« Surtout ne mens pas » d’Elena Sender, paru chez Xo éditions en septembre 2015

Synopsis

« Elle est une violoncelliste virtuose. Il est un chercheur islandais de renom, spécialisé dans l’étude du cerveau. Laura et Erik vivent à Paris. Un couple uni, passionné, admiré.
Jusqu’à cette fête, pour les quarante ans d’Erik. Il est retrouvé inconscient, pendu à un fil barbelé. Suicide ? Tentative de meurtre ? Tout réussissait à Erik qui venait d’isoler une molécule révolutionnaire agissant sur le cerveau.
Pour Laura, le monde s’écroule. Quelles recherches menait précisément Erik ? Elle découvre qu’il avait d’étranges fréquentations. On la poursuit, on la traque dans les rues de Paris. Sa vie est en danger. Autour d’elle, des hommes sont abattus. Dans sa quête de vérité, elle se retrouve plongée dans un monde de terreur.
Avant de sombrer dans le coma, Erik avait laissé un texto à Laura :
« Plus possible de vivre dans le mensonge… « 

Laura et Erik forment un couple uni, heureux, accompli. Laura est une musicienne renommée, et Erick un chercheur spécialisé dans l’étude du cerveau. Lorsqu’il est retrouvé pendu lors de sa fête d’anniversaire, personne ne comprend, Laura la dernière, qui pensait connaître son mari par coeur. Celle-ci va être embarquée malgré elle dans une aventure dangereuse, où elle rencontrera des « body hackers », ces personnes qui cherchent à modifier leur corps en le fusionnant avec les nouvelles technologies, pour le rendre plus performant… En effet, Erik avait découvert une molécule qui pouvait améliorer les capacités mentales et physiques, et nombreuses sont les personnes à vouloir la récupérer…

C’est le premier roman d’Elena Sender, journaliste spécialisée dans les neurosciences écrivant dans le magazine « Sciences et avenir » que je lis, et c’est une bonne surprise. J’apprécie beaucoup les thrillers mêlant les sciences au suspense, comme le fait Thilliez, et Sender nous a concocté là un thriller réaliste et surtout, incroyablement happant. C’est quasiment d’une traite que j’ai lu ce roman, aux chapitres courts, un très bon page turner qui nous tient en haleine et nous surprend jusqu’à la dernière page. J’aurais peut-être un bémol à formuler concernant l’écriture, parfois un peu maladroite, et quelques scènes de sexe inutiles qui m’ont fait penser à un livre Harlequin. Sinon, rien à redire, Sender maîtrise son sujet, les rebondissement nous tiennent en haleine de bout en bout, une autrice à suivre !

17/20

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« Le maître des insectes » de Stuart Prebble, paru chez Denöel en mars 2015

Synopsis

« Londres, années 1960. Quand Jonathan Maguire émerge d’un mauvais sommeil sur le sol du salon, il a les mains couvertes de sang et le corps de sa femme Harriet gît à ses côtés. Seule lui revient à l’esprit une violente dispute avec cette dernière, qu’il soupçonnait d’infidélité.
Jonathan est le tuteur de son grand frère Roger, dont le handicap mental l’empêche d’être autonome et qui consacre tout son temps libre à un étrange et spectaculaire élevage d’insectes.
Anéanti par la mort de sa jeune épouse, Jonathan est néanmoins déterminé à échapper à la police, terrifié à l’idée que s’il était arrêté pour meurtre, Roger serait placé dans une institution. Jonathan a sacrifié trop de choses, y compris son mariage, pour accepter cette éventualité.
Lui seul peut protéger Roger, à la fois incapable d’exprimer sa pensée et terriblement lucide quand il s’occupe de ses milliers de créatures grouillantes. »

C’est le premier roman de Stuart Prebble, producteur britannique, et très franchement je pense que c’est l’un, voire le, meilleur thriller que j’ai lu cette année. Déjà, la narration est excellente, l’écriture limpide, et rendent ce roman vraiment très agréable à lire. L’auteur a pris le parti de nous raconter l’histoire dès le début, c’est à dire dès l’enfance des deux principaux protagonistes, Jonathan et son frère déficient mental, Roger. Où l’on découvre que, dès le début, un lien très fort unit les deux frères ; c’est Jonathan le narrateur, et malgré sa promiscuité avec Roger, il ne le comprend pas toujours. Roger est d’un soutien sans faille pour son frère, il le défend dès qu’il en a l’occasion. S’il ne comprend pas toujours ce qu’il se passe autour de lui, il se montre très protecteur envers Jonathan. Celui-ci lui rend la pareille en s’occupant de lui.

Au lycée, Jonathan rencontre Harriet, une jeune fille plus que charmante, charismatique, qui attire tous les regards. Il s’éprend immédiatement d’elle, et le sentiment est réciproque ; ils vont étudier dans la même faculté. Roger est placé dans un hôpital de jour par ses parents qui ont du mal à le gérer. C’est un peu avant cela qu’il installe un insectarium, dont il s’occupe dès qu’il a du temps libre ; et s’il a des déficiences intellectuels, il gère fort bien ses divers élevages, et connaît sur le bout des doigts tout ce qu’il y a à savoir sur les insectes et leurs façons de vivre.

Puis vient le drame : les parents des deux frères meurent dans un incendie, et Jonathan décide de quitter l’université pour s’occuper de Roger. Il se trouve un emploi à la bibliothèque, tandis que Roger continue sa routine, entre l’hôpital et son insectarium adoré. Il est convenu qu’Harriet continue ses études de musique, et elle épouse Jonathan. Les deux jeunes gens sont toujours autant épris l’un de l’autre, même si l’éloignement est difficile à vivre, et qu’arrive la dispute sur l’infidélité d’Harriet qui aboutira sur son meurtre… Jonathan se réveille, une bouteille cassée pleine de sang à la main, sans aucun souvenir de ce qui a pu se passer. Mais il faut maintenant échapper à la police pour qu’il puisse continuer à s’occuper de Roger.

Comme je l’avais déjà souligné, le procédé narratif, sous forme de témoignage, convient parfaitement à cette histoire, une histoire qui met surtout en avant l’amour des deux frères l’un pour l’autre. L’auteur parvient parfaitement à maintenir le suspense, et l’on attache aux personnages, on s’identifie à Jonathan qui, malgré ses malheurs, continue à tout faire pour Roger. Si ce roman n’est pas à proprement parler un thriller gore et/ou sanguinolent, la psychologie des personnages est à l’honneur, faisant de ce roman noir une excellente lecture.

18/20

« Le pacte » de Lars Kepler, paru chez Babel Noir en janvier 2014

Synopsis

« Une jeune femme est retrouvée morte à bord d un bateau dérivant dans l’archipel de Stockholm. Ses poumons sont remplis d’eau de mer, pourtant il n y a pas une seule goutte d’eau sur ses vêtements. La soeur de la victime, une célèbre militante pour la paix, est quant à elle poursuivie par un tueur implacable. Le même jour, un corps est découvert pendu à une corde à linge dans un appartement à Stockholm. Il s’agit de Carl Palmcrona, le directeur général de l’Inspection pour les produits stratégiques, l’homme chargé de valider les contrats d armement de la Suède. Tout semble indiquer un meurtre car la pièce est vide et rien n’a pu lui permettre de grimper jusqu’au noeud coulant qui l’a étranglé.Pourtant l’inspecteur Joona Linna est persuadé qu’il s’agit d’un suicide… En menant de front ces deux enquêtes, Joona Linna ignore qu’il entre de plain-pied dans un univers trouble fait de commissions secrètes, d’ ententes tacites et de pactes diaboliques. Un univers où les desseins machiavéliques le disputent aux pires cauchemars. Un univers où les contrats ne peuvent être rompus, même par la mort. »

Premier roman de ce couple d’auteurs suédois que je lis, je n’ai pas été déçue. Par contre, au début, il faut s’accrocher ; le livre est dense, les intrigues et les personnages se multiplient. Foisonnant, mêlant politique et trafic d’armes. j’y ai vu une lointaine ressemblance avec la trilogie de Stieg Larsson.

Pénélope Fernandez et son petit ami, Björn, décident de faire une balade en mer ; mais Viola, la petite soeur de Pénélope, s’invite à la dernière minute. Le couple décide d’aller se promener tandis que Viola reste sur le bateau. En revenant, les deux jeunes gens retrouvent le cadavre de Viola, et se mettent à courir, fuir, Pénélope ayant aperçu un homme en noir particulièrement dangereux.

Pendant ce temps-là, l’on retrouve le corps pendu de Carl Palmcrona, directeur général de l’Inspection pour les produits stratégiques. Meurtre ou suicide ? L’inspecteur Joona Linna ne comprend pas. De prime abord, il pense à un meurtre, vu la position qu’occupait le défunt, mais les preuves indiquent un suicide. Après avoir découvert le corps de Viola, qui ressemble énormément à sa soeur, Joona comprend que la personne visée est Pénélope, une militante pour la paix. Et Carl Palmcrona, un homme qui a signé de nombreux papiers pour envoyer des armes dans des pays en guerre… Qui pourrait en vouloir à ces deux personnes aux opinions et aux actions diamétralement opposées ?

Les cinquante premières pages passées, où l’on se mélange les pinceaux avec le nombre de personnages – d’autant qu’ils portent des noms suédois ! – ce livre devient terriblement happant. Qui sont les « méchants », et surtout, comment agissent-ils ? Rapides, malins, ils ratent rarement leur cible. Ils donneront du fil à retordre à Joona et à son équipe. Démêler une affaire de cette envergure n’est pas chose aisée.

Les auteurs relatent une histoire prenante, malheureusement très actuelle et réaliste, avec brio. Ce livre est le second tome d’une trilogie, il aurait fallu que je commence par « L’hypnotiseur » ! Mais ce n’est que partie remise tant j’ai apprécié ce thriller, brillamment construit et écrit.

17/20

« Ne les crois pas » de Sebastian Fitzek, paru chez Le livre de poche en mai 2011

Synopsis

« Ils te diront que le suis morte ! Yann May, célèbre psychologue berlinois, est au téléphone avec Leoni, sa fiancée. La liaison est mauvaise, hachée. Toutefois, il l’entend dire: « Ne les crois pas. Quoi qu’ils te disent, ne les crois pas…  » Alors qu’il est encore en ligne, un policier sonne et lui annonce la mort accidentelle de Leoni, une heure plus tôt… Quoi qu’ils te disent… Huit mois ont passé. Ira Samin, une psychologue de la police, a décidé d’en finir. Mais, alors qu’elle s’apprête à passer à l’acte, un de ses collègues vient la chercher pour l’emmener dans une station de radio. Un forcené s’est retranché dans un studio et menace d’abattre un à un ses otages. … Ira est chargée de mener les négociations. Bien vite, elle comprend que Yann a tenté ce coup de poker pour retrouver Leoni, qu’il refuse de croire morte. Et il est vrai que certains de ses arguments sont troublants… »

Yann May, ancien psychologue, a tout perdu suite à l’accident de sa compagne : sa licence, la femme de sa vie, et leur bébé à naître. mais de nombreuses incohérences, notamment le coup de téléphone passé par Léoni juste après l’accident, lui font penser que tout ceci est un coup monté. Après avoir été rejeté par la police, le gouvernement, il décide de jouer le tout pour le tout en prenant en otage une station de radio. Ira va vite se rendre compte qu’il est fort possible que Yann ait raison, et va être embarquée malgré elle dans une aventure fort dangereuse…

Cela ne fait que deux mois que j’ai découvert cet auteur allemand, et j’ai déjà lu quasiment tous ses livres ; il est vrai qu’ils sont particulièrement addictifs. Fitzek manie à la perfection l’aspect psychologique de ses personnages et les très nombreux rebondissements qui jalonnent ses romans. Ses chapitres, courts, nous tiennent en haleine, les retournements de situations nous déstabilisent et nous « forçent » à ne pas lâcher ce livre : un très bon page turner. Certains diront que ses intrigues sont tirées par les cheveux, mais c’est ce qui fait le charme de ces romans sans temps mort, qui nous tiennent en haleine jusqu’au bout.

16/20

« Le théorème du homard » de Graeme Simsion, paru chez Pocket en avril 2015

Synopsis

« Peut-on trouver une épouse sur mesure? Le professeur de génétique Don Tillman, génie des sciences mais absolument inapte à vivre en société, en est persuadé. Pour mener à bien son  » projet épouse », il met au point un questionnaire extrêmement détaillé lui permettant d’éliminer toutes les candidates qui ne répondraient pas à ses exigences. Et celles-ci sont nombreuses, car pour Don: la femme idéale ne doit pas: fumer et boire, être végétarienne et aimer la glace à l’abricot, se lever après 6 heures. Mais elle doit faire du sport, être ponctuelle, accepter le système de repas normalisé qui prévoit homard au dîner le mardi.
S’il y a bien une personne qui ne remplit aucun des critères établis, c’est Rosie Jarman, étudiante le jour et barmaid la nuit, dont la vie est aussi désordonnée que celle de Don est méthodiquement organisée… »

Don est une homme de quarante ans parfaitement organisé ; hors de question pour lui de perdre son temps en futilités. Toutes ses journées sont prévues à la minute près, il planifie ses repas une semaine à l’avance, et toute surprise ou changement de programme le pertube. De ce fait, il a du mal avec ses congénères, désorganisés et surprenants ; d’autant plus qu’il ne comprend pas leurs coutumes et moeurs. Très intelligent, doté d’une mémoire incroyable, il tente de se conformer aux coutumes humaines aussi bien qu’il le peut. A son âge, il estime qu’il est grand temps de se mettre en couple, et, pour cela, trouver LA compagne compatible. Mais les différences de Don vont lui poser problème dans cette quête, et lorsqu’il rencontre Rosie, qui ne correspond en rien à ses critères, ses façons de vivre et de penser vont être totalement chamboulées…

Don, autiste Asperger qui s’ignore, est très bien dépeint dans ce roman écrit à la première personne du singulier. Son comportement totalement décalé, qui suit tout de même une certaine logique, fait naître des situations loufoques. Ses tentatives de « normalité », malgré ses efforts, se soldent souvent par des échecs hilarants qui rendent ce personnage tout à fait attachant. Rosie, son exact opposé, va lui en faire voir de toutes les couleurs. L’alliance de ces deux personnages hauts en couleurs vont donner lieu à des situations rocambolesques et irrésistibles.

Un livre facile à lire, distrayant, nous mettant dans la tête d’un homme étrange selon les normes en vigueur, mais tout à fait sympathique ; pour celles et ceux qui ne connaissent rien à l’autisme, en voici un aperçu. Les adeptes du livre « Le bizarre incident du chien pendant la nuit » trouveront leur bonheur. Ceci étant dit, ce livre reste une comédie plus qu’agréable, bien écrite et sans temps mort. Le second tome, « L’effet Rosie » est sorti en avril 2015 aux éditions Nils Ed.

15/20