« Le maître des insectes » de Stuart Prebble, paru chez Denöel en mars 2015

Synopsis

« Londres, années 1960. Quand Jonathan Maguire émerge d’un mauvais sommeil sur le sol du salon, il a les mains couvertes de sang et le corps de sa femme Harriet gît à ses côtés. Seule lui revient à l’esprit une violente dispute avec cette dernière, qu’il soupçonnait d’infidélité.
Jonathan est le tuteur de son grand frère Roger, dont le handicap mental l’empêche d’être autonome et qui consacre tout son temps libre à un étrange et spectaculaire élevage d’insectes.
Anéanti par la mort de sa jeune épouse, Jonathan est néanmoins déterminé à échapper à la police, terrifié à l’idée que s’il était arrêté pour meurtre, Roger serait placé dans une institution. Jonathan a sacrifié trop de choses, y compris son mariage, pour accepter cette éventualité.
Lui seul peut protéger Roger, à la fois incapable d’exprimer sa pensée et terriblement lucide quand il s’occupe de ses milliers de créatures grouillantes. »

C’est le premier roman de Stuart Prebble, producteur britannique, et très franchement je pense que c’est l’un, voire le, meilleur thriller que j’ai lu cette année. Déjà, la narration est excellente, l’écriture limpide, et rendent ce roman vraiment très agréable à lire. L’auteur a pris le parti de nous raconter l’histoire dès le début, c’est à dire dès l’enfance des deux principaux protagonistes, Jonathan et son frère déficient mental, Roger. Où l’on découvre que, dès le début, un lien très fort unit les deux frères ; c’est Jonathan le narrateur, et malgré sa promiscuité avec Roger, il ne le comprend pas toujours. Roger est d’un soutien sans faille pour son frère, il le défend dès qu’il en a l’occasion. S’il ne comprend pas toujours ce qu’il se passe autour de lui, il se montre très protecteur envers Jonathan. Celui-ci lui rend la pareille en s’occupant de lui.

Au lycée, Jonathan rencontre Harriet, une jeune fille plus que charmante, charismatique, qui attire tous les regards. Il s’éprend immédiatement d’elle, et le sentiment est réciproque ; ils vont étudier dans la même faculté. Roger est placé dans un hôpital de jour par ses parents qui ont du mal à le gérer. C’est un peu avant cela qu’il installe un insectarium, dont il s’occupe dès qu’il a du temps libre ; et s’il a des déficiences intellectuels, il gère fort bien ses divers élevages, et connaît sur le bout des doigts tout ce qu’il y a à savoir sur les insectes et leurs façons de vivre.

Puis vient le drame : les parents des deux frères meurent dans un incendie, et Jonathan décide de quitter l’université pour s’occuper de Roger. Il se trouve un emploi à la bibliothèque, tandis que Roger continue sa routine, entre l’hôpital et son insectarium adoré. Il est convenu qu’Harriet continue ses études de musique, et elle épouse Jonathan. Les deux jeunes gens sont toujours autant épris l’un de l’autre, même si l’éloignement est difficile à vivre, et qu’arrive la dispute sur l’infidélité d’Harriet qui aboutira sur son meurtre… Jonathan se réveille, une bouteille cassée pleine de sang à la main, sans aucun souvenir de ce qui a pu se passer. Mais il faut maintenant échapper à la police pour qu’il puisse continuer à s’occuper de Roger.

Comme je l’avais déjà souligné, le procédé narratif, sous forme de témoignage, convient parfaitement à cette histoire, une histoire qui met surtout en avant l’amour des deux frères l’un pour l’autre. L’auteur parvient parfaitement à maintenir le suspense, et l’on attache aux personnages, on s’identifie à Jonathan qui, malgré ses malheurs, continue à tout faire pour Roger. Si ce roman n’est pas à proprement parler un thriller gore et/ou sanguinolent, la psychologie des personnages est à l’honneur, faisant de ce roman noir une excellente lecture.

18/20

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