« La végétarienne » de Han Kang, paru en mai 2015 chez Le Serpent à Plumes

Synopsis

« La végétarienne est un triptyque. Autour de Yonghye, la femme qui veut devenir végétale, nous suivons son mari, petit cadre banal, puis le beau-frère de celui-ci, artiste vidéaste obsédé par la tache mongolique de Yonghye, et enfin la sœur de Yonghye, qui l’assiste dans ses derniers instants, et, d’une certaine façon, la dépasse.
Trois parties, trois personnages autour d’une seule qui elle-même s’efface inexorablement. « 

Je lis très peu de littérature asiatique, car les rares fois où je m’y suis essayé, j’ai été déçue. Mais j’ai eu un réel coup de coeur pour ce roman atypique, poétique, le genre de livre qui vous reste longtemps en tête après l’avoir lu… Han Kang est une écrivaine née en Corée du Sud en 1970, dont les trois romans ont déjà conquis de nombreux pays (USA, Angleterre, Japon, Espagne…), et dont deux ont été adaptés au cinéma dont « La végétarienne ». Il serait temps que son talent soit reconnu en France !

Yonghye mène une existence banale et paisible auprès de son mari Chong. Cette femme, d’ordinaire effacée et paisible, se réveille un matin, après avoir fait d’étranges rêves, très déterminée à ne plus manger de viande, et tout produit venant d’animaux. Si son mari et sa famille commencent à s’inquiéter, persuadés que ce régime végétalien est néfaste pour la jeune femme, cette dernière va non seulement continuer à le suivre, mais va également se déliter, aussi bien physiquement que psychiquement…

Trois personnes vont relater ce qui arrive à Yonghye : tout d’abord son mari, puis son beau-frère, Minho, et enfin sa soeur, Inhye, sans jamais comprendre ce qu’il se passe dans l’esprit de celle-ci. Elle semble puiser ses buts, sa nouvelle façon de vivre, dans d’étranges rêves. Impuissants, ils vont tour à tour tenter de la changer, d’en profiter et de l’aider. Mais Yonghye, toute frêle et chétive qu’elle soit, leur tient tête à tous et continue ce qui est pour elle sa destinée, guidée par ses rêves.

Le style simple, épurée, convient parfaitement au sujet, et à Yonghye, qui veut se fondre dans la nature, et devient de plus en plus éthérée, déconnectée de la réalité au fil du roman. Il est beaucoup question de corps, la façon de l’habiter, de s’en servir, de le percevoir ; ceci dit, l’on perçoit dans ce livre des questions politiques cruciales, et une réflexion sur le libéralisme exacerbé actuel.

Un roman étrange et envoûtant, qui se lit d’une traite, et qui trotte ensuite dans la tête…

17/20

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