« Folle de lui » d’Helen Fielding, aux éditions Albin Michel – Paru en octobre 2014

Synopsis

« Que faire lorsque votre toy boy fête ses 30 ans le soir où votre meilleure amie célèbre ses 60 ans ? Est-il moralement condamnable d’aller chez le coiffeur quand vos enfants ont attrapé des poux ? Est-ce mal de tricher sur son âge sur les sites de rencontres ? Confrontée à ces graves problèmes, et à quelques autres non moins angoissants, Bridget relève courageusement le défi d’élever seule deux jeunes enfants, d’apprendre à maîtriser tweets et textos et, surtout, redécouvre la sexualité à l’heure de – aïe ! le mot qui fâche – l’âge mûr »

Ayant lu les deux précédents opus de « Bridget Jones » à l’aube de la vingtaine, m’étant amusée à suivre les pérégrinations de cette « célibattante » de 30 ans, charmante gaffeuse, j’étais assez pressée de découvrir l’héroïne 20 ans après. Il s’avère que Mark Darcy, le père de ses deux jeunes enfants, est mort, et nous suivons donc Bridget dans son quotidien de mère célibataire, jonglant entre enfants, écriture d’un script et, bien évidemment, ses nouvelles aventures amoureuses.

Malheureusement, en vieillissant, Bridget a perdu de son peps et de son humour légendaires. Le ton y est, mais le coeur n’y est plus. A part deux ou trois gags, qui sont d’ailleurs exploités jusqu’à la corde du début jusqu’à la fin du livre, on s’ennuie fermement, et l’on se demande désespérément où est passé la Bridget d’autrefois qui nous avait fait tant rire. De plus, si Bridget entretient une relation avec un homme de 20 ans son cadet, elle revient finalement dans le « droit chemin » en se casant avec un homme de son âge. Le plus décevant étant qu’on le voit venir dès le début : cet homme qu’elle déteste tout le long du livre s’avère être son « prince charmant » tout comme Darcy 20 ans auparavant.

Un troisième opus qui aurait franchement pu, et dû, être évité. Gags éventés, redondants, fin plus que prévisible, j’ai été terriblement déçue. Il y avait pourtant de la matière ; Bridget changeant totalement de statut et de génération…

8/20

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« Will & Will » de John Green et David Levithan, aux éditions Scripto – Paru en août 2014

Synopsis

« Will Grayson se méfie des sentiments. Les histoires de coeur portent la poisse, tout le temps. Alors, dans la vie, autant se faire discret. Son meilleur ami, Tiny Cooper, est a à la fois une bénédiction et une vraie plaie : ami fidèle et rayonnant, il est aussi ouvertement gay que corpulent et n’a pas l’habitude de passer inaperçu. A l’autre bout de la ville, un adolescent en pleine déprime assume mal sa différence. Le hasard veut qu’il se nomme lui aussi Will Grayson… »

L’un des deux auteurs de ce livre, John Green, s’est fait connaître grâce à son roman « Nos étoiles contraires » adapté au cinéma cette année en France. J’avais déjà eu l’occasion de le lire avant cela avec son livre « La face cachée de Margo » qui ne m’avait pas vraiment convaincue. Mais il était largement remonté dans mon estime avec « Nos étoiles contraires », un roman délicat, émouvant, juste.

Avec « Will & Will », co-écrit avec David Levithan, l’on reste dans le domaine du roman adolescent et initiatique, où l’homosexualité et l’acceptation tiennent une place prépondérante. Un sujet délicat, plutôt bien abordé ; d’un côté, Tiny Cooper assume tout à fait son orientation sexuelle – ainsi que son obésité – tandis que « l’autre » Will Grayson, celui qui habite au bout de la ville, dépressif, va le/se cacher, même à ses amis. Ce dernier va être aidé par Tiny afin de s’accepter tel qu’il est. Le meilleur ami de Tiny va lui aussi se laisser aller à tomber amoureux grâce à l’énergie et l’optimisme de ce personnage haut en couleurs.

Si la première moitié de ce roman m’a beaucoup plu, la deuxième en revanche m’a déçue. Rien à redire sur le style d’écriture, plutôt acide et drôle en fonction du narrateur (les deux Will se partagent la plume) mais la fin est plutôt bâclée, et dégouline, à mon goût, un peu trop de bons sentiments. Comme si d’un coup, deux adolescents plutôt dépressifs, découvrent l’épiphanie grâce à une tierce personne, Tiny Cooper, qui est à mon sens le véritable héros de ce roman, autour duquel gravitent les deux Will.

En résumé, un roman agréable, sans plus, qui ne restera pas dans mes annales.

11,5/20

« Sauver sa peau » de Lisa Gardner, aux éditions Le livre de poche – Paru en septembre 2011

Synopsis

« Depuis son enfance, Annabelle Granger n’a cessé de fuir en permanence, suivant ses parents qui semblaient dissimuler un terrible secret. Un jour, sur le terrain de l’ancien asile psychiatrique de Boston, la police découvre les cadavres de six fillettes. L’une d’elles porte un médaillon au nom d’Annabelle Granger. La jeune femme décide alors de sortir de l’ombre pour montrer qu’elle est en vie. »

Où l’on découvre, dans un chambre souterraine de l’ancien hôpital psychiatrique de Boston, des cadavres de six fillettes ; l’une d’elle porte un médaillon au nom d’Annabelle Granger. Il s’avère que non seulement celle-ci est toujours vivante, mais que quelqu’un est à ses trousses… Les suspects défilent, la narration croisée – nous avons le point de vue d’Annabelle, mais également celui d’un des enquêteurs, Robert Dodge – parfaitement maîtrisée, tout cela joue sur nos nerfs, tant et si bien que l’on ne connaît pas la paix tant que l’on n’a pas découvert le coupable. Les suspects sont nombreux, on ne sait pas à quel saint se vouer car chacun a des secrets à cacher. Les apparences sont trompeuses, ainsi que les identités…

Je n’ai découvert que très récemment les livres de Lisa Gardner, et, très franchement, ce fut une découverte jubilatoire. Cette écrivaine base ses romans sur la psychologie des personnages plutôt que sur l’aspect sanglant des meurtres ; ce faisant, elle « joue » avec nos émotions car nous sommes fatalement amenés à nous attacher aux personnages, ou à les détester, selon l’angle qu’elle a choisi. Ce titre est le quatrième que je lis d’elle, et encore, une fois, j’ai été bluffée par l’habilité de l’autrice à nous tenir en haleine. Un style efficace, un suspense parfaitement ficelé, voilà un excellent page turner que l’on lit d’une traite.

17/20

« Comment je vais tuer Papa » de Carina Bergfeldt aux éditions Black Moon – Paru en février 2014

Synopsis

« Julia est reporter.
Ing-Marie est journaliste chargée des affaires criminelles.
Anna fait partie de la crim.
Ces trois femmes ont chacune une raison personnelle d’élucider le meurtre sordide qui ébranle leur petite ville. Ces trois femmes ont un démon intime à éliminer. Laquelle s’apprête à commettre l’irréparable ? Laquelle de Julia, Ing-Marie ou Anna, pourrait tuer son propre père »

Elisabeth Horjt, jeune mère de famille, a disparu depuis soixante et un jours, jusqu’à ce que l’on retrouve son corps, noyée dans le Simsjon, dans une flamboyante robe rouge. Sa préférée, selon son mari Klas. Julia et Ing-Marie, travaillant dans le même journal, vont tout faire pour découvrir le meurtrier, ainsi qu’Anne, policière en charge de l’affaire.
En parallèle à cette enquête, une femme inconnue relate la maltraitance dont a fait preuve son père, envers elle, ses frères, et ses deux femmes. Elle réfléchit à élaborer le meurtre parfait afin de stopper la violence de cet homme.

Tout au long du roman, deux suspenses se forment et s’alternent – laquelle de ces trois femmes en veut tant à son père qu’elle en planifie son meurtre ? Qui a tué la pauvre Elisabeth Horjt, épouse dépassée par ses tâches de mère au foyer, trompée par son mari ? L’autrice alterne le point de vue de l’inconnue – qui ne l’est pas tant que ça vu qu’elle fait partie du trio d’enquêtrices – tandis que Julia, Anna et Inge-Marie cherchent à leurs façons qui a mis fin aux jours d’Elisabeth.

Les trois principaux personnages interagissent également entre elles, là aussi l’on se demande ce qui a lié Julia et Anna ; quant à Inge-Marie, l’originale ahurie, elle va peu à peu s’ouvrir au monde avec l’aide de sa nouvelle amie Julia.  La plume est alerte et agréable, le style fluide et maîtrisé ; l’on a aucun mal à passer du présent au passé, d’une narratrice à une autre.

Premier roman de Carina Bergfeldt, elle est une écrivaine suédoise prometteuse, qui use de références telles que Millénium ou Dexter. Elle s’inscrit dans la lignée d’écrivaines de romans policiers scandinaves telles qu’Anne Holt ou Camilla Lackberg. Elle décortique les différentes façons dont peuvent s’exprimer la misogynie au sein d’une famille et les conséquences destructrices qu’elles peuvent avoir sur les enfants. Le suspense est au rendez-vous, deux même sont enchevêtrés ; difficile de lâcher ce livre avant la fin !

15/20