« La rage » de Zymunt Miloszewski publié chez Fleuve Noir en septembre 2016

Synopsis

« Un cadavre brûlé par des armes chimiques est retrouvé sur un chantier polonais. Les résultats de l’autopsie sont stupéfiants : certains membres prélevés sur place n’appartiennent pas au corps de la victime. Absorbé par cette étrange affaire, le procureur Teodore Szacki néglige une plainte pour violences conjugales. Il en prend conscience trop tard : la plaignante a été grièvement blessée. Son mari est découvert quelques jours après, vivant, mais la langue et les cordes vocales sectionnées… Mis en cause par sa hiérarchie, le magistrat voit sa carrière menacée, lorsque sa propre fille est enlevée à son tour. Il sent alors monter en lui la rage. Et une inextinguible soif de sang, capable d’emporter même le plus droit des justiciers… »

 

Où je retrouve avec grand plaisir mon procureur préféré, Theodore Szacki, cynique à souhait.

 
Dans cet opus, il se retrouve confronté à un squelette composé de plusieurs parties de différents êtres humains. Il est flanqué d’un adjoint, froid et intransigeant, que je trouve particulièrement intéressant. Pointilleux, droit, méticuleux, il possède une logique et un sens de la morale implacable. Il n’hésite pas à blâmer ouvertement Szacki lorsqu’il émet des commentaires sexistes, et surtout lorsqu’il ignore l’appel à l’aide d’une femme persécutée. Car là est le principal sujet de ce livre : les nombreuses femmes battues dans un silence assourdissant.

 
J’ai également beaucoup apprécié dans ce roman le fait que l’on en apprend toujours beaucoup sur la Pologne, un pays que je connais très peu. Il est encore très marqué par la Seconde Guerre Mondiale et les chapitres sont entrecoupés de pages relatant les actualités du moment.

 
Le livre possède une dimension féministe puisqu’il s’agit de la tragédie très commune des femmes battues, dont 122 perdent la vie chaque année en France par exemple. Mais l’on y parle de « théorie du genre » ce qui m’agace énormément car CELA N’EXISTE PAS. Il s’agit d’études de genre qui s’attachent à expliquer le conditionnement sociologique des femmes et des hommes.

 
Mis à part ce détail. j’ai adoré ce roman (tout comme les deux premiers), et j’espère fortement qu’il y aura une suite, vu le cliffangher gigantesque dans lequel nous a mis l’écrivain à la fin !

 

18/20

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« La ville des morts » de Sara Gran, paru chez Points en janvier 2016

Synopsis

« Il est des livres qui vous hantent et vous accompagnent, et des héros si attachants que vous auriez envie de les rencontrer. C’est le cas de Claire DeWitt, une privée comme on n’en trouve pas. Elle a trente-cinq ans mais dit toujours qu’elle en a quarante-deux parce que personne ne prend une femme de mois de quarante ans au sérieux. Claire DeWitt s’autoproclame avec dérision la plus grande détective du monde, enquêtrice amateur à Brooklyn dès l’adolescence et adepte du mystérieux détective français Jacques Silette dont l’étrange ouvrage, Détection, l’a conduite à recourir au yi-king, aux augures, aux rêves prophétiques et aux drogues hallucinogènes.
Claire entretient également une relation intime avec La Nouvelle-Orléans où elle a été l’élève de la brillante Constance Darling jusqu’à l’assassinat de cette dernière. Lorsqu’un honorable procureur néo-orléanais disparaît dans la débâcle de l’ouragan Katrina, elle retourne à son ancienne ville, complètement sinistrée, afin de résoudre le mystère. Les indices la mènent à Andray Fairview, un jeune homme qui n’avait rien à perdre avant l’ouragan et encore moins depuis. Entre anciens amis et nouveaux ennemis, Claire élucide l’affaire, mais d’autres disparus viennent la hanter : sa meilleure amie et co-détective d’enfance, évaporée du métro de New York en 1987, et la propre fille de Silette, Belle, kidnappée dans une chambre d’hôtel et que personne n’a jamais revue. »

 

En commençant ce livre, j’étais très emballée à l’idée de découvrir une nouvelle héroïne, qui plus est originale. Car Claire DeWitt n’est rien de moins que la meilleure détective du monde ! Enfant, avec ses amies Tracy et Kelly, elle a trouvé le livre du mystérieux Silette, un détective français qui a délivré ses secrets dans un livre. Dès lors, elle a su que le métier de détective s’était imposé à elle. Formée par l’une des meilleures, Constance, elle doit dans cet opus résoudre la disparition d’un procureur estimé dans la région de la Nouvelle-Orléans, qui vient d’être sinistrée par l’ouragan Katrina.

 

L’autrice s’efforce de créer plusieurs personnages tout en leur donnant personnalité et consistance ; Mike, son ancien acolyte, devenu assistant social pour jeunes en difficulté ; Andray, le loubard au grand coeur, Jake, un privé aussi qui ne vit que pour le livre de Silette et a fini par tant le prendre au pied de la lettre qu’il vit comme un clochard, persuadé d’avoir résolu tous les mystères… Malheureusement, je n’ai réussi à m’attacher à aucun. L’héroïne aurait pu être drôle, elle m’est agaçante ; d’autant que même avec ses trips magie/drogues, elle ne trouve au final quasiment rien !

 

Le roman s’étire en longueur, on n’apprend pas grand chose sur le disparu, ça part dans tous les sens, ça en devient franchement ennuyeux.
Je mets la moyenne pour saluer l’inventivité de l’autrice, mais je reste déçue et sur ma faim.

 

10/20

« Deux femmes » de Martina Cole, paru au Livre de Poche en 1999

Synopsis

 

« Dans l’East End, banlieue déprimée du sud-est de Londres, le danger et la violence sont des ingrédients de base. Susan y joue des seules armes dont elle dispose : l’humour et l’amour infini qu’elle porte à Barry, son mari, le caïd à la gueule d’ange. Mais Barry ne sait pas l’aimer, et la frappe à la moindre contrariété. Un soir, dans un acte désespéré, Susan lui fait éclater le crâne à coups de marteau. Sa seule certitude, c’est d’avoir protégé ses quatre enfants d’un monstre. Eux, au moins, lui auront échappé. On la transfère dans la cellule de Matilda Enderby, meurtrière elle aussi. Les destins de ces deux femmes vont se nouer à jamais. Personne, Sue mise à part, n’aurait pu prédire quelles conséquences aurait leur rencontre… »

 

Autrice qui m’était inconnue, j’ai trouvé son livre par hasard sur une table de bibliothèque. Tentons ! Bien m’en a pris.

 

Plus que l’histoire des « deux femmes » du titre, c’est l’histoire de Susan Dalston, née McNamara, que l’on suit. Née dans un quartier pauvre de Londres, où les gangs et la violence font loi, son père est violent tandis que sa mère encaisse les coups, folâtre, et néglige ses deux filles. Debbie, la plus jolie, est égocentrique et mauvaise ; Susan, bonne pâte, passe sa vie le nez dans les bouquins. Mais cette dernière n’en peut plus du climat familial, et se marie avec Barry Dalston, un beau gosse et petite frappe à ses heures, dès ses seize ans pour échapper à ses géniteurs. Malheureusement, son Barry ne vaut pas mieux que son père, et elle finit par lui écraser le crâne à coups de marteau.
En prison, elle fera la connaissance de Matty ; si à priori tout les oppose – cette dernière étant cultivée et aisée – elle vont finir par se soutenir et s’entraider.

 

Ce roman est noir, très noir, mais décrit malgré tout une réalité qui a existé et qui existe toujours un peu partout, surtout dans les endroits où la misère fait rage. Le ton est juste, les dialogues durs, les situations tristes à pleurer, mais, çà et là, les femmes malmenées trouvent le moyen de (sur)vivre tant bien que mal, avec un peu d’humour et beaucoup de lassitude. Pas un roman policier à proprement parler, plutôt un roman de moeurs qui tourne au thriller psychologique. L’écriture est juste, tape fort, l’on ressent ce que Susan et toutes les autres ressentent.

 

En France aujourd’hui, on compte 122 meurtres de femmes par (ex)conjoints, et les plaintes posées pour violences conjugales restent très souvent lettre morte. Un livre à ne pas rater.

 

17/20

« Appelle-moi » de Sophie McKenzie paru chez Pocket en janvier 2017

Synopsis

 

« Appelle-moi. Besoin de te parler ». C’est le dernier message de Julia à sa meilleure amie… avant d’être retrouvée morte.
Samedi soir, quand Livy reçoit le texto de Julia, elle ne trouve pas le temps de la rappeler. Mais lorsqu’elle sonne à sa porte le dimanche matin, son amie ne lui ouvre pas. Car Julia est morte. Suicide, conclut la police. Pourtant Livy connaît Julia mieux que personne. La jeune femme n’aurait jamais mis fin à ses jours. Une seule explication : elle a été assassinée, comme l’avait été la propre sœur de Livy vingt ans plus tôt… Qui a tué Julia ? Pourquoi ? C’est ce que Livy veut découvrir à tout prix. Comment imaginer que son passé, terrifiant, va la rattraper ?

 

Une autrice inconnue, une quatrième de couverture qui donne envie, allez, je me jette à l’eau ! Je ne l’ai pas regretté, elle était fort agréable.

 
Livy, mère au foyer, deux enfants, un mari qui travaille et voyage beaucoup, se rend à une soirée organisée par le patron de ce dernier. Nerveuse car elle sait que s’y trouvera l’ex-maîtresse de son mari, elle ne réagit pas aux SMS de sa meilleure amie, qui lui demande de l’appeler, et lui indique qu’elle a besoin d’elle.

 
Le lendemain, quand elle se rend chez Julia pour leur déjeuner hebdomadaire et la trouve morte, elle se sent coupable. Mais la police conclue à un suicide ; elle aurait absorbé trop de barbituriques et une lettre d’adieu trouvée sur son ordinateur clôt l’enquête. Mais Livy connaissait Julia, et ne croit pas une seconde à cette thèse : elle va se lancer à la recherche du meurtrier avec l’aide de Damian, l’amant de feu Julia…

 
Un thriller bien ficelé, à l’écriture nerveuse et incisive, qui se lit d’une traite. Les multiples rebondissements nous font douter de tout le monde, et la fin est bien amenée. Un petit régal !

 

16/20

 

 

« L’amie prodigieuse » d’Elena Ferrante, paru chez Folio en décembre 2015

Synopsis

« Je ne suis pas nostalgique de notre enfance: elle était pleine de violence. C’était la vie, un point c’est tout: et nous grandissions avec l’obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile. »
Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise.
Lila abandonne l’école pour travailler dans l’échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée. Les chemins des deux amies se croisent et s’éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition.
Formidable voyage dans l’Italie du boom économique, L’amie prodigieuse est le portrait de deux héroïnes inoubliables qu’Elena Ferrante traque avec passion et tendresse. »

 

Je vais juste tenter, avec mes mots, de vous faire partager le ressenti que j’ai eu en lisant ce fabuleux roman – qui, ouf ! a encore trois tomes pour satisfaire ma gourmandise !
D’ordinaire je lis plutôt des thrillers/romans policiers, ou des romans américains, du Royaume Uni, des pays scandinaves ou de Corée. Mais cet été j’ai été à Naples et ai donc commencé à lire la vie de deux filles vivant dans cette ville lors des années cinquante, Elena la sage et Lila l’intrépide.

 
Déjà, l’écriture est parfaite, simple et bien tournée ; limpide, un plaisir de lecture. Chapeau bas à l’autrice certes, mais aussi à la traductrice !
Elena est la narratrice, elle nous fait partager ses points de vue, ses histoires, mais en grande amie de Lila, elle suit ses faits et gestes avec force admiration. Si au début, elles ne savent rien de la Comorra, des restes de la seconde Guerre Mondiale – évidemment, elles ont 6 ans – à hauteur d’enfant on suit comme si l’on y était les querelles de gamins, la complicité et la dépendance affective de nos deux héroïnes, leur vie avec leur famille et l’on apprend les codes de cette ville d’il y a 77 ans.

 
Passionnant, ébouriffant, émouvant… J’ai lu cet opus d’une traite dès que j’avais cinq minutes tant je voulais connaître la suite. le second m’attend bien au chaud, après avoir lu un thriller tout de même 😉
Un énorme coup de coeur.

 

19/20

« La veuve » de Fiona Barton, édité chez Fleuve noir en janvier 2017

Synopsis

 

Mari idéal ou parfait assassin ? Elle devait savoir… non ?
La vie de Jane Taylor a toujours été ordinaire.
Un travail sans histoire, une jolie maison, un mari attentionné, en somme tout ce dont elle pouvait rêver, ou presque.
Jusqu’au jour où une petite fille disparaît et que les médias désignent Glen, son époux, comme LE suspect principal de ce crime.
Depuis ce jour, plus rien n’a été pareil.
Jane devient la femme d’un monstre aux yeux de tous.
Les quatre années suivantes ressemblent à une descente aux enfers : accusée par la justice, assaillie par les médias, abandonnée par ses amis, elle ne connaît plus le bonheur ni la tranquillité, même après un acquittement.
Mais aujourd’hui, Glen est mort. Fauché par un bus.
Ne reste que Jane, celle qui a tout subi, qui pourtant n’est jamais partie. Traquée par un policier en quête de vérité et une journaliste sans scrupule, la veuve va-t-elle enfin délivrer sa version de l’histoire ?

 

Premier roman de cette autrice, ce fut la quatrième de couverture qui m’a attirée. Je ne savais pas à quoi m’attendre, et j’ai été très agréablement surprise ! Ce thriller psychologique m’a véritablement happée.

 
Glenn et Jane Taylor ont une vie sans histoire, jusqu’à ce que Glenn soit accusé d’avoir enlevé une petite fille car pédophile. Jane est une épouse soumise, femme au foyer n’ayant que très peu de contact avec le monde extérieur ; Glenn est toute sa vie, d’autant qu’elle l’a épousé très jeune. Elle va donc se tenir aux côtés de son époux durant le procès, quand bien même sont révélés ses vilains secrets. Les preuves sont trop minces, donc Glenn est acquitté ; quand bien même, son étiquette d’abuseur d’enfants restera, et Jane l’épouse du pédophile.

 
C’est un roman qui se déroule sur plusieurs années, et à quatre voix : la veuve, la journaliste, l’enquêteur et la mère. Ainsi, l’histoire est vue à travers les points de vue des protagonistes, ce qui confère une réelle épaisseur à ce roman. Bien écrit, il se lit d’une traite : le suspense est à son comble ; Glenn a-t-il, oui ou non, enlevé cette petite fille ?
Le seul petit bémol que j’émettrais sur ce roman est que je m’attendais à une fin un peu plus spectaculaire. Mais, définitivement, Fiona Barton est une écrivaine à suivre.

 

 

 

« Sans faille » de Valentin Musso, paru chez Points en janvier 2015

Synospsis

 

Ils sont cinq. Cinq amis, la trentaine, qui se retrouvent après plusieurs années pour une randonnée dans les Pyrénées, le temps d’un week-end. Romuald, le gamin des cités à qui tout a réussi, a invité Théo, Dorothée, David et Juliette dans son luxueux chalet. Mais la montagne lui est-elle aussi familière qu’il l’a laissé croire? Le groupe s’égare, d’anciennes inimitiés ressurgissent, les secrets de chacun se font jour. Jusqu’au drame. Impensable. Imprévisible ? C’est du moins ce qu’il croient, au début…

 

Ce n’est que très récemment que j’ai découvert Valentin Musso, petit frère de Guillaume ; s’ils ont en commun d’appliquer un suspense implacable dans leurs romans, Valentin préfère les thrillers où les morts s’entassent. de lui, j’avais aimé « Le murmure de l’ogre » mais moyennement apprécié « Une vraie famille« . Cependant, la quatrième de couverture de « Sans faille » m’a conquise, et je n’ai pas été déçue.

 
Théo et Romuald étaient inséparable en prépa : Théo, le fils à papa, riche à outrance, et Romuald, le prodige des cités qui réussi à se hisser dans un lycée élitiste. Ils se perdent de vue, et dix ans après se croisent dans un café. Romuald a réussi dans les affaire et invite son vieil ami ainsi que ses proches dans une randonnée en montagne.
Ceci dit, les non dits, les secrets, vont rendre cette excursion étouffante et flippante. Romuald est-il celui qu’il prétend être ? Pourquoi celui qui se proclamait comme un guide expérimenté des montagnes se perd t-il, et le groupe avec ?

 
J’ai beaucoup aimé ce huis clos, angoissant à souhait. On découvre les secrets au fur et à mesure, et la peur nous étreint inexorablement. La prose est parfaite, entre les flash backs et le présent ; mon seul regret, celui qui m’a stoppée dans le fait de mettre cinq étoiles, est la fin, un peu trop vague à mon goût. J’aime quand les choses sont claires, mais ce choix peut très certainement plaire à d’autres.

 

16/20

« L’autre » d’Olivier Descosse paru chez J’ai Lu en octobre 2015

Synopsis

« « Si vous pouviez vous projeter au plus profond de votre esprit, le feriez vous ? »À vingt-cinq ans, Julien Ducat mène une vie passionnante. Il est pilote de jet privé, fréquente des célébrités et enchaîne les conquêtes féminines.Son seul problème : une anesthésie affective qui l’empêche de tomber amoureux.Pourtant, une mystérieuse jeune femme va bouleverser la donne. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Pourquoi tient-elle tant à l’aider ? A-t-elle un lien avec ces hallucinations dont souffre Julien depuis qu’il a involontairement absorbé du LSD ?Pour comprendre, il n’aura d’autre choix que de plonger dans les zones sombres de sa mémoire. Celles dont il a gommé l’existence quand il était enfant. »

 

Je ne connaissais pas Olivier Descosse, mais je me suis fiée à la quatrième de couverture lorsque j’ai acheté ce roman ; l’intrigue semblait intéressante. Désireuse de découvrir d’autres auteurs, j’ai donc pris au hasard ce livre, le hasard faisant parfois bien les choses. Hélas, ce ne fut pas le cas lors de la lecture de ce roman…

 
Julien Ducat est donc, à vingt-cinq ans, au top du top : pilote, il voyage partout fréquente des célébrités et évidemment, toutes les femmes tombent à ses pieds, ne pouvant résister à son regard ténébreux et à son statut de pilote. (edit : dans la vraie vie, toutes les femmes ne tombent pas en pâmoison car un homme sait manipuler un gros engin, M. Descosse). Mais son passé d’orphelin l’empêche de s’attacher à quelque femme que ce soit – sortez vos mouchoirs, ses parents sont morts dans un accident d’avion quand il avait sept ans (edit 2 : plus cliché, tu meurs).

 
Une femme délaissée décide de se venger de n’avoir pas été rappelée après avoir passé une nuit avec l’homme torturé (edit 3 : les femmes, toutes des ****** qui ne cherchent qu’à ruiner la vie des hommes) et glisse du LSD dans son verre. Ce qui mènera à la première expérience de décorporation de Ducat, au cours duquel il croise Rose, une femme éblouissante et énigmatique. Dès lors, il va rencontrer des personnes qui vont l’aider dans sa quête initiatique/surnaturelle et forcément il va devoir replonger dans son passé et notamment l’accident de ses parents.

 
Mais quel ennui ! Julien Ducat, sa vie, son passé, son lui, bref à la fin du bouquin, si ce bonhomme avait réellement existé, je lui aurais collé une claque en lui disant d’arrêter de se regarder le nombril. le côté surnaturel est assez risible, et la quête initiatique, inintéressante au possible.
Fuyez-le tant qu’il est encore temps, justement, de ne pas perdre le vôtre !

 

6/20

« Amélia » de Kimberly McCreight, paru chez le Livre de Poche en août 2016

Synopsis

« À New York, Kate élève seule sa fille de 15 ans, Amelia. En dépit d’un rythme professionnel soutenu, elle parvient à être à l’écoute de cette adolescente intelligente et responsable, ouverte et bien dans sa peau. Très proches, elles n’ont pas de secrets l’une pour l’autre. C’est en tout cas ce que croit Kate, jusqu’à ce matin d’octobre où elle reçoit un appel de l’école. On lui demande de venir de toute urgence. Lorsqu’elle arrive, Kate se retrouve face à une cohorte d’ambulances et de voitures de police. Elle ne reverra plus jamais sa fille. Amelia a sauté du toit de l’établissement. Désespoir et incompréhension. Pourquoi une jeune fille en apparence si épanouie a-t-elle décidé de mettre fin à ses jours ? Rongée par le chagrin et la culpabilité, Kate tente d’accepter l’inacceptable… Mais un jour, elle reçoit un SMS anonyme qui remet tout en question :  » Amelia n’a pas sauté.  » Obsédée par cette révélation, Kate s’immisce alors dans la vie privée de sa fille et réalise bientôt qu’elle ne la connaissait pas si bien qu’elle le pensait. »

C’est suite aux critiques dithyrambiques lues sur Babelio que je me suis laissée tenter par ce roman. Si je l’ai trouvé sympathique, je ne le trouve pas exceptionnel non plus. du reste, j’ai passé un bon moment, sans plus.

 
Déjà, je ne qualifierais pas ce roman de thriller, ou même de roman policier, quand bien même il y ait une morte et que l’on cherche à comprendre comment une jeune fille qui semblait heureuse de vivre ait pu, apparemment, se suicider. La narration alterne passé et présent, points de vue d’Amélia et de Kate, sa mère, et l’on a même droit à des sms et des posts Facebook – ce dont j’ai horreur dans un roman.

 
Nous allons donc remonter le fil de ce qui a mené au drame, découvrir les secrets qu’Amélia et Kate se cachaient l’une à l’autre. Nous allons découvrir que sous ses apparences de jeune fille sage, Amélia expérimentait de nouvelles expériences, pas forcément bonnes pour elle.
J’ai mis un peu de temps à le lire, une semaine, je n’ai pas vraiment éprouvé d’empathie pour Kate. Les passages que j’ai trouvé les plus intéressants et les plus touchants étaient ceux d’Amélia, l’adolescente face à des choix qui la dépassent.

 

Ce livre n’est définitivement pas un page turner, mais plutôt un roman sur l’adolescence, teinté de drame et d’apprentissage de la vie. Un dernier petit bémol : j’ai trouvé la fin bâclée. Dommage, quand on a mis autant de temps à nous dévoiler la vie d’Amélia, que de réduire sa fin de vie à deux pages.

« Le club de la dernière chance » de Marian Keyes, paru chez Pocket en juin 2003

Synopsis

 

« À Londres de nos jours. Tara, Katherine et Fintan sont inséparables depuis l’adolescence, quand ils écoutaient Duran Duran, portaient des jeans en strech et vivaient dans une petite ville irlandaise. À peine trentenaire et aujourd’hui installés à Londres, ils sont restés très proches, quoique leur vie ait pris des chemins différents. Tara n’est pas heureuse avec Thomas – un goujat égoïste et vain – mais comme elle cherche désespérément à se marier et redoute plus que tout d’être seule, elle n’ose pas le quitter. Katherine est une beauté froide qui revendique haut et fort son célibat et se garde de tout contact avec les hommes. Seul Fintan, styliste de mode et excentrique, file le parfait amour avec un architecte italien. Leur vie bascule le jour où Fintan apprend qu’il est atteint d’un cancer. Sa famille, ses amis, se mobilisent autour de lui. S’il doit mourir, il voudrait partir en sachant ceux qu’il aime, heureux. Il fait donc promettre à Tara de quitter Thomas et à Katherine de se trouver un homme. »

 

Je lisais énormément de « chik lit » – je n’aime pas ce terme, je le trouve péjoratif envers les femmes qui ont envie de lire des romans légers – quand j’avais la vingtaine, et puis je me suis lassée. En tout cas, après en avoir englouti un sacré paquet, je peux vous dire que les meilleures sont Isabel Wolf, Marian Keyes, Zoe Barnes et Jennifer Weiner, selon mes goûts bien sûr. Quant à Sophie Kinsella, je suis plus mitigée, certains de ses romans me font hurler de rire tandis que d’autres m’ennuient tant que je ne les lis pas jusqu’au bout. Les deux premiers opus de Bridget Jones étaient de petits bijoux, mais le dernier m’a laissé un goût amer ; c’était celui de trop à mon sens.

 
Revenons à nos moutons et donc à ce roman. Deux femmes, un homme, qui se connaissent depuis tout gosses. Si Fintan file le parfait amour avec Sandro, Tara et Katherine n’ont pas cette chance. Tara, terrorisée à l’idée d’être célibataire, s’accroche à un homme égocentrique qui prend plaisir à lui saper toute confiance en elle. Katherine, surnommée « la reine des glaces » à son travail, évite toute promiscuité avec les hommes suite à une succession d’expériences malheureuses. Mais Fintan tombe très malade, et veut que ses amies aient une belle vie : il va alors les pousser à changer de comportement.

 
Même si nous n’évitons pas clichés et évidences, ce roman se lit facilement et agréablement ; les personnages sont attachants, même si agaçants parfois, et la plume légère de l’autrice fait en sorte que nous finissions ce livre en un clin d’oeil.
Un bon petit roman qui remonte le moral.

14.5/20