trame narrative s’articule autour de trois périodes clé de la vie de Tonie. Le début se situe dans les années 90, elle a 17 ans, est au lycée et aime à la folie son petit ami Ryan. Mais Shauna et sa bande de filles, l’archétype des pestes jolies et populaires qui peuplent toute série américaine sur l’adolescence, font tout pour lui rendre la vie impossible. Lorsque sa jeune soeur Nicole rejoint la bande, Tonie s’inquiète de son comportement ; autrefois douce et bonne élève, elle se met à boire et à faire le mur. Si ses parents s’inquiètent et s’énervent du comportement impulsif et colérique de Tonie, ils ne remarquent pas le manège de sa petite soeur.

Mais lors d’une balade près du lac, où Tonie et son copain Ryan emmènent Nicole qui semble apeurée à l’idée de rester seule, cette dernière se fait assassiner tandis que les deux amoureux s’étaient réfugiés quelques heures dans les bois. A cause des témoignages accablants de Shauna et de ses amies, le couple se retrouve en prison pour meurtre. Une fois sortie, Tonie tente de retrouver une vie normale, mais Shauna ne l’entend pas de cette oreille et n’a de cesse de lui pourrir la vie ; Tonie, avec l’aide de Ryan, va mener l’enquête afin de découvrir le véritable meurtrier de sa soeur et enfin blanchir leurs noms. L’on va également suivre le dur parcours de Tonie en prison où elle va devoir apprendre à se faire respecter.

On vit littéralement avec Tonie, on partage sa colère, ses craintes, son indignation devant tant d’injustices. On veut qu’elle s’en sorte, que le meurtrier de sa soeur paie le prix fort pour toutes les vies qu’il a brisé. Je n’ai pas seulement lu ce roman, je l’ai vécu, les pages se tournent seules, je suis fébrile de savoir ce qu’il va se passer, de comment tout ça va terminer. Une fois le livre fini, je continue à penser à Tonie et à la suite de sa vie. Un thriller qui va me hanter longtemps.

18/20

 

 

 

« Le poison d’amour » d’Eric-Emmanuel Schmitt, paru en octobre 2014 chez Albin Michel

Synopsis

« Quatre adolescentes en quête d’amour s’échangent des messages sur leurs désirs et leur impatience. Entre rêves sentimentaux et pression sociale, les jeunes filles aspirent à devenir des femmes. Jusqu’au jour où le drame a lieu… »

Je lis très peu de littérature française – mis à part les classiques – ; j’ai donc décidé d’emprunter ce livre à la bibliothèque, par curiosité. Cet auteur étant fort connu, prolifique, ayant écrit nombre de romans et de pièces de théâtre salués par la critique et notamment adaptés au cinéma, je me suis dit que ce pouvait être une valeur sûre. Hé bien… non ! En tout cas pas à mon goût.

Quatre adolescentes écrivent un journal intime ; ce roman croise les quatre récits. Nous avons donc Colombe, Anouchka, Julia et Raphaëlle. Mis à part quelques caractéristiques physiques (Colombe est très jolie, Raphaëlle plutôt masculine…) elles sont absolument toutes interchangeables. Heureusement que l’auteur précise qui écrit, sinon l’on s’emmêlerait sacrément les pinceaux : elles s’expriment et pensent quasiment de la même manière. Leur obsession commune : les garçons et l’amour. Plus stéréotypé et cliché que ça, tu meurs. Pour avoir été une adolescente et en avoir côtoyé, elles sont d’ordinaires plus complexes et moins niaises. Leurs pensées insipides m’ont plongé dans l’ennui et l’affliction les plus totales.

Quant au drame final, il est absolument risible. Ceci dit, vu le niveau de ces filles, superficielles, écervelées et pas bien malignes, qui décidément m’ont fortement agacé, le dénouement n’est pas si incongru. Leur « philosophie » de comptoir m’a souvent fait davantage rire que réfléchir… En bref, comme vous l’aurez compris, je n’ai pas du tout apprécié ce roman et ne comprends pas l’engouement qu’il suscite. Mais bon, les goûts et les couleurs…

5/20