« Conception » de Chase Novak, paru aux éditions Le livre de poche en janvier 2015

Synopsis

« Alex et Leslie Twisden mènent une vie radieuse : jobs en or, luxueux hôtel particulier en plein Manhattan, et mariage passionnel. Ce qui leur manque en revanche, c’est un enfant, et, après l’échec d’innombrables traitements, leur désir de progéniture vire à l’obsession. Dans une dernière tentative désespérée, Alex et Leslie se rendent en Slovénie afin d’essayer une procédure médicale très particulière. Et là, c’est le miracle? Dix ans plus tard, couvés et dorlotés mais vivant dans une maison habitée par des secrets, Alice et Adam, les jumeaux Twisden, se retrouvent chaque soir enfermés dans leur chambre, tandis que des bruits de plus en plus perturbants proviennent de celle de leurs parents. Un jour, ils décident de chercher à comprendre la vraie nature de ceux qui les élèvent… »

Premier roman de l’américain Chase Novak (alias Scott Spencer), journaliste, j’avoue avoir été très surprise par ce qui est nommé comme un thriller. Ce roman est étrange, et je ne m’attendais pas du tout à ce qu’il soit horrifique et surtout, surnaturel et fantastique. Mes sentiments à l’égard de ce roman sont donc assez mitigés.

On ne peut pas nier que la construction de l’intrigue est efficace, et la narration excellente. L’auteur sait comment nous tenir en haleine et nous donner férocement envie de connaître le fin mot de l’histoire. Pourquoi, comment, le couple Twisden est devenu ainsi ? Leurs enfants parviendront-ils à le savoir, et à leur échapper ? Déjà, le fait de ne pas savoir exactement ce qu’il s’est passé et la fin en queue de poisson m’ont frustré. Ce mélange de thriller et de surnaturel est bien tourné, mais ne me séduit pas, même si je suis sûre qu’il plaira à beaucoup d’amateurs du genre.

Pour ma part, je passe mon tour. Cette lecture ne fut pas totalement déplaisante mais ne m’a pas convaincue.

10/20

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« Fétiches » de Mo Hayder, édité chez Pocket en janvier 2015

Synopsis

« Les patients de l’établissement psychiatrique de haute sécurité Beechway sont très sensibles à la suggestion. Une hallucination peut se répandre tel un virus. Aussi, lorsque plusieurs malades se donnent la mort après s’être atrocement mutilés, le fantôme de « la Maude » ressurgit. Selon la légende, à l’époque où Amberly était une maison de redressement, une surveillante sadique surnommée Sœur Maude terrorisait les pensionnaires. Son spectre n’aurait depuis cessé de hanter les lieux, et aurait fait au fil des années de nombreuses victimes. Soucieux de protéger ses patients mais aussi de mettre fin à l’hystérie collective qui gagne même son équipe, AJ, infirmier en chef, décide de faire appel au commissaire Jack Caffery. »

Cette chronique concerne encore une autrice que j’affectionne particulièrement et ce, dès son premier roman ; Mo Hayder, souvent comparée à Thomas Harris de par la violence de ses écrits et les morts particulièrement atroces qu’elle dépeint. A déconseiller donc aux âmes sensibles !

On retrouve dans ce neuvième opus ses personnages récurrents, l’inspecteur froid et pugnace Jack Caffery et la sergent spécialisée en recherche sous-marine Flea Marley. Caffery doit gérer la disparition d’une starlette – une affaire étroitement liée avec sa collègue et amie Flea – et des morts inexpliquées dans un établissement psychiatrique. Les patients influençables croient en la présence d’un fantôme, tandis que l’infirmier AJ et la directrice Mélanie songent plutôt à l’oeuvre d’un patient particulièrement dérangé et sournois. Comme à son habitude, Mo Hayder nous plonge dans une atmosphère sombre, glauque et angoissante ; et là, coincé entre les murs d’un établissement psychiatrique de haute sécurité, avec des patients au passé trouble, l’on ne peut que frissonner et se demander qui, ou quoi, se cache derrière tout cela…

Construit différemment de ses autres livres – les chapitres sont courts, les personnages, nombreux, les pistes et les intrigues s’entremêlent – l’on peut soit s’ennuyer, soit, au contraire, être totalement happé-e par ce qui semble être au début, une belle pagaille. C’est ce qui m’est arrivé, et c’est d’une traite que j’ai lu ce thriller, non seulement mené d’une main de maître, mais au rebondissement final très surprenant. Si vous ne connaissez pas Mo Hayder, que vous aimez les bons thrillers mélangeant suspense et gore, je vous invite vivement à la découvrir, en commençant par « Tokyo » ou « Pig Island ».

17/20

« Vous parler de ça » de Laurie Halse Anderson, paru aux éditions La belle Colère en octobre 2014

Synopsis

« Melinda Sordino ne trouve plus les mots. Ou plus exactement, ils s’étranglent avant d’atteindre ses lèvres. Sa gorge se visse dans l’étau d’un secret et il ne lui reste que ces pages pour vous parler de ça. Se coupant du monde, elle se voit repoussée progressivement par les élèves, les professeurs, ses amis et même ses parents. Elle fait l’expérience intime de la plus grande des injustices : devenir un paria parce que ceux dont elle aurait tant besoin pensent que le mal être, c’est trop compliqué, contagieux, pas fun. Melinda va livrer une longue et courageuse bataille, contre la peur, le rejet, contre elle-même et le monstre qui rôde dans les couloirs du lycée »

Melinda quitte le collège pour le lycée ; mais durant l’été, elle a vécu un événement traumatisant qui la fait sombrer dans le mutisme et la dépression. N’arrivant pas à expliquer ce qui la ronge, elle se retrouve désemparée et s’enferme dans sa solitude.

Ce livre traite d’un sujet délicat, douloureux, et malheureusement très répandu. Et, effectivement, il faut en parler, et cesser de se taire sur ce qui est encore un tabou à notre époque, malgré le nombre effarant de victimes et, de facto, de criminels, très souvent impunis…

Les chapitres sont courts, tels des instants de vie, et Melinda observe ce et ceux qui l’entourent, tente de les comprendre, à travers le prisme de ses émotions. Si le livre parle d’un sujet sombre et l’héroïne est très affectée, cette dernière use d’humour noir comme d’une carapace, et dépeint la vie lycéenne et l’adolescence de façon très juste, puisque qu’elle en est en quelque sorte coupée. Elle est en quelque sorte une observatrice extérieure qui « analyse » les comportements de ses congénères, tout en se débattant avec le trauma qui l’habite. Un excellent roman, bien écrit, sensible sans tomber dans le pathos.

16/20

« Angor » de Franck Thilliez, aux éditions Fleuve Noir, paru en octobre 2014

Synopsis

« Camille Thibaut, gendarme à Villeneuve-d’Ascq, récemment greffée du cœur, fait un cauchemar récurrent, celui d’une femme séquestrée. Se sachant condamnée, elle décide d’en savoir un peu plus sur le donneur. Franck Sharko mène une enquête sur une femme presque aveugle, retrouvée sous un arbre, qui aurait été enfermée pendant très longtemps. Il remarque qu’il est devancé dans l’affaire… »

Ayant toujours été une grande admiratrice des thrillers de Franck Thilliez, je n’allais certainement pas rater le dernier paru, qui remet en scène le duo, devenu couple, Franck Sharko et Lucie Hennebelle. Ils viennent d’accueillir dans leurs vies des jumeaux ; jongler entre cette enquête extrêmement compliquée et les biberons, voilà qui n’effraie pas notre duo de choc. Cette enquête, qui commence par la découverte d’une jeune femme séquestrée pendant de longs mois et devenue folle, va voir des ramifications s’opérer d’Espagne jusqu’en Argentine ; si l’on présume tout d’abord d’un « simple » tueur en série, la suite va nous donner tort, et, surtout, nous donner envie de continuer notre lecture.

Deux nouveaux personnages font leur apparition : Camille Thibault, la gendarme intrépide, et Nicolas Bellanger, qui fait penser à Sharko dans ses jeunes années, fougueux, qui n’en fait qu’à sa tête jusqu’à ce que justice soit faite. La fin du livre nous laisse à penser que l’on reverra ce duo fort attachant sous peu…

Thilliez est un maître en l’art du suspense, qu’il agrémente très souvent de sciences ; ainsi, il nous balade, mais une fois toutes les pièces imbriquées, l’on ne peut que s’incliner devant la construction parfaitement maîtrisée de ses thrillers. Le fait que ses romans s’inscrivent dans l’actualité, explore les pires noirceurs de l’âme humaine, s’appuie sur des faits réels, et qu’avec les dérives médicales actuelles, ses histoires deviennent possibles et envisageables, nous fait littéralement frissonner. Et également réfléchir ; jusqu’où l’être humain est-il capable d’aller par appât du gain ou attrait du morbide ?…

17/20

« Le fabuleux destin d’une vache qui ne voulait pas finir en steack haché » de David Safier, aux éditions Presses de la Cité, paru en mai 2014

Synopsis « Mis à part l’infidélité de son taureau, Champion, Lolle, une vache laitière, mène une vie tranquille dans un pré du nord de l’Allemagne. Jusqu’au jour où elle apprend que le fermier a décidé de vendre le troupeau de bovins pour régler ses dettes. Afin d’éviter de finir entre deux tranches de pain, Lolle, décide de s’enfuir avec ses amis pour rejoindre le pays où les vaches sont sacrées, l’Inde ! Débute alors pour Lolle et ses amis un périlleux voyage qui les conduit de l’autre côté de l’Atlantique, de New York à l’Ouest américain, territoire des bisons, jusqu’aux contreforts de l’Himalaya, dans l’antre du yéti… »

Quatrième livre de David Safier que je lis, et encore une fois, ce fut jubilatoire et drôlissime. Cette fois-ci, nous nous mettons dans la peau d’une vache et voyons la vie à travers ses yeux bovins. N’ayant connu que sa ferme et son pré, c’est non sans angoisse qu’elle s’aventure hors de son habitat – d’autant que d’après sa déesse, Naïa, il n’y a rien d’autre aux confins de l’horizon qu’un lac de lait. Mais, apprenant de la gueule d’un chat italien particulièrement malin qu’elle a sauvé d’un chien sacrément féroce, Old Dog (qui voudra sa revenge…) que tout le troupeau allait être vendu et tué pour servir de repas aux humains, elle décide, avec ses amies, de fuir malgré sa peur. Son objectif : l’Inde, le pays où les vaches sont vénérées.

David Safier réussit à nous mettre totalement dans la peau de Lolle, avec elle nous avons peur, nous rions, nous souffrons, parfois… Et nous nous posons des questions sur nous-mêmes, êtres humains, dont Lolle et ses amis ont une piètre opinion. Avec une originalité et un humour qui sont désormais la marque de fabrique de cet auteur, nous suivons le périple le plus ubuesque, drôle et palpitant de quatre vaches, un taureau et un chat. Une équipe de choc qui va souvent se perdre, ne pas forcément avoir de chance, mais qui est très attachante. Un livre parfait pour rire, se détendre, et voir le monde d’un autre oeil !

16/20

« Les fantômes d’Eden » de Patrick Bauwen, aux éditions Albin Michel, paru en octobre 2014

Synopsis

« Il était une fois en Floride,cinq ados partis à l’aventure. Ils vous feront rire. Pleurer. Frissonner. Mais ce qu’ils affronteront les changera à jamais. C’est sur ce crime que j’enquête … parce que le mort, C’EST MOI. »

C’est le premier roman de Patrick Bauwen que je lis, malgré le fait qu’il soit connu depuis un bout de temps. Il dit avoir été inspiré par Bernard Werber, mais heureusement, ses romans n’ont rien à voir avec ceux de son mentor. J’ai donc commencé par découvrir cet auteur par le dernier livre qu’il a publié il y a peu de temps ; d’ailleurs, le héros de l’histoire, Paul Becker, jouait déjà un rôle dans l’un de ses précédents romans, « Monster ».

Paul Becker traverse une mauvaise passe ; divorce, affaires périclitantes, il noie son chagrin dans la nourriture et devient obèse. Après un infarctus, il décide de reprendre sa vie en main et part loin afin de se remettre de sa dépression et de retrouver la forme. Au bout d’un an, il annonce à ses proches amis qu’il revient ; or, c’est justement à ce moment-là qu’un de ses amis, rencontré lors de son voyage et lui ressemblant physiquement avant son amaigrissement, se fait assassiner sous ses yeux… Commence alors la traque de l’homme qui a pensé l’avoir tué.

Alternant le récit des frasques de son adolescence, avec ses proches amis qui le sont toujours présentement, et celui de la chasse à l’homme qu’il livre avec ardeur – les deux récits finiront d’ailleurs par s’entremêler, le suspense est bel et bien omniprésent. Les fausses pistes, les doutes quant à la loyauté de ses proches, des histoires surnaturelles qui ne le sont pas tant que ça… Tous ces mystères qui trouvent leurs réponses à la fin du livre font de ce roman un très bon page turner, à la narration agréable.

16/20