« Je ne suis pas un serial killer » de Dan Wells, paru chez Pocket en juin 2012

Synopsis

« John Wayne Cleaver est un jeune homme potentiellement dangereux. Jugez-en plutôt : garçon renfermé, pour ne pas dire sociopathe, il vit au milieu des cadavres à la morgue locale, tenue par sa mère et sa tante, il a une certaine tendance à tuer les animaux et, depuis son plus jeune âge, il nourrit une véritable passion pour les tueurs en série. Peu excité à l’idée de devenir un serial killer, il décide de parler à un psychologue et de suivre des règles afin de ne pas commettre l’irréparable. Mais de nombreux meurtres secouent sa ville ; il y aurait donc un homme plus dangereux que lui… »

Ayant beaucoup apprécié la série « Dexter », je me suis dit que l’histoire de cet adolescent sociopathe ne pouvait que me plaire. Contrairement à Dexter, qui tue ceux qu’il juge mauvais, John, un adolescent de 15 ans, fait tout pour ne pas céder à ses pulsions et tente même de déchiffrer les émotions de ses contemporains. Ecrit à la première personne du singulier, nous connaissons tout des pensées de John, qui s’avère doté d’un humour noir savoureux.

Mis à part ses quelques « particularités », John mène sa vie cahin-caha. Au lycée, il a un ami, un garçon grassouillet, mis à part comme John, qui parle beaucoup ; ça tombe bien, John préfère écouter – ou rester plongé dans ses pensées. Il aide sa mère et sa tante à embaumer des cadavres, un plaisir, une soupape de sécurité pour le jeune homme fasciné par la mort. Mais une série de meurtres particulièrement sordides apparaît dans la petite ville ; chaque cadavre est délesté d’un organe ou d’une partie de son corps. Qui mieux placé que John pour découvrir le psychopathe qui commet ces atrocités ?

Un thriller original et rondement mené, le personnage de John étant drôle et attachant. Son incapacité à comprendre les sentiments des autres amène à des situations loufoques. La touche de fantastique ne dépareille pas dans ce roman que j’ai dévoré d’une traite, m’immergeant totalement dans l’univers et la tête du jeune sociopathe. Une belle découverte, d’autant que ce livre est le premier d’une trilogie ; en espérant être tout autant conquise par les 2 autres tomes !

17/20

« Le poison d’amour » d’Eric-Emmanuel Schmitt, paru en octobre 2014 chez Albin Michel

Synopsis

« Quatre adolescentes en quête d’amour s’échangent des messages sur leurs désirs et leur impatience. Entre rêves sentimentaux et pression sociale, les jeunes filles aspirent à devenir des femmes. Jusqu’au jour où le drame a lieu… »

Je lis très peu de littérature française – mis à part les classiques – ; j’ai donc décidé d’emprunter ce livre à la bibliothèque, par curiosité. Cet auteur étant fort connu, prolifique, ayant écrit nombre de romans et de pièces de théâtre salués par la critique et notamment adaptés au cinéma, je me suis dit que ce pouvait être une valeur sûre. Hé bien… non ! En tout cas pas à mon goût.

Quatre adolescentes écrivent un journal intime ; ce roman croise les quatre récits. Nous avons donc Colombe, Anouchka, Julia et Raphaëlle. Mis à part quelques caractéristiques physiques (Colombe est très jolie, Raphaëlle plutôt masculine…) elles sont absolument toutes interchangeables. Heureusement que l’auteur précise qui écrit, sinon l’on s’emmêlerait sacrément les pinceaux : elles s’expriment et pensent quasiment de la même manière. Leur obsession commune : les garçons et l’amour. Plus stéréotypé et cliché que ça, tu meurs. Pour avoir été une adolescente et en avoir côtoyé, elles sont d’ordinaires plus complexes et moins niaises. Leurs pensées insipides m’ont plongé dans l’ennui et l’affliction les plus totales.

Quant au drame final, il est absolument risible. Ceci dit, vu le niveau de ces filles, superficielles, écervelées et pas bien malignes, qui décidément m’ont fortement agacé, le dénouement n’est pas si incongru. Leur « philosophie » de comptoir m’a souvent fait davantage rire que réfléchir… En bref, comme vous l’aurez compris, je n’ai pas du tout apprécié ce roman et ne comprends pas l’engouement qu’il suscite. Mais bon, les goûts et les couleurs…

5/20

« La femme qui décida de passer une année au lit » de Sue Townsend, paru chez 10/18 en avril 2014

Synopsis

« Le jour où ses jumeaux quittent la maison pour entrer à l’université, Eva se met au lit… et elle y reste. Depuis dix-sept ans que le train de la vie l’entraîne dans une course effrénée, elle a envie de hurler : « Stop ! Je veux descendre ! » Voilà enfin l’occasion… »

De cette autrice, j’avais lu un de ses romans pour adolescents « Le journal secret d’Adrien 13 ans 3/4 » et j’avais déjà été séduite par l’humour typiquement british de Sue Townsend. J’ai donc voulu tenter son livre pour adulte, dont la quatrième de couverture amorçait déjà une histoire loufoque – je n’ai pas été déçue !

Après avoir passé 17 ans à s’occuper de ses jumeaux surdoués, de sa maison, de son mari, Eva décide de prendre une étrange retraite : rester au lit et n’en sortir sous aucun prétexte. Son mari, égocentrique et quelque peu détestable, doit, comble de l’horreur, s’occuper des tâches ménagères et se faire à manger ! Entre sa femme qui « fait la grève » et sa maîtresse qui s’impatiente et qui veut devenir l’officielle Mme Bear, le docteur Bear passe un mauvais moment. Brian Junior et Brianne, les enfants, ne sont pas plus heureux de la lubie de leur mère ; quel égocentrisme ! La mère d’Eva, Ruby, n’est pas davantage enchantée : Eva devrait s’occuper de sa pauvre mère, 79 ans, qui, selon une diseuse de bonne aventure, devrait mourir avant ses 80 ans. Heureusement qu’Alexander est là pour remonter le moral d’Eva, cernée par sa famille, et qui commence à acquérir une certaine célébrité, les gens lui demandant toute sorte de conseils car la pensant envahie d’un pouvoir divin.

L’univers du roman est absolument délicieux et jubilatoire ; l’humour pince sans rire de l’autrice fait pouffer à chaque page. La galerie de personnages, tous différents, attachants, est l’un des points forts du récit. Brian, le mari pédant et égoïste, Brian Junior, le jumeau timide, Brianne, sa soeur asociale, Poppy, la mythomane invétérée, Alexander l’adorable ou encore Stanley, le rescapé de la guerre cynique… Une plume alerte, des piques humoristiques toutes les 5 lignes, font de ce livre une comédie burlesque et drôlissime, quand bien même le personnage central, Eva, montre des signes de dépression. Sa lassitude, associée à l’agacement de ses proches de la voir refuser absolument de se lever (ne serait-ce que jusqu’à la salle de bain !) confine à l’absurde, pour notre plus grand plaisir. Un roman distrayant qui ravira les amateurs d’humour anglais !

16/20

« L’écorchée » de Donato Carrisi, paru chez Calmann-Lévy en octobre 2013

Synopsis

« Sept ans après s’être mesurée au Chuchoteur, Mila Vasquez travaille aux Limbes, le département des personnes disparues. L’enquêtrice excelle dans son domaine. Peut-être parce qu’elle est incapable d’éprouver la moindre émotion. Ou peut-être parce qu’elle-même porte dans sa chair la marque des ténèbres.
On a tous ressenti l’envie de s’évanouir dans la nature.
De fuir le plus loin possible. De tout laisser derrière soi.
Or chez certains, cette sensation ne passe pas.
Elle leur colle à la peau, les obsède, les dévore et finit par les engloutir.
Un jour, ils se volatilisent corps et bien. Nul ne sait pourquoi.
Bientôt, tout le monde les oublie. Sauf Mila.
Et soudain, ces disparus reviennent pour tuer… »

Depuis le temps que cet auteur italien s’est fait un nom sur la scène littéraire des thrillers, il fallait bien que j’y jette un coup d’oeil ! Et je n’ai pas été déçue, Carrisi mérite sa renommée. Si ce livre est la suite du premier qu’il ait écrit, « Le chuchoteur », l’on peut aisément commencer par celui-ci ; il y a certaines allusions à l’enquête précédente, mais rien qui ne gêne le plaisir de lire cet ouvrage haletant.

Mila est une inspectrice qui sort des sentiers battus, de par sa combativité, sa volonté de marcher hors des clous, et moins drôle, sa tendance à l’auto-destruction. Une personnalité complexe, sombre, tourmentée, qui lui permet de se lancer à la traque des meurtriers les plus compliqués. Ici, l’on retrouve des cadavres et, sur eux, des traces d’ADN qui correspondent à des personnes disparues depuis 20 ans… Lors de cette enquête pour le moins étonnante, son chemin va croiser celui de Simon Berrish, un inspecteur paria de la profession, solitaire, particulièrement doué pour faire parler les gens et leur faire avouer leurs plus noirs secrets. Un tandem qui va avoir du fil à retordre ; qui se cache derrière ces disparitions ? Pourquoi les disparus reviennent-ils pour tuer ?

Pas de temps mort dans ce roman, de longueur, Carrisi nous entraîne dans une course effrénée pour découvrir le mystère qui se cache derrière ces disparitions/réapparitions. Sa seule concession aux rebondissements de l’enquête, c’est lorsqu’il décrit ses deux personnages : Mila et Simon. Chacun a maille à partir avec son passé ; ensemble, ils vont s’entraider.

Un bon style, une histoire menée de main de maître, chapeau ! Il ne me reste plus qu’à lire la précédente aventure de Mila Vasquez 😉

16/20