« Deux gouttes d’eau » de Jacques Expert, paru chez Le livre de poche en juin 2016

Synopsis

« Une jeune femme est retrouvée morte dans son appartement de Boulogne-Billancourt, massacrée à coups de hache. Elle s’appelle Élodie et son ami, Antoine Deloye, est identifié sur l’enregistrement d’une caméra de vidéosurveillance de la ville, sortant de chez elle, l’arme du crime à la main. Immédiatement placé en garde à vue, Antoine s’obstine à nier malgré les évidences. Il accuse son frère jumeau, Franck, d’avoir profité de leur ressemblance pour mettre au point une machination destinée à le perdre. Quand Franck Deloye arrive au commissariat central pour être entendu, le trouble est immense : il est impossible de différencier les deux hommes, qui se ressemblent, littéralement, comme deux gouttes d’eau… Le divisionnaire de la PJ en charge de l’enquête, Robert Laforge, un homme réputé pour sa compétence mais aussi son intransigeance et ses éclats incontrôlés, va devoir tirer au clair avec son équipe ce véritable casse-tête. Lequel des deux jumeaux ment, lequel est le bourreau, lequel la victime ? « 

 

N’ayant jamais lu de romans de Jacques Expert, c’est sans à priori que je lis ce roman à la quatrième de couverture alléchante, couronné par un prix des lecteurs.
Point de multiples suspects ou de chasse à l’homme, dès le début les policiers découvrent une vidéo compromettant le petit ami de la morte, Antoine Deloye. S’il ne s’agissait que de cela, ce roman fera quelques pages ; mais le fait est que le présumé meurtrier a un jumeau monozygote et qu’ils ont tous deux une maladie rare : ils n’ont aucune empreintes, qu’elles soient manuelles ou pédestrielles. Ayant le même ADN, et un passif compliqué – les jumeaux prenant un main plaisir à se faire passer l’un pour l’autre, que ce soit pour s’accuser mutuellement, ou se protéger. En bref, un vrai sac de noeuds qui met les nerfs du divisionnaire Laforgue à rude épreuve.
Le choix de narration est intéressant : nous alternons chapitres présents avec ceux de l’enfance des jumeaux. Ceci dit, je n’ai pas apprécié l’écriture, trop cavalière à mon sens. La fin m’a également laissé un goût amer…
Un roman sympathique, qui passe le temps, mais certes pas le polar de l’année.

13/20

« Black-out » de John Lawton, paru chez 10-18 en avril 2015

Synopsis

« Londres, 1944. La Luftwaffe donne son assaut final sur la capitale déjà exsangue et les Londoniens se précipitent dans les abris souterrains.
Au milieu du chaos, un bras coupé est exhumé par un groupe d’enfants jouant sur un site bombardé de l’East End.
Le sergent détective Frederick Troy, de Scotland Yard, parvient à relier cette découverte à la disparition d’un scientifique de l’Allemagne nazie.
Il met au jour une chaîne de secrets menant tout droit au haut commandement des Alliés, et pénètre les mystères d’un monde corrompu, peuplé de réfugiés apatrides et d’agents secrets. »

– Prix SNCF du polar –
En 1944, Londres est ravagée par la seconde guerre mondiale, et les enfants jouent dans des gravas. L’un d’eux trouve un bras arraché ; le lieutenant Troy va se retrouver en charge de l’affaire. Il s’avère que ce n’est pas un soldat tué au combat, mais celui d’un savant allemand qui participait à une découverte majeure…
Je n’ai personnellement pas accroché à ce roman brouillon, confus, avec de nombreux personnages si insipides que l’on ne les distingue même plus les uns des autres. Des longueurs interminables, peu d’action, bref j’ai eu du mal à aller jusqu’au rebondissement final…
Point positif : la reconstitution historique est fidèle, ceci dit, autant (re)lire « Au revoir là haut » ou « Les bienveillantes »…

7/20

« La ronde des mensonges » d’Elizabeth George, paru chez Pocket en octobre 2013

Synopsis

« Un jeune homme est retrouvé noyé dans le hangar à bateau d’un château du Lake District – apparemment, il s’agirait d’une mort accidentelle. Son oncle, le richissime industriel Bernard Fairclough, demande à Lynley d’enquêter dans la plus grande discrétion sur ce drame. Les suspects sont nombreux : l’héritier, ex-drogué repenti, ses sœurs Manette et Mignon, sa femme, Alatea ravissante argentine dont il est passionnément épris ainsi que la galerie de personnages secondaires hauts en couleur qui les entourent ! »

J’ai lu la quasi-totalité des romans d’Elizabeth George, et j’apprécie leur côté « roman policier classique » dans le sens où il y a un ou des meurtres ; l’auteur des crimes est toujours dans l’entourage de la victime, il s’agit donc de démasquer le menteur, l’imposteur. Dans la grande majorité de ses romans, et celui-ci n’échappe à la règle, l’inspecteur Thomas Lynley, aristocrate propre sur lui, et le sergent Barbara Havers, issue de la classe moyenne, plutôt débraillée, font équipe. Leurs différences et leurs manières d’appréhender les différentes situations font la force de ce duo improbable.

Ici donc, la mort par noyade du neveu de Lord Bernard Fairclough, Ian Cresswell, semble louche – beaucoup de personnes ayant intérêt à ce que celui-ci meurt. Il était celui qui contrôlait les cordons de la bourse Fairclough, et connaissait les secrets de toute la famille ; et Dieu sait s’il y en a… De nombreux sujets sont évoqués : maltraitance infantile, homosexualité, chantage, infidélité, transsexualité…

Comme à son habitude, Elizabeth George nous offre un roman foisonnant d’intrigues et de suspense. Ceci dit, autant j’ai énormément apprécié son habileté dans ses précédents romans à nous tenir en haleine, autant j’ai l’impression que dans celui-ci elle se perd un peu dans les méandres de ses différentes intrigues. Au final, on connaît tout de la famille Fairclough, sauf ce qui nous tenait à coeur au départ… Un roman intéressant mais un peu brouillon.

13/20

« Sauver sa peau » de Lisa Gardner, aux éditions Le livre de poche – Paru en septembre 2011

Synopsis

« Depuis son enfance, Annabelle Granger n’a cessé de fuir en permanence, suivant ses parents qui semblaient dissimuler un terrible secret. Un jour, sur le terrain de l’ancien asile psychiatrique de Boston, la police découvre les cadavres de six fillettes. L’une d’elles porte un médaillon au nom d’Annabelle Granger. La jeune femme décide alors de sortir de l’ombre pour montrer qu’elle est en vie. »

Où l’on découvre, dans un chambre souterraine de l’ancien hôpital psychiatrique de Boston, des cadavres de six fillettes ; l’une d’elle porte un médaillon au nom d’Annabelle Granger. Il s’avère que non seulement celle-ci est toujours vivante, mais que quelqu’un est à ses trousses… Les suspects défilent, la narration croisée – nous avons le point de vue d’Annabelle, mais également celui d’un des enquêteurs, Robert Dodge – parfaitement maîtrisée, tout cela joue sur nos nerfs, tant et si bien que l’on ne connaît pas la paix tant que l’on n’a pas découvert le coupable. Les suspects sont nombreux, on ne sait pas à quel saint se vouer car chacun a des secrets à cacher. Les apparences sont trompeuses, ainsi que les identités…

Je n’ai découvert que très récemment les livres de Lisa Gardner, et, très franchement, ce fut une découverte jubilatoire. Cette écrivaine base ses romans sur la psychologie des personnages plutôt que sur l’aspect sanglant des meurtres ; ce faisant, elle « joue » avec nos émotions car nous sommes fatalement amenés à nous attacher aux personnages, ou à les détester, selon l’angle qu’elle a choisi. Ce titre est le quatrième que je lis d’elle, et encore, une fois, j’ai été bluffée par l’habilité de l’autrice à nous tenir en haleine. Un style efficace, un suspense parfaitement ficelé, voilà un excellent page turner que l’on lit d’une traite.

17/20

« Comment je vais tuer Papa » de Carina Bergfeldt aux éditions Black Moon – Paru en février 2014

Synopsis

« Julia est reporter.
Ing-Marie est journaliste chargée des affaires criminelles.
Anna fait partie de la crim.
Ces trois femmes ont chacune une raison personnelle d’élucider le meurtre sordide qui ébranle leur petite ville. Ces trois femmes ont un démon intime à éliminer. Laquelle s’apprête à commettre l’irréparable ? Laquelle de Julia, Ing-Marie ou Anna, pourrait tuer son propre père »

Elisabeth Horjt, jeune mère de famille, a disparu depuis soixante et un jours, jusqu’à ce que l’on retrouve son corps, noyée dans le Simsjon, dans une flamboyante robe rouge. Sa préférée, selon son mari Klas. Julia et Ing-Marie, travaillant dans le même journal, vont tout faire pour découvrir le meurtrier, ainsi qu’Anne, policière en charge de l’affaire.
En parallèle à cette enquête, une femme inconnue relate la maltraitance dont a fait preuve son père, envers elle, ses frères, et ses deux femmes. Elle réfléchit à élaborer le meurtre parfait afin de stopper la violence de cet homme.

Tout au long du roman, deux suspenses se forment et s’alternent – laquelle de ces trois femmes en veut tant à son père qu’elle en planifie son meurtre ? Qui a tué la pauvre Elisabeth Horjt, épouse dépassée par ses tâches de mère au foyer, trompée par son mari ? L’autrice alterne le point de vue de l’inconnue – qui ne l’est pas tant que ça vu qu’elle fait partie du trio d’enquêtrices – tandis que Julia, Anna et Inge-Marie cherchent à leurs façons qui a mis fin aux jours d’Elisabeth.

Les trois principaux personnages interagissent également entre elles, là aussi l’on se demande ce qui a lié Julia et Anna ; quant à Inge-Marie, l’originale ahurie, elle va peu à peu s’ouvrir au monde avec l’aide de sa nouvelle amie Julia.  La plume est alerte et agréable, le style fluide et maîtrisé ; l’on a aucun mal à passer du présent au passé, d’une narratrice à une autre.

Premier roman de Carina Bergfeldt, elle est une écrivaine suédoise prometteuse, qui use de références telles que Millénium ou Dexter. Elle s’inscrit dans la lignée d’écrivaines de romans policiers scandinaves telles qu’Anne Holt ou Camilla Lackberg. Elle décortique les différentes façons dont peuvent s’exprimer la misogynie au sein d’une famille et les conséquences destructrices qu’elles peuvent avoir sur les enfants. Le suspense est au rendez-vous, deux même sont enchevêtrés ; difficile de lâcher ce livre avant la fin !

15/20