« La septième fonction du langage » de Laurent Binet, paru chez Grasset en août 2015

Synopsis

« Le 25 février 1980, Roland Barthes est assassiné alors qu’il transportait un document sur la septième fonction du langage, une fonction qui permet de convaincre n’importe qui de n’importe quoi. Le commissaire Jacques Bayard et le sémiologue Simon Herzog enquêtent parmi la crème du milieu intellectuel français et découvrent l’existence d’une société secrète, le Logos Club. »

Premier roman de cet auteur que je lis, je me suis régalée. Ce professeur de français manie les mots à merveille, jongle avec l’ironie et le sarcasme pour le plus grand bonheur du lecteur.

Roland Barthes, le célèbre sémiologue, a découvert la septième fonction du langage, un document d’une importance capitale. Malheureusement, il se fait faucher par une camionnette au sortir d’un déjeuner avec Mitterand ; celui-ci s’apprête à mener campagne contre Giscard. Le commissaire Bayard est mis sur l’affaire, cependant il ne comprend que pouic à la langue des linguistes, tels que Foucault, Soller, BHL, Derrida, Umberto Eco… Un étudiant en sémiologie, Simon, va l’aider à les comprendre. Des Etats-Unis jusqu’en Italie, un périple fait de sociétés secrètes et d’assassins à leurs trousses, Bayard et Simon vont devoir élucider cette énigme et éviter que cette fonction ne tombe entre de mauvaises mains…

Où l’on plonge dans l’élite intellectuelle bobo, qui se gargarise de son intelligence, où tous font semblant de s’apprécier mais c’est à qui aura le dernier mot… Celle-ci est étroitement liée au milieu politique, et voilà Giscard et Mitterand qui se disputent le titre de président ; chacun a ses alliés, mais n’oublions pas les traîtres ! Simon se demande quelques fois s’il lui-même est un être de fiction, tant il échappe souvent, et de très peu à la mort ; mais quel est cet auteur qui lui fait subir autant d’épreuves ? Les joutes oratoires de ces maîtres de la langue française sont habilement menées et des fois, assez décousues. La perplexité de Bayard face à ces intellectuels qui coupent un cheveu en quatre pour pas grand chose est hilarante, et les portraits de ces derniers sont magnifiquement dressés.

Un excellent roman, tant sur le fond que dans les formes !

18/20