« Que ta volonté soit faite » de Maxime Chattam, paru aux éditions Albin Michel en janvier 2015

Synopsis

« Les enfants de toute l’Amérique avaient le Croquemitaine pour se raconter des histoires qui font peur, à Carson Mills, ils avaient Jon Petersen… »

Autant j’ai apprécié les premiers romans de Maxime Chattam, des thrillers souvent assez gore (la trilogie du Mal, par exemple), ou mystérieux tel son premier roman, « Le cinquième règne », autant j’ai totalement décroché quand il a commencé ses incursions dans le fantastique (notamment la série « L’autre-monde »). Autant dire que ce roman me fait renouer avec un auteur que j’avais longtemps boudé.

Carson Mills, années 60, petite bourgade dans le Midwest peuplé de quelques milliers d’habitants qui se connaissent tous. Ses champs, son école, son shérif et… Jon Petersen. Les pères de ses parents se sont  entretués, emportant dans leurs tombes les parents de Jon car l’une des famille était férocement luthérienne et l’autre furieusement méthodiste, un mariage ne pouvant donc avoir lieu à cause de ces différences de religion. Le petit est élevé par son grand père maternel, seul rescapé de la tuerie, et ses deux tantes. Asocial, il prend vite goût à torturer les fourmis, et lorsqu’il tabasse un camarade de classe si fort que le garçon en gardera des traces à vie, sa famille sait que Jon est investi par le Mal. Le narrateur, dont l’on n’apprend l’identité qu’à la fin du roman, nous relate l’histoire de cet homme, des malheureux qui croisent sa route, et de cette partie de l’Amérique profonde.

Un ouvrage d’une noirceur et d’une violence donc, qui n’ont d’égales que la nature sauvage de Carson Mills. Si la violence est omniprésente tout du long du roman, il n’y pas de surenchère inutile, et ses descriptions de cette partie et de cette époque de l’Amérique sont justes et subtiles. L’atmosphère du récit est oppressante, l’on se demande jusqu’où le mal peut aller, jusqu’où il peut se nicher même. Chattam nous offre une autre facette de son talent, et nous conte une histoire qui n’a rien à voir avec ce qu’il a pu nous faire connaître jusqu’à présent. Son style d’écriture change également pour s’adapter au roman ; félicitations donc à l’auteur pour ce renouveau fortement réussi.

17/20

La chronique dans le magazine professionnel « Page des libraires » : http://www.pagedeslibraires.fr/livre-7847/que-ta-volonte-soit-faite.html?osa=f22e0c88b5481844750493dcd956d17acddc90c6

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