« L’autre » d’Olivier Descosse paru chez J’ai Lu en octobre 2015

Synopsis

« « Si vous pouviez vous projeter au plus profond de votre esprit, le feriez vous ? »À vingt-cinq ans, Julien Ducat mène une vie passionnante. Il est pilote de jet privé, fréquente des célébrités et enchaîne les conquêtes féminines.Son seul problème : une anesthésie affective qui l’empêche de tomber amoureux.Pourtant, une mystérieuse jeune femme va bouleverser la donne. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Pourquoi tient-elle tant à l’aider ? A-t-elle un lien avec ces hallucinations dont souffre Julien depuis qu’il a involontairement absorbé du LSD ?Pour comprendre, il n’aura d’autre choix que de plonger dans les zones sombres de sa mémoire. Celles dont il a gommé l’existence quand il était enfant. »

 

Je ne connaissais pas Olivier Descosse, mais je me suis fiée à la quatrième de couverture lorsque j’ai acheté ce roman ; l’intrigue semblait intéressante. Désireuse de découvrir d’autres auteurs, j’ai donc pris au hasard ce livre, le hasard faisant parfois bien les choses. Hélas, ce ne fut pas le cas lors de la lecture de ce roman…

 
Julien Ducat est donc, à vingt-cinq ans, au top du top : pilote, il voyage partout fréquente des célébrités et évidemment, toutes les femmes tombent à ses pieds, ne pouvant résister à son regard ténébreux et à son statut de pilote. (edit : dans la vraie vie, toutes les femmes ne tombent pas en pâmoison car un homme sait manipuler un gros engin, M. Descosse). Mais son passé d’orphelin l’empêche de s’attacher à quelque femme que ce soit – sortez vos mouchoirs, ses parents sont morts dans un accident d’avion quand il avait sept ans (edit 2 : plus cliché, tu meurs).

 
Une femme délaissée décide de se venger de n’avoir pas été rappelée après avoir passé une nuit avec l’homme torturé (edit 3 : les femmes, toutes des ****** qui ne cherchent qu’à ruiner la vie des hommes) et glisse du LSD dans son verre. Ce qui mènera à la première expérience de décorporation de Ducat, au cours duquel il croise Rose, une femme éblouissante et énigmatique. Dès lors, il va rencontrer des personnes qui vont l’aider dans sa quête initiatique/surnaturelle et forcément il va devoir replonger dans son passé et notamment l’accident de ses parents.

 
Mais quel ennui ! Julien Ducat, sa vie, son passé, son lui, bref à la fin du bouquin, si ce bonhomme avait réellement existé, je lui aurais collé une claque en lui disant d’arrêter de se regarder le nombril. le côté surnaturel est assez risible, et la quête initiatique, inintéressante au possible.
Fuyez-le tant qu’il est encore temps, justement, de ne pas perdre le vôtre !

 

6/20

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« Amélia » de Kimberly McCreight, paru chez le Livre de Poche en août 2016

Synopsis

« À New York, Kate élève seule sa fille de 15 ans, Amelia. En dépit d’un rythme professionnel soutenu, elle parvient à être à l’écoute de cette adolescente intelligente et responsable, ouverte et bien dans sa peau. Très proches, elles n’ont pas de secrets l’une pour l’autre. C’est en tout cas ce que croit Kate, jusqu’à ce matin d’octobre où elle reçoit un appel de l’école. On lui demande de venir de toute urgence. Lorsqu’elle arrive, Kate se retrouve face à une cohorte d’ambulances et de voitures de police. Elle ne reverra plus jamais sa fille. Amelia a sauté du toit de l’établissement. Désespoir et incompréhension. Pourquoi une jeune fille en apparence si épanouie a-t-elle décidé de mettre fin à ses jours ? Rongée par le chagrin et la culpabilité, Kate tente d’accepter l’inacceptable… Mais un jour, elle reçoit un SMS anonyme qui remet tout en question :  » Amelia n’a pas sauté.  » Obsédée par cette révélation, Kate s’immisce alors dans la vie privée de sa fille et réalise bientôt qu’elle ne la connaissait pas si bien qu’elle le pensait. »

C’est suite aux critiques dithyrambiques lues sur Babelio que je me suis laissée tenter par ce roman. Si je l’ai trouvé sympathique, je ne le trouve pas exceptionnel non plus. du reste, j’ai passé un bon moment, sans plus.

 
Déjà, je ne qualifierais pas ce roman de thriller, ou même de roman policier, quand bien même il y ait une morte et que l’on cherche à comprendre comment une jeune fille qui semblait heureuse de vivre ait pu, apparemment, se suicider. La narration alterne passé et présent, points de vue d’Amélia et de Kate, sa mère, et l’on a même droit à des sms et des posts Facebook – ce dont j’ai horreur dans un roman.

 
Nous allons donc remonter le fil de ce qui a mené au drame, découvrir les secrets qu’Amélia et Kate se cachaient l’une à l’autre. Nous allons découvrir que sous ses apparences de jeune fille sage, Amélia expérimentait de nouvelles expériences, pas forcément bonnes pour elle.
J’ai mis un peu de temps à le lire, une semaine, je n’ai pas vraiment éprouvé d’empathie pour Kate. Les passages que j’ai trouvé les plus intéressants et les plus touchants étaient ceux d’Amélia, l’adolescente face à des choix qui la dépassent.

 

Ce livre n’est définitivement pas un page turner, mais plutôt un roman sur l’adolescence, teinté de drame et d’apprentissage de la vie. Un dernier petit bémol : j’ai trouvé la fin bâclée. Dommage, quand on a mis autant de temps à nous dévoiler la vie d’Amélia, que de réduire sa fin de vie à deux pages.

« Trois jours et une vie » de Pierre Lemaitre, paru chez Albin michel en mars 2016

Synopsis

« À la fin de décembre 1999, une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt.
Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.
Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien… »

Dans son dernier roman, Lemaitre change totalement de registre ; point de thriller haletant ou d’arnaque de génie. L’auteur s’attache à décrire la psychologie du personnage principal et la vie d’une petite bourgade qui doit faire face en très peu de temps à plusieurs drames : la disparition d’un enfant âgé de six ans et une tornade qui dévaste la ville. Dans cet univers paisible, ces événements vont ébranler tous les habitants.

Le principal protagoniste, Antoine, a douze ans lorsque surviennent les faits. Enfant isolé élevé par une mère célibataire, il passe la majorité de son temps dans les bois à construire des cabanes. Lorsque le chien des Desmedt se fait renverser par une voiture et que le patriarche met fin à la vie de l’animal d’un coup de fusil, l’enfant ressent tristesse et révolte. Quand le petit Rémi Desmedt vient retrouver Antoine dans les bois, ce dernier se met en rage à cause des agissements de son père et le tue. Le roman relate la vie d’Antoine, rongé par les remords, et angoissé à l’idée d’être démasqué.

Même le style d’écriture diffère de ses autres livres ; si d’ordinaire Lemaitre utilise un phrasé parlé, ici la prose est soignée. Malheureusement, si ce roman n’est pas mauvais, il est terriblement lent et répétitif. Peu d’action, l’on lit principalement l’angoisse vécue par Antoine. J’ai trouvé la fin assez prévisible et assez insipide. Tout n’est pas à jeter dans ce livre, mais l’histoire se traîne et j’aurais apprécié un peu plus d’action. Je préfère quand Lemaitre nous concocte des thrillers au suspense à couper le souffle.

10/20

« Dans la peau de Coventry » de Sue Towsend, paru chez Charleston en janvier 2016

Synopsis

« Coventry Dakin, femme au foyer sans histoires, décide de s’enfuir à Londres après avoir tué son voisin par accident. Là-bas, elle rencontre une galerie de personnages excentriques : le professeur Willoughby d’Eresby et sa femme Letita, Dodo, une bourgeoise relogée chez les sans-abris, etc. Toutes ces rencontres vont permettre à Coventry de changer, comme elle n’aurait jamais pu l’imaginer… « 

De cette autrice, je m’étais récemment régalée avec « La femme qui décida de rester une année au lit », où son humour typiquement british m’a conquise. Ainsi, je n’ai pu résister à l’appel de ce roman, où l’héroïne commence par nous informer de deux choses importantes sur elle : 1/Elle est belle ; 2/Elle a tué un homme. Les deux étant mis sur la même échelle, comme si aucun n’était de son propre fait.

Coventry, voyant à travers ses rideaux que sa voisine était en train de se faire étrangler par son mari, accoure et écrase une figurine d’action man sur la nuque de l’agresseur ; celui-ci s’effondre, du sang lui coulant par les oreilles. Paniquée, elle se lance dans une fuite vers Londres pour échapper à la police et à la prison ; elle survivra tant bien que mal grâce à la charité de personnages haut en couleurs.

Où l’on retrouve l’humour absurde de Sur Towsend, et son oeil critique des travers de la société. Ceci dit, je l’ai trouvé moins abouti que celui dont je parlais au début. Un livre sympathique, mais je suis restée sur ma faim en finissant de lire les aventures de Coventry, que j’aurais bien imaginé se prolonger encore davantage…

14/20

 

 

« Le Golem d’Hollywood » de Jonathan et Jesse Kellerman, publié chez Seuil en octobre 2015

« J’ai passé trois jours totalement immergé dans le monde créé par Jonathan et Jesse Kellerman. Voici un roman brillant, dont on tourne fiévreusement les pages, et auquel des fondations mythiques donnent une résonance particulière. Il est le fruit d’une collaboration unique qui fait mentir l’arithmétique : ici, un plus un égale beaucoup plus que deux. Ce livre m’a coupé le souffle. » Stephen King

Synopsis

« Jacob Lev, inspecteur du LAPD et fils de rabbin, est chargé par une mystérieuse section de « Projets spéciaux » d’enquêter sur la présence d’une tête, sans corps, dans une maison abandonnée de la colline d’Hollywood. Sur le plan de travail de la cuisine, le mot JUSTICE a été gravé en hébreu.Tandis qu’à Prague le Golem, créature mythique qui aurait été créée au XVIe siècle par le Maharal, semble s’être réveillé de son long sommeil…
Jacob Lev s’embarque dans un voyage bien éloigné des investigations policières habituelles, qui va le mener à Oxford et à Prague, mais aussi dans les zones obscures de son histoire familiale. »

Lectrice assidue des romans de Jesse Kellerman, je n’ai pourtant jamais accroché à ceux de son paternel – il faudra un jour que j’essaie ceux de Faye ! D’une pierre, deux coup, je m’attaque donc au roman écrit à quatre mains, en famille. Sans quatrième de couverture pour m’allécher (le fait que Stephen King l’ai aimé ne signifie pas grand chose pour moi…) j’ai attendu un peu avant de l’acheter et de le lire. Un ami bibliophage comme moi, et juif de surcroît, me l’a fortement conseillé, je me suis donc décidé.
L’histoire commence fort : une femme se fait agresser, l’homme veut la violer puis l’exécuter, comme il l’a déjà souvent fait, sauf que celle-ci est coriace, et parvient à le semer. Ce qui arrive ensuite au criminel est totalement incompréhensible et, surtout, pas le fait d’un humain…
Jacob Lev, récemment rétrogradé à la circulation car son chef n’est très certainement pas son premier fan, doit pourtant le laisser s’occuper d’un cas très particulier, dans une équipe fort spéciale. Une tête tranchée nette a été retrouvée près d’un tas de vomi, avec un mot écrit en hébreu signifiant : « Justice ». Jacob va donc aller jusqu’à Pague, entres autres, pour savoir à qui appartient cette tête, et aussi pour résoudre la vague de viols/crimes qui frappe un peu partout…
Un roman décidément inclassable ; l’on passe de l’enquête de Jacob Lev aux origines de la bible et du judaïsme – ces chapitres sont grisées – pour finalement aboutir à un lien, fantastique, tenu, mais néanmoins bien ficelé. J’ai apprécié ce roman vraiment étrange, qui m’a ouverte à la bible et au judaïsme, en alliant le plaisir d’un thriller certes un peu tarabiscoté.

14.5/20

« La septième fonction du langage » de Laurent Binet, paru chez Grasset en août 2015

Synopsis

« Le 25 février 1980, Roland Barthes est assassiné alors qu’il transportait un document sur la septième fonction du langage, une fonction qui permet de convaincre n’importe qui de n’importe quoi. Le commissaire Jacques Bayard et le sémiologue Simon Herzog enquêtent parmi la crème du milieu intellectuel français et découvrent l’existence d’une société secrète, le Logos Club. »

Premier roman de cet auteur que je lis, je me suis régalée. Ce professeur de français manie les mots à merveille, jongle avec l’ironie et le sarcasme pour le plus grand bonheur du lecteur.

Roland Barthes, le célèbre sémiologue, a découvert la septième fonction du langage, un document d’une importance capitale. Malheureusement, il se fait faucher par une camionnette au sortir d’un déjeuner avec Mitterand ; celui-ci s’apprête à mener campagne contre Giscard. Le commissaire Bayard est mis sur l’affaire, cependant il ne comprend que pouic à la langue des linguistes, tels que Foucault, Soller, BHL, Derrida, Umberto Eco… Un étudiant en sémiologie, Simon, va l’aider à les comprendre. Des Etats-Unis jusqu’en Italie, un périple fait de sociétés secrètes et d’assassins à leurs trousses, Bayard et Simon vont devoir élucider cette énigme et éviter que cette fonction ne tombe entre de mauvaises mains…

Où l’on plonge dans l’élite intellectuelle bobo, qui se gargarise de son intelligence, où tous font semblant de s’apprécier mais c’est à qui aura le dernier mot… Celle-ci est étroitement liée au milieu politique, et voilà Giscard et Mitterand qui se disputent le titre de président ; chacun a ses alliés, mais n’oublions pas les traîtres ! Simon se demande quelques fois s’il lui-même est un être de fiction, tant il échappe souvent, et de très peu à la mort ; mais quel est cet auteur qui lui fait subir autant d’épreuves ? Les joutes oratoires de ces maîtres de la langue française sont habilement menées et des fois, assez décousues. La perplexité de Bayard face à ces intellectuels qui coupent un cheveu en quatre pour pas grand chose est hilarante, et les portraits de ces derniers sont magnifiquement dressés.

Un excellent roman, tant sur le fond que dans les formes !

18/20

« La végétarienne » de Han Kang, paru en mai 2015 chez Le Serpent à Plumes

Synopsis

« La végétarienne est un triptyque. Autour de Yonghye, la femme qui veut devenir végétale, nous suivons son mari, petit cadre banal, puis le beau-frère de celui-ci, artiste vidéaste obsédé par la tache mongolique de Yonghye, et enfin la sœur de Yonghye, qui l’assiste dans ses derniers instants, et, d’une certaine façon, la dépasse.
Trois parties, trois personnages autour d’une seule qui elle-même s’efface inexorablement. « 

Je lis très peu de littérature asiatique, car les rares fois où je m’y suis essayé, j’ai été déçue. Mais j’ai eu un réel coup de coeur pour ce roman atypique, poétique, le genre de livre qui vous reste longtemps en tête après l’avoir lu… Han Kang est une écrivaine née en Corée du Sud en 1970, dont les trois romans ont déjà conquis de nombreux pays (USA, Angleterre, Japon, Espagne…), et dont deux ont été adaptés au cinéma dont « La végétarienne ». Il serait temps que son talent soit reconnu en France !

Yonghye mène une existence banale et paisible auprès de son mari Chong. Cette femme, d’ordinaire effacée et paisible, se réveille un matin, après avoir fait d’étranges rêves, très déterminée à ne plus manger de viande, et tout produit venant d’animaux. Si son mari et sa famille commencent à s’inquiéter, persuadés que ce régime végétalien est néfaste pour la jeune femme, cette dernière va non seulement continuer à le suivre, mais va également se déliter, aussi bien physiquement que psychiquement…

Trois personnes vont relater ce qui arrive à Yonghye : tout d’abord son mari, puis son beau-frère, Minho, et enfin sa soeur, Inhye, sans jamais comprendre ce qu’il se passe dans l’esprit de celle-ci. Elle semble puiser ses buts, sa nouvelle façon de vivre, dans d’étranges rêves. Impuissants, ils vont tour à tour tenter de la changer, d’en profiter et de l’aider. Mais Yonghye, toute frêle et chétive qu’elle soit, leur tient tête à tous et continue ce qui est pour elle sa destinée, guidée par ses rêves.

Le style simple, épurée, convient parfaitement au sujet, et à Yonghye, qui veut se fondre dans la nature, et devient de plus en plus éthérée, déconnectée de la réalité au fil du roman. Il est beaucoup question de corps, la façon de l’habiter, de s’en servir, de le percevoir ; ceci dit, l’on perçoit dans ce livre des questions politiques cruciales, et une réflexion sur le libéralisme exacerbé actuel.

Un roman étrange et envoûtant, qui se lit d’une traite, et qui trotte ensuite dans la tête…

17/20

« Une vie après l’autre » de Kate Atkinson, publié chez Grasset en janvier 2015

Synopsis

« 11 février 1910 : Ursula Todd naît et meurt aussitôt. 11 février 1910 : Ursula Todd naît et meurt, quelques minutes plus tard, le cordon ombilical enroulé autour du cou. 11 février 1910 : Ursula Todd naît le cordon ombilical menace de l’étouffer, mais cette fois le médecin est là pour le couper, et Ursula survit. Ursula naîtra et mourra de nombreuses fois encore ; à cinq ans, noyée ; à douze ans dans un accident domestique ; ou encore à vingt ans, dans un café de Munich, juste après avoir tiré sur Adolf Hitler et changé ainsi, peut-être, la face du monde…. Si l’on avait la possibilité de changer le cours de l’Histoire, souhaiterions-nous vraiment le faire ? »

J’ai lu quelques ouvrages de Kate Atkinson, et n’ai jamais été déçue. Son écriture est remarquable et son habileté à raconter des histoires m’ont toujours épatée. Je me rappelle notamment de « La souris bleue », que j’avais lu quasiment d’une traite. La quatrième de couverture de celui-ci étant grandement alléchante, je n’allais pas me priver !

Ici, on a affaire au fameux « effet papillon » ; que se passe-t-il si l’on change, ne serait-ce qu’une minuscule chose, dans le temps ? L’effet serait-il positif, négatif, neutre, quel ampleur pourrait-il prendre ? Un sujet que je trouve, pour ma part, absolument passionnant.

Ursula naît donc, après moult péripéties, en 1910, et n’est qu’une enfant lors de la première grande guerre – celle-ci ne l’affectera que peu et l’on suit ses (multiples, évidemment) parcours qui se cantonnent à sa famille et proches. Ursula ne maîtrise absolument pas son pouvoir, il lui arrive de remonter le temps sans le savoir, et apprend vite à ne rien divulguer de peur de passer pour une folle. Elle tente, réussit parfois, à changer les choses, avec toutes les conséquences qui s’ensuivent. L’écriture est excellente, et le fond historique ne gâche rien. Ursula va voir et vivre la Seconde guerre mondiale, de différentes façons comme à son habitude. Elle va également changer de caractère en fonction des événements qu’elle va vivre (viol, mari violent…), mais impossible de s’attacher à elle. Elle est trop froide, et l’autrice ne fait rien pour que nous ayons la moindre empathie pour elle. Peut-être est-ce voulu, mais quel intérêt de lire l’histoire d’un personnage qui ne nous touche pas ? D’autant qu’avec toutes les possibilités offertes à l’autrice par ce personnage que l’on peut tuer et ramener à la vie inlassablement, il y aurait matière à nous faire nous attacher à elle.

Si en apparence ce récit semble prenant et bon, je suis tout de même plus que mitigée à son égard. Il est agréable à lire certes sauf que… L’autrice prend un malin plaisir à mélanger les époques, à créer de multiples personnages sans que nous n’ayons une simple ligne de présentation, ou une date, ce qui fait qu’au final, le roman m’a semblé tout à fait décousu. Peut-être n’ai-je pas été suffisamment attentive, du fait de ma manie de lire dans le métro, mais très honnêtement, j’ai dû comprendre 70% de l’histoire. Ce que j’ai lu m’a plus, mais n’ayant pas réussi à mettre tous les bouts ensemble, le livre m’a fait l’effet d’un puzzle délivré sans mode d’emploi. Peut-être réessairai-je de le lire « dans de meilleures conditions » (pas de bruit, rien, concentration au maximum) mais pour l’instant je suis plutôt déçue…

11/20