« Six ans déjà », paru chez Pocket en mars 2015

Synopsis

« Impuissant, Jake assiste au mariage de Nathalie, la femme qu’il aime. Leur histoire est bien finie, et elle lui fait promettre de ne plus jamais le contacter. Ni d’essayer de le revoir.
Jake tiendra parole, pendant six ans. Jusqu’à ce qu’il tombe sur la notice nécrologique de Tood Sanderson, le mari de Nathalie. »

J’étais fâchée avec Harlan Coben depuis environ 8 ans. En effet, quand il a commencé à avoir du succès, j’ai lu deux de ses bouquins, dont je ne me rappelle absolument pas les titres mais me souviens très bien de l’agent sportif Myron Bolitar, que j’avais trouvé proprement insupportable. De plus, je n’avais pas du tout accroché à son best seller « Ne le dis à personne » ; en bref, j’avais définitivement fais une croix sur cet auteur que j’avais classé parmi les « auteurs médiocres ».

L’autre jour, un DRAME (oui, oui, pour moi, c’en est un) s’abat sur moi : je suis à la gare, ai oublié mon livre, et suis sur le point d’embarquer dans un trajet en train de deux heures. Je n’ai d’autres choix que d’aller au Relais, et, entre les livres déjà lus, ceux qui ne me disent absolument rien, je décide de redonner une chance à Mr Coben en choissisant ce bouquin, la quatrième de couverture étant bien alléchante.

Bien m’en a pris : l’intrigue est prenante, le principal protagoniste est tout autant paumé que nous le sommes, et nous allons de rebondissements en rebondissements. Pas de temps mort, ce roman se lit d’une traite et facilement. Parfait pour faire passer le temps dans le train. Ceci ci, je sens que je vais également oublier rapidement cet ouvrage ; un petit plaisir fugace, mais très certainement pas une oeuvre majeure, ni même juste un roman marquant.

14/20

« Zaï zaï zaï zaï » de Fabcaro, paru aux éditions 6 pieds sous terre en mai 20154

Synopsis

« Pour n’avoir pu présenter sa carte de fidélité au supermarché, un auteur de bandes dessinées est confronté à un vigile avec qui il a une altercation. Il parvient à s’enfuir et sa traque par la police provoque une réaction en chaîne: les médias s’emballent, la société se divise. »

– Sélection Prix SNCF du Polar –

Je lis assez peu de bandes dessinées, car préférant les gros pavés sans dessin afin que je puisse utiliser mon imagination pour visualiser les personnages et les situations. Mais là, je suis absolument conquise : cette BD est un petit bijou d’humour absurde et totalement burlesque. J’ai ris à chaque page tant l’histoire est à la fois capillotractée et ancrée dans la réalité dans laquelle nous vivons.

Le héros, Fabrice, illustrateur de BD, se présente donc au supermarché mais, ayant changé de pantalon, sa carte de fidélité est restée dans un autre. Il a beau se défendre, dire qu’il l’a juste oublié, son pantalon était sale, il fallait qu’il en change, un peu de compréhension ! Rien n’y fait ; le responsable du magasin reste intraitable et menace d’appeler la police pour ce crime. Fabrice décide de s’enfuir à toutes jambes, et cette affaire prend une ampleur considérable et alimente les conversations, ceux qui soutiennent Fabrice, et ceux qui veulent le clouer au piloris.

Toutes les situations, de base concrètes, virent à l’absurde le plus jubilatoire. Il y a également une critique de la société, des médias et des politiciens, que l’auteur croque et se moque avec un cynisme jouissif. Il se paie même le luxe de se payer la tête des auteurs de BD ; le final est à la hauteur du reste de la BD, une loufoquerie hilarante.

17/20

« Je sais où tu es » de Claire Kendal, paru chez Albin Michel en février 2016

Synopsis

« Rafe poursuit de manière obsessionnelle Clarissa. Seule chance de sortir de son emprise : participer à un procès au tribunal de Bristol en tant que jurée. Elle y fait la rencontre d’un autre juré, ce qui rend Rafe fou de jalousie. En voulant le piéger, elle se met en danger. Premier roman. »

Cette autrice, inconnue jusqu’alors, signe un premier roman qui augure un futur littéraire prometteur.

Le personnage principal, une femme travaillant dans une université, est harcelée par l’un des professeurs de l’établissement depuis que son ex compagnon est parti. Rafe, un homme instable et dangereux, est persuadé que depuis la nuit qu’il a passé avec Clarissa, ils sont engagés dans une relation amoureuse. De fait, il la suit, l’épie, fouille sa maison, sa vie, et se comporte avec elle comme si ils étaient en couple. Mais pendant sept semaines, Clarissa sera jurée dans une affaire pour viol ; c’est là qu’elle rencontrera Robert, ce qui attirera les foudres de Rafe, et qu’elle puisera le courage nécessaire afin de mettre fin aux agissements de ce dernier, qui se révèle de plus en plus menaçant.

Le récit alterne entre le point de vue de Clarissa, dont l’angoisse est palpable, et celui de l’autrice. On notera déjà la justesse psychologique des différents personnages, notamment celui de Clarissa, à la fois apeurée et bien décidée à mettre Rafe hors d’état de nuire. La folie de ce dernier, imperceptible aux yeux de tous les autres grâce à son art de la manipulation, effrayante car crédible. On suit les errements de Clarissa, qui font écho à ceux de la victime du procès ; en effet, c’est une prostituée accro aux drogues, faits que les avocats vont utiliser afin de discréditer ses accusations. Clarissa, s’identifiant à la jeune femme, a à la fois peur de subir les mêmes accusations qu’elle, mais cela va également la décider à agir pour de bon, avec l’appui de Robert.

Un roman oppressant qui ravira tous les amateurs du genre.

16/20

 

« Black-out » de John Lawton, paru chez 10-18 en avril 2015

Synopsis

« Londres, 1944. La Luftwaffe donne son assaut final sur la capitale déjà exsangue et les Londoniens se précipitent dans les abris souterrains.
Au milieu du chaos, un bras coupé est exhumé par un groupe d’enfants jouant sur un site bombardé de l’East End.
Le sergent détective Frederick Troy, de Scotland Yard, parvient à relier cette découverte à la disparition d’un scientifique de l’Allemagne nazie.
Il met au jour une chaîne de secrets menant tout droit au haut commandement des Alliés, et pénètre les mystères d’un monde corrompu, peuplé de réfugiés apatrides et d’agents secrets. »

– Prix SNCF du polar –
En 1944, Londres est ravagée par la seconde guerre mondiale, et les enfants jouent dans des gravas. L’un d’eux trouve un bras arraché ; le lieutenant Troy va se retrouver en charge de l’affaire. Il s’avère que ce n’est pas un soldat tué au combat, mais celui d’un savant allemand qui participait à une découverte majeure…
Je n’ai personnellement pas accroché à ce roman brouillon, confus, avec de nombreux personnages si insipides que l’on ne les distingue même plus les uns des autres. Des longueurs interminables, peu d’action, bref j’ai eu du mal à aller jusqu’au rebondissement final…
Point positif : la reconstitution historique est fidèle, ceci dit, autant (re)lire « Au revoir là haut » ou « Les bienveillantes »…

7/20