« Quelque part avant l’enfer » de Niko Tackian, paru chez Scrinéo en mars 2015

Synopsis

« Anna R. est une survivante. L’espace d’une seconde, lorsqu’une tonne d’acier a fracassé l’habitacle de sa voiture, elle a vécu une expérience de mort imminente. De retour parmi les vivants, Anna n’aura de cesse d’essayer de comprendre ce qui lui est arrivé. Qui était cet homme baigné de lumière noire qui la menaçait jusqu’aux portes de la mort ? Pourquoi n’a-t-elle pas, comme les autres « expérienceurs », la conviction de pouvoir vivre une vie meilleure ?
Parfois, il faut peut-être mieux ne pas revenir… »

Premier roman d’un homme également réalisateur et dessinateur, le roman tourne autour du sujet de l’expérience de mort imminente ; quand une personne frôle la mort, et se retrouve dans une espèce d’entre-deux. Selon le sujet, l’expérience est majoritairement positive : dans un halo de lumière blanche, il peut revoir ses proches décédés et retrouver le but de sa vie. Malheureusement, dans le cas d’Anna, ce fut très angoissant : un homme la menace de la tuer, et ses rêves sont peuplés de cadavres existants…

Anna contacte un médecin spécialisé dans les EMI, le professeur Roody, afin d’élucider ce qui lui arrive. Elle est poursuivie par le meurtrier, autant dans ses songes que dans sa vie : elle retrouve son propre fils, le dos couvert d’hématomes, sans que ce dernier ne veuille dire qui lui a infligé ça… Elle décide donc que son salut dépendra de sa capacité à résoudre cette énigme, à retrouver cet homme mystérieux et à l’arrêter. L’inspecteur Zed, chargé de l’affaire de ces meurtres de prostituées énuclées, va s’associer à elle.

L’écriture est fluide, efficace ; l’on cherche avec Anna, on se perd… Tackian maîtrise son sujet, l’histoire est savamment construite, à la limite du surnaturel – l’on sent que l’auteur s’est renseigné sur ce phénomène et nous livre un thriller haletant, que j’ai lu d’une traite. L’on suspecte un peu tout le monde tour à tour, avant de réaliser la vérité et de tomber de haut. Une réflexion sur la mort, sur le sens de la vie, voilà un premier roman réussi !

16/20

« ça peut pas rater » de Gilles Legardinier, paru chez Pocket en mars 2016

Synopsis

« – J’en ai ras le bol des mecs. Vous me gonflez ! J’en ai plus qu’assez de vos sales coups ! C’est votre tour de souffrir !
Marie pensait avoir trouvé l’homme de sa vie, jusqu’à ce que son couple implose de façon brutale et scandaleuse.
Anéantie, elle prend une décision sur laquelle elle jure de ne jamais revenir : ne plus faire confiance aux mâles et surtout, ne plus rien leur passer.
Ni dans sa vie privée, ni au travail. On remet les compteurs à zéro. On renverse la vapeur. La gentille Marie est morte, noyée de chagrin. À présent, c’est la méchante Marie qui est aux commandes.
Marie est remontée comme un coucou. Marie ne croit plus à l’amour, ce mirage source de tous les malheurs des femmes.
Mais voilà, Marie a du cœur, une famille, des amies aussi tordues qu’elle et une soif de vivre qui n’a pas fini de la précipiter dans des plans impossibles. Et si, au-delà de ses illusions perdues, il était temps pour elle de découvrir tout ce qui vaut vraiment la peine d’être vécu ? »

Marie, après de nombreuses et loyales années passées avec Hugues, se fait quitter pour une femme plus jeune qu’elle et plus glamour. Elle décide donc qu’elle ne se fera plus avoir par les hommes, ces êtres cruels et incompréhensibles… Sa vengeance sera terrible !
La base de l’histoire en elle-même est déjà un poncif éculé, mais l’on aurait pu penser qu’un peu d’originalité aurait pu se dégager du synopsis vu et revu. Hélas, non ! Les clichés sur les hommes (tous pareils : renfermés, superficiels, cruels) et les femmes (but ultime de leur vie : trouver un homme bien à qui mitonner de bon petits plats, ainsi que la parfaite paire de chaussures) parsèment (et agacent fortement) ce roman. Les ressorts « comiques » de cette ouvrage reposent donc essentiellement sur le thème « les hommes viennent de mars, les femmes viennent de vénus ».
Si je n’adhère déjà pas à l’idée que « les hommes/les femmes sont tous les mêmes », alors là j’ai eu ma dose… Sans oublier que dès les trente premières pages l’on sait déjà comment l’histoire va finir : (attention spoil…) Marie va finir heureuse et comblée au bras de son collègue de travail qu’elle n’avait jamais remarqué, Hugues seul et malheureux, et en prime, Marie va sauver les salariés de sa boîte menacés par un méchant patron et son bras droit. Car, comme elle le dit elle-même : « je suis faite pour aimer, pas pour combattre ». Ben oui, les femmes sont douces et gentilles tout de même, même lorsqu’elles sont en colère. Et j’ai trouvé l’héroïne prodigieusement irritante… Si elle est censée représenter la gente féminine, alors je ne suis pas une femme – ni un hommes, ces derniers n’étant pas épargnés par les stéréotypes, mais divisés en deux catégories : les salauds et les princes charmants (oui, comme dans un conte de fées).
Je ne sais pas si c’est la vision des rapports hommes/femmes de Mr Legardinier, ou juste un procédé qu’il utilise pour faire des « blagues » faciles (et mille fois lues et entendues), mais dans les deux cas, j’ai été écoeurée de tous ces clichés, et de cette mièvrerie rose bonbon… De cet auteur, je me souviens avoir apprécié son premier roman, « L’exil des anges« , et je pense que je vais en rester là, ses autres romans semblent être taillés sur le même modèle.

4/20

« Trembler te va si bien » de Risa Wataya, paru aux éditions Philippe Picquier en septembre 2013

Synopsis

« Etô Yoshika, vingt-six ans. Nationalité japonaise, groupe sanguin B, employée à K.K. Maruei, facilement acnéique. Copain zéro, économies zéro. Loyer mensuel : 75 000 yens. Ce que je déteste : les glandeurs. Ce que j’aime : le ragoût de bœuf. Ma passion du moment : chercher sur Wikipédia les espèces animales éteintes. »

Je lis très peu de romans asiatiques, mais celui, posé en évidence sur une table dans une bibliothèque, m’a intriguée. J’ai eu envie de lire l’histoire d’Etô, une jeune japonaise de 26 ans, perdue dans ses errances amoureuses, entre l’homme qu’elle convoite depuis le collège, Ichi, et celui qui lui fait la cour, son collègue Ni.

Etô nous raconte sa vie et ses pensées, et nous découvrons d’autres moeurs, très éloignées des nôtres, même si, au fond, cette jeune fille pourrait être n’importe quelle française. Mais Etô se heurte au pragmatisme de sa mère et de la société, elle qui voudrait écrire sa vie comme un roman.

Dans un style limpide, nous plongeons dans le monde d’Etô, entre fantasmes et réalité. Un roman court, qui m’a un peu laissé sur ma faim, mais doux, rêveur, tout comme son héroïne.

Un livre excellent pour se lancer dans la littérature japonaise, qui m’a d’ailleurs donné envie d’en lire d’autres.

15/20