« Révélée » de Renee Knight paru chez 10/18 en avril 2016

Synopsis

« Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé n’est certainement pas fortuite… Le livre a simplement été déposé dans sa boïte aux lettres. Sans cachet de la poste, sans aucun message. Depuis qu’elle l’a commencé, Catherine ne dort plus. C’est sa vie qu’elle lit, révélée sur le papier par un inconnu. Un certain E. J. Preston qui sait tout d’elle. Même son secret le mieux enfoui… « 

Premier roman de l’autrice, la quatrième de couverture m’a tentée dans ma librairie de quartier. Un thriller psychologique avec un bouquin qui dévoile les plus noirs secrets d’une quidam ? Tout ça me semble fort tentant ! Malheureusement, mes attentes auront été largement déçues…

 
Catherine s’aperçoit un jour qu’un livre qu’elle ne se rappelle pas avoir acheté ou emprunté est posé sur sa table de nuit. Curieuse, elle le lit, et découvre que l’héroïne partage de nombreux points communs avec elle, notamment un lourd secret qu’elle a gardé pour elle durant 20 ans. Son mari et son fils en reçoivent également un exemplaire, et l’étau se resserre autour de Catherine et de ce secret qu’elle ne veut absolument pas révéler… L’alternance du passé et du présent est bien rendu, ainsi que la narration alternée de deux personnages.

 
Mais bon sang, que c’est lent ! Que c’est redondant ! J’ai vraiment hésité à arrêter ma lecture, mais je me disais que, peut-être, le twist final serait l’apothéose de cette lecture poussive. Il y a bien un twist, mais rien de transcendant…

 
Un roman qui semblait prometteur mais qui m’a déçu et ennuyé.

7/20

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« Deux gouttes d’eau » de Jacques Expert, paru chez Le livre de poche en juin 2016

Synopsis

« Une jeune femme est retrouvée morte dans son appartement de Boulogne-Billancourt, massacrée à coups de hache. Elle s’appelle Élodie et son ami, Antoine Deloye, est identifié sur l’enregistrement d’une caméra de vidéosurveillance de la ville, sortant de chez elle, l’arme du crime à la main. Immédiatement placé en garde à vue, Antoine s’obstine à nier malgré les évidences. Il accuse son frère jumeau, Franck, d’avoir profité de leur ressemblance pour mettre au point une machination destinée à le perdre. Quand Franck Deloye arrive au commissariat central pour être entendu, le trouble est immense : il est impossible de différencier les deux hommes, qui se ressemblent, littéralement, comme deux gouttes d’eau… Le divisionnaire de la PJ en charge de l’enquête, Robert Laforge, un homme réputé pour sa compétence mais aussi son intransigeance et ses éclats incontrôlés, va devoir tirer au clair avec son équipe ce véritable casse-tête. Lequel des deux jumeaux ment, lequel est le bourreau, lequel la victime ? « 

 

N’ayant jamais lu de romans de Jacques Expert, c’est sans à priori que je lis ce roman à la quatrième de couverture alléchante, couronné par un prix des lecteurs.
Point de multiples suspects ou de chasse à l’homme, dès le début les policiers découvrent une vidéo compromettant le petit ami de la morte, Antoine Deloye. S’il ne s’agissait que de cela, ce roman fera quelques pages ; mais le fait est que le présumé meurtrier a un jumeau monozygote et qu’ils ont tous deux une maladie rare : ils n’ont aucune empreintes, qu’elles soient manuelles ou pédestrielles. Ayant le même ADN, et un passif compliqué – les jumeaux prenant un main plaisir à se faire passer l’un pour l’autre, que ce soit pour s’accuser mutuellement, ou se protéger. En bref, un vrai sac de noeuds qui met les nerfs du divisionnaire Laforgue à rude épreuve.
Le choix de narration est intéressant : nous alternons chapitres présents avec ceux de l’enfance des jumeaux. Ceci dit, je n’ai pas apprécié l’écriture, trop cavalière à mon sens. La fin m’a également laissé un goût amer…
Un roman sympathique, qui passe le temps, mais certes pas le polar de l’année.

13/20

« Tout plutôt qu’être moi » de Ned Vizzini, paru aux éditions « La belle Colère » en janvier 2016

Synopsis

« Comme beaucoup d’adolescents, Craig est bien décidé à réussir sa vie. Il intègre l’une des plus prestigieuses prépas de New York, de celles qui font de vous un homme et assurent votre avenir. Seulement, au bout d’un an, il ne mange plus, ne dort plus, n’arrive plus à se lever, pense sans arrêt à ses devoirs, ses exams et à la jolie copine de son meilleur ami. Pour faire front à tout ça, il ne trouve d’autre solution que de fumer de l’herbe en glandant pendant des heures. Craig est pris dans une spirale d’anxiété, d’inquiétudes, de peurs qui l’acculent et le paralysent. Comment en est-il arrivé là ? Comment est on poussé au point où la pression se fait tellement forte et nous, si faibles que la seule solution qui s’offre à nous, c’est d’en finir ? « 

Il y a des éditions, comme La Belle Colère, dont on sait que les romans ne nous décevrons pas. Ainsi, quand j’ai vu ce livre trôner sur la table des nouveautés de ma bibliothèque, ni une, ni deux, je l’ai pris rapidement avant qu’une autre personne ne me devance ! Il faut savoir que cette maison d’édition est spécialisée dans les romans d’initiation consacrés aux adolescents. Point de mièvrerie, mais la réalité, dans tout ce qu’elle a de belle comme de cruelle.
Craig a quinze ans et des rêves plein la tête : faire des études prestigieuses, obtenir un bon travail, sortir avec la fille de ses rêves. Mais une fois accepté dans une école très sélective, il commence à se noyer devant les exigences demandées. Sans compter qu’il désire la petite amie de son meilleur ami. Petit à petit, il sombre dans la dépression ; il se fera interner dans un hôpital psychiatrique une fois le fond touché.
L’auteur, précoce vu qu’il a commencé à écrire dans la presse dès l’âge de 15 ans, était lui aussi dépressif, mais n’a pas pu la surmonter ; il s’est suicidé à l’âge de 32 ans. Ce qui explique très certainement sa capacité à retranscrire les émotions de Craig avec tant de justesse. Evitant l’écueil du pathos, Ned Vizzini nous livre ici un roman touchant, juste, qui prend aux tripes.

16/20